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Jessen Paulin est prêt malgré sa "blessure"

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 28 août 2008 à 18:30
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L'athlète nous donne d'autres détails sur sa discipline et nous fait quelques démonstrations de force.
Jessen Paulin est prêt malgré sa "blessure"
Bien qu'il ne connaisse pas sa meilleure saison et qu'il se soit blessé légèrement au mollet en compétition il y a quelque temps, l'homme fort gatinois Jessen Paulin est plus que prêt à défendre son titre face aux plus féroces athlètes de force d'Amérique du Nord, en fin de semaine lors du Festival de montgolfières.
Jessen nous a invités chez lui mardi soir, dans le secteur Masson-Angers, pour son dernier entraînement avant le Championnat. Dès qu'on arrive chez le colosse de 34 ans, une scène surréaliste s'offre à nos yeux: Jessen se tient debout dans sa cour avec son équipement, jonché sur le sol à travers des jouets d'enfants! C'est là qu'on comprend que les athlètes, malgré leurs impressionnants résultats nationaux et mondiaux, ont une vie bien "pépère"…

La semaine avant la compétition: «Avant une grosse compétition, je ne fais rien pendant 3-4 jours pour m'assurer de me faire des réserves d'énergie», indique Jessen, qui pratique sa discipline depuis 10 ans maintenant. Un petit repos bien mérité pour lui avant les trois journées exténuantes qui s'en viennent.

L'alimentation: «Une semaine avant une compétition, je prends des suppléments en protéines, qui aident au remplacement des tissus et au système nerveux, je mange des œufs; je suis rendu un expert en omelettes!, avoue-t-il en riant. Je mange du poisson (saumon, thon), des noix… Je fais aussi des réserves en hydrates de carbone (pâtes et fruits), mais vu que je me repose, je n'ai pas besoin de manger trop d'hydrates, alors je peux manger plus de protéines.» Jessen évite évidemment les fritures et les aliments vides. Vient-il tanné de toujours bouffer les mêmes aliments? «C'est de la bonne nourriture, donc tu dois trouver des façons agréables de les apprêter. Alors, je trouve des nouvelles recettes et je popote!»

Les épreuves: Jessen maîtrise parfaitement quelques épreuves qui seront au programme en fin de semaine, dont le tir du véhicule qu'il pratique en gym, et les pierres d'Atlas, qui nécessitent de la force brute, tout comme la marche du fermier (transport de charges à bout de bras). «Mais tu veux pas prendre ça à la légère non plus, tu dois travailler sur tes points faibles. Moi, j'aimerais améliorer ma force brute et développer des jambes et des épaules. Là, je pèse 300 livres, et si j'augmentais à 320, j'y arriverais. Ça m'aiderait pour le billot et en flexion des jambes», consent Jessen, qui excelle surtout dans les épreuves de répétitions où il peut "poigner le rythme".

Une passion: «Ça m'a toujours impressionné les hommes forts. Il y avait le Russe Alexeiev et mon grand-père me racontait des histoires sur Louis Cyr. J'allais aussi chez un cousin qui avait un "set" d'haltères et quand j'ai vu ça, je me suis dit "faut que je lève ça". Ç'a un aspect spécial, parce que tu fais des choses que la plupart des gens pensent irréalisables! Et à 34 ans, c'est encore une passion même si la récupération est plus difficile. Et on pense aussi à autre chose, il y a les enfants…»

Touchons du bois…: Jessen a la chance de ne pas avoir eu de grosses blessures jusqu'à présent, contrairement à son ami Hugo Girard, un gars qu'il respecte beaucoup pour son courage et sa détermination. «J'ai une bonne santé et je suis assez résistant. Je ne vais pas souvent à l'hôpital; c'est un endroit qu'on veut éviter, lance-t-il en souriant. C'est quelque chose qui arrive dans notre discipline, on en voit des trucs!» Rupture simultanée des tendons de la rotule, déchirement d'un muscle du bras, les exemples sont nombreux.

Une nouvelle approche?: Jessen a l'avantage d'être son propre coach, donc il règle ses problèmes et ses stratégies en se parlant dans le miroir! Sa saison 2008 l'a d'ailleurs fait réfléchir: «Je vais peut-être devoir reconsidérer mon approche face à la discipline. D'habitude, je livre mes meilleures performances en août, septembre, et là cette année, ç'a été en mai et juin… Mais je me sens encore assez fort.»

Un boulot d'équipe!: S'il devine rapidement les erreurs qu'il commet et qu'il est écoeuré de se voir en vidéo, Jessen peut aussi compter sur la présence de sa conjointe, Roxanne. C'est elle qui établira le classement en fin de semaine, et elle s'y connaît, elle qui le suit presque depuis ses débuts. Roxanne est en mesure de conseiller Jessen et de jeter un regard constructif sur ses performances. «Je pense que, comme toutes les femmes d'athlète, ça devient une passion pour nous aussi», glisse-t-elle.

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