Chantal Chamberland n'a jamais été plus pimpante qu'aujourd'hui. (Photo: Liesa Kortmann)
Chantal Chamberland jazze comme jamais
En spectacle au Théâtre du Casino ce samedi
La chanteuse jazz Chantal Chamberland était à Gatineau aujourd'hui pour se préparer à son spectacle de demain au Théâtre du Casino et présenter son quatrième album en six ans, The Other Woman, le premier opus qu'elle a enregistré en étant parfaitement bien dans sa peau…
C'est que Chantal souffre d'arthrose rhumatoïde depuis 18 ans et n'a réussi à trouver le bon médicament que depuis deux ans! Maintenant en parfaite maîtrise de son corps, grâce aux découvertes médicales qu'elle doit prendre religieusement, elle nous pond un disque sur lequel le bien-être et la joie sont tatoués.
Chantal possède des racines folk-rock qui ont influencé son jazz tirant sur le contemporain. Elle considère sa voix "graspy" et se permet de descendre très bas pour dépeindre avec passion les sentiments qu'elle interprète. Énergique, elle ne se permet aucun tabouret sur scène et a choisi de laisser tomber la guitare en spectacle pour se concentrer sur ses cordes vocales et sa présence.
«Le jazz, j'ai grandi avec ça. J'ai été élevée par ma grand-mère et ma tante et tous les samedis et dimanches, il y avait du jazz: Piaf, Brel, Trenet…Mais jamais je ne pensais à 16 ans que j'en ferais! Aujourd'hui, c'est différent.» Chantal avoue même que le jazz a dépassé le rock dans son cœur, mais ne peut dire si c'est l'âge ou le hasard qui en a décidé ainsi! «Le dernier album rock que j'ai fait est quand NSync et les Backstreet Boys sont sortis! Je ne voulais pas entrer en "compétition" et je pense que "c'était le temps"…»
L'inspiration ne se commande pas chez Chantal Chamberland, elle se vit; pas de création sous pression! «Le jazz est une façon de m'exprimer au niveau émotionnel, c'est l'amour de la musique, c'est comme faire l'amour à la chanson!» Auteure-compositeure-interprète à ses heures, elle désire que ses pièces soient le plus simple possible au niveau des paroles et que les musiques naissent spontanément.
Ces moments inattendus étaient parfois rares avec l'arthrite et c'est pourquoi elle apprécie davantage son dernier album que les précédents, car il lui ressemble plus. «C'était la première fois que j'enregistrais sans douleur et ça transparaît. Là, je faisais de 10h à 18h sans problème, alors qu'avant, j'arrivais au studio à 13h… Cet album est ensoleillé, alors que les autres étaient bons, oui, mais plus "nuageux"...
Du noir au blanc
Les rhumatismes de Chantal Chamberland auraient pu venir à bout d'elle si elle n'était pas d'une nature aussi positive et joviale. «J'avais mal partout, et vu que j'étais jeune, je pensais qu'une coupe de pilules feraient l'affaire… mais non. Je sentais des bleus partout, j'avais de la difficulté à me lever et à marcher. Et ce n'était pas juste physique, c'était mental. Et moi qui ne suis pas une personne déprimée, toujours de bonne humeur! Mais la maladie prend le dessus, et comme je dis des fois, c'est comme si tu te noyais; tu veux t'en sortir, mais ton corps prend le dessus.»
En 2006, Chantal réussit à terminer le Festival de jazz de Montréal avec l'aide de son médecin, avec qui elle a une belle complicité depuis 20 ans. Cette dernière lui annonce ensuite qu'elle a un traitement à lui faire essayer, qui consiste en deux injections par semaine et trois pilules. Deux semaines après, la jazzeuse revivait!
Depuis, elle n'arrête pas: «Je suis pas jeune (42 ans), alors je me dépêche!», glisse-t-elle à la blague en sachant pertinemment que la chanson est un art qui se vit longtemps!
Chantal sera du spectacle The Jewel in concert, en compagnie notamment de Richard Abel, John McDermott, samedi soir au Théâtre du Casino du Lac-Leamy. Billets: 1 800 361-4595.