Anne-Marie White est la nouvelle directrice générale et artistique du Théâtre du Trillium. Elle succède ainsi à Sylvie Dufour, nouvellement installée au Théâtre de l'Île. (Photo: le Trillium)
Anne-Marie White prend la tête du Trillium
Alors que Sylvie Dufour termine son "training" au Théâtre de l'Île, celle qui lui succédera au Théâtre du Trillium en qualité de directrice générale et artistique a été présentée aujourd'hui: il s'agit de la talentueuse Anne-Marie White.
Encensée en avril pour sa création Écume, jouée lors du dernier Festival Zones Théâtrales, Anne-Marie White est reconnue pour sa profondeur et sa sensibilité. Elle chausse de grands souliers, elle le sait, mais est prête à s'élever au niveau de la barre.
Anne-Marie a su il y a un mois que sa vie changeait, mais on a attendu qu'elle revienne du Vermont pour officialiser sa nomination, ce midi. Elle a passé l'été à donner des cours à l'Université de Middlebury, au Vermont, un endroit "magnifique et relaxant".
«Je me sens honorée et en même temps, étrangement chez moi. J'ai un rapport très organique avec l'équipe déjà en place que j'adore», confie-t-elle. Anne-Marie a notamment participé au dernier Labo de mise en scène, en janvier. Depuis, elle accumule les récompenses et profite de la montée de son wagon dans les montagnes russes.
«La vie, elle me veut du bien!, s'exclame-t-elle. Je crois qu'il y a du monde pour qui rien ne marche dans la vie et certaines personnes provoquent ça par leur mauvaise attitude ou peu importe; moi, je suis peut-être née sous une bonne étoile, car je suis nourrie positivement par la vie.»
Mais Anne-Marie n'est pas dupe, même si elle aime bien errer dans les couloirs naïfs de la création, son travail l'a poussée là où elle niche dorénavant. «Je dévore tellement ce que je fais! Je me suis dit "Dieu du ciel, je vais enfin avoir un poste à temps plein dans lequel je vais pouvoir faire ce que j'aime dans la vie!" Que ce soit faire les budgets, établir un plan de communication avec l'équipe, tout me passionne et tout est au service du théâtre, évidemment.»
Parlant de théâtre…
L'heure est au vidage de boîtes pour Anne-Marie White, elle qui aura l'honneur de mettre en scène la 100e production du Trillium, Grincements et autres bruits, du 4 au 15 novembre à La Nouvelle Scène.
«Je veux prendre le temps d'arriver et d'écouter les autres. C'est assez radical comme changement, car j'étais aux rênes d'un autre théâtre (le Théâtre de la Cabane bleue de North Lancaster) et j'avais des démarches personnelles, alors je prends le temps d'arriver en ville comme on dit!»
Anne-Marie White a quand même des visées, qui découlent de ses convictions, mais aussi de la mission du Trillium: «Avec le Théâtre français de Toronto, c'est le seul qui a le mandat de toucher à des textes de répertoire, c'est très précieux. Je voudrais aussi jouer des textes de langues étrangères; ça permet de voyager et de découvrir d'autres réalités à travers des textes de théâtre. Le théâtre représente des réalités, témoigne de notre temps»
Anne-Marie désire aussi s'ouvrir aux frères et sœurs du théâtre. «Sans nécessairement faire du multi-art, se laisser imprégner par les autres formes d'art…»
«Je veux assurer une continuation du mandat de Sylvie et pousser les horizons», conclut-elle.