Ronald White au lancement de son livre, J'ai promis de rester debout, qu'il résumera dans une conférence, le 7 octobre à la Maison de la culture. (Photo: Réjean Meloche)
Grandir dans l'adversité, l'histoire de Ronald White
Le conférencier Ronald White sera à Gatineau le 7 octobre pour partager sa renversante histoire, celle d'un gamin rejeté par les adultes autour de lui et qui a fait un pacte: celui de ne pas se laisser abattre et de s'épanouir malgré les barbelés qui bardaient son cœur.
Ronald White résumera le contenu de son autobio, J'ai promis de rester debout, qui s'avère une véritable leçon de vie pour tous ceux et celles qui croient se diriger vers un cul-de-sac. «Le message que je cherche à partager en est un d'espoir. Je veux dire aux gens qu'une épreuve peut être une formidable occasion de grandir. Aujourd'hui, à 50 ans, ces choses que j'ai vécues m'ont permis de grandir et de devenir une meilleure personne», confie-t-il.
Né de parents souffrant de maladie mentale, Ronald White et sa sœur Linda ont vécu une enfance archi difficile. Leurs parents utilisaient la violence même s'ils étaient de bonnes personnes; ils avaient eux-mêmes été victimes de violence. Leur mère a commencé à se déconnecter de la réalité en buvant quand Ronald a eu 10 ans, alors que leur père n'en menait pas large. «À 15 ans, ma sœur a commencé à souffrir de problèmes d'angoisse. Ma mère lui a donné du valium et moi, à 16 ans, j'ai commencé à faire des crises d'épilepsie. Je suis guéri depuis l'âge de 25 ans, mais c'est sûr que ça avait été causé par le climat chez nous…»
C'est alors que la "valse des adultes" débute pour lui: médecin, neurologue, neurochirurgien, psychiatre, Ronald White les a tous vus. Car dès qu'il a eu ses crises d'épilepsie, l'attitude de sa mère a changé à son endroit: «Elle me donnait des coups de bâton sur la tête. Ma sœur, partie de la maison, m'a conseillé d'aller dans un centre de services sociaux. Mais j'ai eu l'impression que la travailleuse sociale ne me croyait pas et d'un commun accord avec ma mère, j'ai été placé dans une maison de correction.»
Il en fréquentera deux en l'espace de quelques mois… Le jeune homme de 15 ans traverse alors les pires moments de sa vie, mais en décembre 1975, de retour à maison, il se jure que c'est terminé. «Je me suis dit que les adultes durant cette année avaient essayé de me détruire. J'ai donc décidé de me construire une armure, d'enfouir le petit garçon en moi et de devenir un gagnant. Durant les 30 années suivantes, cette armure a joué un grand rôle.» Il a cependant dû consulter plusieurs psychologues pour rétablir l'équilibre et comprendre, notamment, que sa mère le battait probablement pour le protéger en le chassant de cette ambiance familiale néfaste.
Sorti de l'enfer
Ronald White est maintenant père d'une fille. Il est allé à l'université et a œuvré dans le domaine des communications. Il est désormais consultant et conférencier et respire le bonheur. «Malheureusement, ma sœur n'a pas eu la même chance: elle s'est suicidée en 1990», laisse-t-il tomber.
Les études, les voyages, les consultations et la méditation ont été un carré d'as pour Ronald White. Sorti de l'enfer grâce à cette combinaison positive, il a été en mesure de mater ses démons et de fermer la porte du placard sur les doigts de ses squelettes. Il ne tient pas rancœur à ses parents, en soutenant qu'ils ont fait de leur mieux. Sa mère est décédée et il a coupé les ponts avec son père il y a quatre ans parce qu'il était impossible pour lui de ne pas blesser son fils.
Avec le recul, Ronald White est persuadé que ces obstacles ont été bénéfiques pour lui. «Mon incarcération m'a donné la colère nécessaire pour m'en sortir. J'ai appris à être reconnaissant des petites choses gratuites et simples. Ce sont ces petites choses-là qui font notre bonheur. J'ai compris aussi qu'il faut apprendre à pardonner et ne pas hésiter à aller chercher de l'aide; on ne peut arranger tout cela tout seul et le temps n'arrange pas les choses.»
«Le livre et la conférence donnent un sens à cette souffrance et à tout ce que j'ai fait, poursuit-il. C'est un hommage à la beauté de la vie.»
Venez entendre Ronald White le 7 octobre, à 19h30, à la Maison de la culture de Gatineau. Le prix d'entrée est de 20$ pour les non-membres du Club Québec conférences (CQC).