Un goût d'automne heureux avec Ian Kelly
Deuxième album avec «Speak Your Mind»
Pour Speak Your Mind, deuxième album d'Ian Kelly, l'artiste a osé s'entourer de quelques complices pour amener ses compositions un peu plus loin. Avec comme résultat un album qui plaît autant au public qu'aux critiques. Un succès qu'il savoure pleinement…
«On fait des albums pour plaire aux gens, alors oui, ça me fait plaisir qu'il soit bien accueilli», affirme l'artiste rejoint dans les bureaux d'Audiogram à Montréal. Et il est sûrement le reflet de l'ambiance dans lequel Speak Your Mind a vu le jour.
Un peu comme pour son premier album, Ian Kelly s'est enfermé pendant un an dans son studio-maison. Mais à la différence qu'il a laissé des amis, des collaborateurs, venir mettre leur grain de sel dans l'élan créateur… «Les paroles se sont écrites assez rapidement. Comme je travaille dans mon studio à la maison, je crée toujours de la même façon: je fais une maquette, puis après ça j'explore. On travaillait, on se faisait de bonnes bouffes, il y avait vraiment une bonne 'vibe' pendant la création de l'album et je crois qu'on a sorti le meilleur. Pour moi, c'est ce qui explique le résultat final.»
Même s'il avait les moyens d'une maison de disque établie, Ian Kelly a préféré prendre le temps d'explorer dans son propre studio. «C'est pas le genre de chose que tu fais quand tu loues un studio à 200$ ou 300$ de l'heure en n’étant pas sûr de ce que tu fais.» Ainsi, aux instruments s'y retrouvent également des sons dits plus naturels comme des bacs de recyclage et tout ce qu'il peut contenir, des bouteilles d'eau en plastique en passant par le sac de biscuits!
«J'ai rien inventé, mais c'est une idée de Jean-François Lemieux, qui est mon bassiste et mon ami. Quand je fais mes maquettes j'ai tendance à mettre des sons assez 'kitchs', genre le 'preset 2' de mon clavier, parce que je ne suis pas un king de l'électro… Ces sons se démodent rapidement. On a donc voulu joindre l'utile à l'agréable en créant des sons plus intemporels», explique Ian Kelly.
Qu'il parle d'environnement (La Terre) ou de sujets plus personnels (Triste, Angel), Ian Kelly réussit le pari de rendre le texte abordable. «J'ai en fait voulu passer un message émotif plus que les textes. J'espère toucher les cordes sensibles des gens qui écoutent ma musique et si les paroles les font réfléchir après, c'est tant mieux.»
Genre oblige, Ian Kelly ne peut éviter d'être comparé au Jack Johnson de ce monde… «Sans vouloir dénigrer, après deux chansons, je commence à trouver ça plate. J'ai voulu éviter ça… C'est pour ça qu'avec Guillaume Chartrain, mon coréalisateur, on a mis des éléments pour amener la chanson ailleurs. Je voulais qu'il y ait un élément de surprise et que moi-même je sois encore capable d'écouter mon album et d'aimer ça.»
Si bien qu'il prévoit prendre la route d'abord en solo, question d'apprivoiser à fond ses nouvelles compositions, dans le meilleur des cas, cet hiver. «Puis quand je serai tanné de ça, je me montrai un band à la hauteur et je ferai un autre spectacle…»