Serge Galipeau et sa femme Christine Landry devant la commission parlementaire sur les poursuites bâillons.
Composts du Québec contre L'Ange-Gardien: une saga comme à Cantley?
Ça ne sent pas bon à L'Ange-Gardien. C'est en fait ce que soutient la municipalité qui accuse la compagnie Les Composts du Québec d'émettre des odeurs nauséabondes qui importuneraient les résidents.
Le litige ressemble en certains points à celui ayant opposé la municipalité de Cantley au dépôt de matériaux secs de Cantley. «Quand j'ai su ce qui se passait à L'Ange-Gardien, j'étais très inquiet. Ça nous touche ma femme et moi. Les odeurs ressemblent probablement aux nôtres», lance Serge Galipeau, porte-parole du Comité Dépotoir Cantley.
Ce dernier remarque de nombreuses similitudes entre les deux litiges. Tout d'abord, en 1996, un juge de la Cour supérieure avait ordonné à l'entreprise Les Composts du Québec de cesser d'émettre des odeurs nauséabondes. Dans les mois suivant cet ordre de la Cour, la compagnie avait apporté des correctifs et le tribunal avait autorisé la reprise des activités à condition que les odeurs ne reviennent pas. Pour sa part, le dépôt de matériaux secs de Cantley avait vu son permis temporairement révoqué en 1995.
Le résident de Cantley, qui est poursuivi en diffamation pour 1 250 000$ par l'entreprise DMS Cantley, se dit inquiet pour les résidents qui doivent endurer les odeurs émanant de l'entreprise située au 728, chemin Fillion. «Je sais ce que les gens vivent, ça sent sûrement entre autres la charogne. Ce n'est pas intéressant d'être à la maison, les fenêtres fermées par une chaude journée. Souvent, l'odeur rentre quand même», raconte M. Galipeau, faisant référence aux odeurs qu'il a dû sentir à Cantley.
Le porte-parole du Comité Dépotoir Cantley espère que la saga ne prendra pas l'ampleur de celle du dépotoir de Cantley, qui perdure depuis de nombreuses années. «Je pense quand même que ça va prendre quelques années avant que ça se règle», croit-il.
La procédure entreprise par la municipalité de L'Ange-Gardien demande au tribunal une injonction interlocutoire et permanente pour que la compagnie Les Composts du Québec cesse d'émettre ces odeurs. Selon le maire de la municipalité, Armand Renaud, le but n'est pas nécessairement que la compagnie ferme ses portes, mais bien qu'elle cesse d'émettre des odeurs. «On ne demande pas nécessairement la fermeture. Il y a des employés qui sont des gens de la région et on a besoin d'un endroit pour composter, mais on ne veut pas les odeurs», souligne le maire.
Selon ce dernier, la municipalité a fait plusieurs démarches auprès de la compagnie durant les dernières années. «Les odeurs sont revenues depuis quelques années. On a rencontré la compagnie à quelques reprises, mais ils n'ont rien fait encore», souligne Armand Renaud.
Les odeurs qui se dégagent du site du 728, chemin Fillion, affectent surtout les résidents de ce chemin. «Ce sont des odeurs pas endurables, les citoyens sont réellement affectés, c'est dégueulasse», lance celui qui soutient que les résidents se plaignent continuellement. Armand Renaud espère qu'une injonction de la cour viendra à l'automne.
La compagnie Les Composts du Québec n'a pas retourné nos appels.