Jean-Paul Tremblay embrasse le diaconat
L'ancien policier Jean-Paul Tremblay a vu se concrétiser une forte implication communautaire et une riche vie pieuse le week-end dernier, en devenant le seul diacre permanent à Gatineau.
Marié depuis 31 ans, père de quatre enfants et grand-père une fois, M. Tremblay remplira un rôle de premier plan dans la paroisse Notre-Dame-de-la-Guadeloupe et ses voisines en tant que premier diacre ordonné depuis 1980.
«Nous sommes nommés pour un "ministère" en particulier; le mien est de m'occuper des personnes âgées, des personnes seules, de les visiter et de les écouter. Ce que j'aimerais faire est offrir un dialogue aux gens, savoir qui ils sont, qu'est-ce qu'ils ont fait dans la vie, faire une petite méditation, une lecture de l'Évangile en fonction de leur situation et ensuite, on en discuterait. Ma seconde implication est au point de vue des sacrements: je peux faire des baptêmes, bénir des mariages et célébrer des funérailles, bénir des maisons, des magasins… Je ne peux pas faire de célébration de messe, mais je peux y participer», explique-t-il.
Dans la "hiérarchie" de l'Église, le diacre est situé sous le prêtre et l'évêque ("les trois ordres"). M. Tremblay indique en passant (car il aime apprendre le jargon épiscopal aux gens qu'il croise!) que les évêques sont tous égaux, de manière administrative, qu'ils soient archevêque, cardinal ou pape. Le diacre est donc, poétiquement parlant, une colombe qui fait son nid chez tous ceux qui désirent sa bienfaitrice présence… Le diacre se déplace et prête une oreille attentive aux souffrances ou aux joies de ses frères et sœurs.
Mgr Ébacher a ordonné Jean-Paul Tremblay en la Cathédrale St-Joseph, comme un roi aurait adoubé un chevalier. «C'est un chic type, un être profond, pieux, qui a à cœur l'Église, confie le diacre. Il a toujours été en faveur du diaconat (relancé en 2007 dans le diocèse), alors pour lui, c'était grandiose, il était très heureux. Il est très important pour lui que les trois ordres soient représentés, que des gens s'impliquent.»
Cette implication communautaire, Jean-Paul Tremblay la connaît bien. Ancien policier et enquêteur pour la Sûreté du Québec et le gouvernement fédéral, son boulot avec ses concitoyens a toujours été une priorité. En tant que diacre, il tentera de passer de la parole sainte aux actes en propageant la bonne nouvelle! Le sympathique homme aimerait notamment que des "équipes" soient formées et aillent rencontrer les gens dans leur maison pour échanger avec eux et ainsi montrer qu'on peut inclure les gens pour rajeunir une institution qui se meurt. Comme lui faisait avec ses copains quand ils étaient au secondaire…
«Je pense qu'on aurait avantage à être plus dans la rue qu'on le fait, être sur le "seuil" comme on dit, entre l'Église et la rue pour faire la connexion entre les deux. Pour la rajeunir (l'Église), il faut que tu ailles faire des contacts, pas juste annoncer sur les autobus, créer un bouche à oreille», croit-il.
Jean-Paul Tremblay essaiera aussi de savoir si les gens qui s'ennuient à l'Église savent exactement pourquoi. «Ils ne savent pas nécessairement ce qui se passe! C'est comme aller à un concert de musique et que tu n'aimes pas ça. Car des jeunes, il y en a qui pratiquent et qui aiment ça, c'est vraiment vivant!», précise-t-il.
L'ancien policier pense bien que sa foi l'a aidé à être un meilleur mari et un meilleur agent de la paix. Les parallèles avec sa profession sont d'ailleurs logiques. «Si tu mets quelqu'un à l'amende, ce n'est pas plaisant, mais tu le fais pour protéger la société et éviter à quelqu'un de faire des excès, pour sécuriser les gens et les conseiller. C'est incroyable parfois ce que les gens vont te poser comme question (en tant que policier). Je me rappelle quand j'avais 21 ans, je venais de commencer, et un monsieur de 45 ans m'a demandé des conseils par rapport à sa femme!», confie-t-il en riant.
Parlant de femme, la sienne, Claire Morais, a un grand rôle à jouer dans son existence. Non seulement est-elle l'amour de sa vie et celle qui le freine quand il va trop loin, mais elle devait donner son accord pour qu'il soit ordonné diacre, selon le droit canon! «Et si elle décède, je ne peux pas me remarier, c'est aussi dans le code», ajoute celui qui n'avait pas vraiment l'intention de s'unir de nouveau avant qu'une colombe ne vienne le chercher à son tour…