La saine alimentation, c'est important autant pour les baby-boomers que les jeunes!
Les baby-boomers: de plus en plus sensibilisés à la saine alimentation
Dans une ère où on parle sans arrêt de cholestérol, de diabète, de maladies du cœur et de bien d'autres symptômes directement reliés à la santé et à notre alimentation, la génération des baby-boomers a-t-elle tendance à bien manger? C'est ce qu'a voulu savoir La Revue en parlant à la nutritionniste Kim Arrey.
«Je dirais que, en ce qui concerne ma clientèle, j'ai des gens qui s'alimentent très bien, et d'autres terriblement mal», répond la spécialiste, qui travaille pour le Programme de gestion globale du poids de Montréal et qui compte près de 30 ans d'expérience.
Quand on parle de malbouffe, on pointe souvent du doigt les adolescents, mais reste que ces derniers ont été élevés à une époque où l'on ne parle que de ça. Mais est-ce que les générations plus âgées telles les baby-boomers sont aussi conscientes des bienfaits d'une bonne alimentation? «Je pense que oui, car ils ont plus de temps à accorder à la nourriture, en cuisinant et en prenant le temps de faire l'épicerie. Les plus jeunes, eux, vivent dans la routine dodo-boulot-travail et aller mener les enfants au soccer. En vieillissant, le corps devient plus lent à absorber les minéraux, et il faut limiter notre consommation quantité d'aliments qui ont beaucoup de calories, mais peu de valeurs nutritives», répond-t-elle.
Selon la nutritionniste, un panier d'épicerie parfait devrait contenir, sans trop de surprise, beaucoup de fruits et de légumes. «Mais il faut manger de toutes les couleurs et de toutes les variétés. C'est fini la période où l'on pensait que seulement le brocoli, le chou-fleur ou encore les pommes de terre et les carottes étaient bons pour la santé. Il y a aussi d'excellents légumes tels les aubergines et les artichauts», lance Mme Arrey.
Il est important de consommer des viandes maigres, et en petite quantité. «Il faut manger des portions de 100 ou 120 grammes, à moins d'être quelqu'un qui fait beaucoup d'exercice», dit-elle. Quant aux poissons, même s'ils ne sont appréciés que par une part de la population, elle estime que l'on doit en ajouter dans son assiette au moins deux fois par semaine. Les baby-boomers, comme le reste des gens, doivent limiter leur consommation de produits de charcuterie. Quant aux produits céréaliers comme le pain, on doit en prendre mais prudemment. «Pour beaucoup de gens, c'est tout ou rien. Ils mangent beaucoup de glucides. Il faut s'assurer d'avoir une variété dans les grains entiers. Par exemple, l'orge peut remplacer le riz», affirme-t-elle.
En ce qui concerne les produits laitiers, la nutritionniste mentionne qu'au Québec, les gens ont souvent tendance à manger du fromage en grande quantité, ce qui n'est pas nécessairement bon. «Oui, il y a du calcium dans le fromage, mais il n'y a pas toute la vitamine D dont on a besoin, contrairement au lait», mentionne-t-elle, ajoutant que l'eau demeure toujours un breuvage santé incontournable, même si on veut varier le tout!
Quant au vin, que plusieurs baby-boomers aiment boire lorsqu'ils sont attablés pour un bon souper, Mme Arrey rappelle qu'il a des effets positifs, mais désire apporter quelques bémols. «Il a une influence positive du côté des maladies cardiovasculaires, mais il ne faut pas dépasser les limites. On parle de deux verres par jour pour un homme et d'un verre pour une femme, mais nous, c'est basé sur des verres de quatre onces», avertit-elle.
Mme Arrey soutient que les mentalités reliées à l'alimentation peuvent être difficiles à changer pour génération des baby-boomers, mais encore davantage chez les aînés. «Souvent, les personnes âgées de 70 ans ou plus veulent garder leurs vieilles habitudes. Les baby-boomers, eux, sont assez conscients que la nourriture peut avoir des effets sur la santé, et vont au moins essayer de faire des changements», note-t-elle.
Mais comment réussir à garder un équilibre entre de bons aliments et des petites gâteries peu moins bénéfiques côté santé? «C'est un plaisir de manger. Il faut s'offrir des gâteries et des plaisirs, et il y a lieu de le faire même en mangeant santé. Une gâterie ne signifie pas nécessairement qu'il y a moins de valeur nutritive. C'est simplement une question de modération. Chaque personne connaît ses limites», indique la spécialiste. D'ailleurs, elle cite en exemple certains de ses patients qui prennent l'habitude de partager un dessert à quatre.