Le Gîte Ami pourrait fermer avant les fêtes
Avec un manque à gagner de plus de 200 000$, le Gîte Ami indique qu'il pourrait fermer ses portes à la mi-novembre ou début décembre sans une aide financière adéquate
«Le déficit d'opération, au 31 mars 2009, est appréhendé à la hauteur de 200 000$, a confié le directeur général de l'organisme, Luc Villemaire. Concrètement, cela signifie que si rien n'est fait, nous ne pourrons pas poursuivre nos opérations bien avant les fêtes.»
L'organisme se tourne donc vers le ministère de la Santé et des Services sociaux pour les aider à passer à travers cette situation. «Le financement principal doit provenir des fonds publics», souligne M. Villemaire.
Déjà le Gîte Ami reçoit un montant de 405 000$ des fonds publics, montant confirmé il y a quelques semaines par l'Agence de la santé et des services sociaux. «Ils nous accordent sensiblement le même montant que l’an passé, soit 400 000$. Mais il nous manque 200 000$ qui devrait venir de là.»
Luc Villemaire affirme que les études ont été faites pour être en mesure de diminuer les dépenses de l'organisme. La grosse partie du budget, soit 650 000$, relève uniquement de la masse salariale. «Nous avons examiné attentivement ce que nous faisons et comment nous le faisons et nous sommes persuadés que cette hauteur, en ressources humaines, correspond au minimum nécessaire», indique M. Villemaire, qui lance un défi à quiconque de trouver une marge de manoeuvre dans le budget.
Le problème, affirme le directeur général, c'est que des erreurs ont été faites lors de la planification du nouvel édifice. «Lors de mon entrée en fonction il y a un an, j'ai constaté que les partenaires financiers n'ont pas pris en compte des charges réelles liées à cette nouvelle localisation, ainsi que l'augmentation substantielle des salaires qui allait en découler.»
Pas de demandes
Du côté de l'Agence, le responsable des communications, Martin St-Louis, s'est dit surpris de cette demande qui n'a toujours pas été faite à l'Agence. On trouve ça curieux que cette demande a été présentée aux médias avant l'agence, a-t-il confié. On n'a pas eu de demandes officielles. Il est difficile pour nous de répondre puisqu'on n'a pas reçu de demandes et qu'on ne sait pas en quoi ça consiste.»
«C'est un organisme fondamental pour la région, ajoute M. St-Louis. C'est pour ça que le Gîte Ami est un des organismes ayant connu une augmentation significative de son budget qui est passé de 291 000$ à 405 000$ en quatre ans.»
«Ce qu'ils demandent, c'est une augmentation de 50% de leur budget. Il faudra qu'on s'assoie avec l'organisme pour voir qu'est-ce qui explique une augmentation soudaine de la demande.»
Luc Villemaire
Commentaire mis en ligne le 29 septembre 2008L'Agence excusera sans doute son relationniste pour ses erreurs à l'égard de nos interventions visant à informer les autorités de nos difficultés :
Dès le 8 décembre 2007, une rencontre au sommet avait lieu avec le ministre responsable de l'Outaouais, le CRIO, la Ville de Gatineau, la Société d'habitation du Québec, où nous avions l'occasion de nommer un manque à gagner évalué alors à 150 000 $;
La demande annuelle de financement au PSOC, déposée le 15 février 2008, établissait un budget 2008-2009 de l'ordre de 1 000 000 $, et un rehaussement indispensable de l'Agence, en conséquence;
Le 27 février 2008, une rencontre au bureau du député de Hull avec le PDG de l'Agence, Dr Morissette et un représentant de la SHQ, permettait de confirmer les sources du sous financement;
Le 12 mai, Stéphanie Legault, Stéphane Lance, adjoint à la direction générale, et Mathieu Dupont, responsable du PSOC, tous trois de l'Agence, venaient au Gîte Ami pour prendre connaissance de l'organisation du travail requis et d'un Plan de résolution du manque à gagner;
Le 25 juin 2008, alors que le conseil d'administration de l'Agence entérine les recommandations de l'administration à l'égard du PSOC, les commentaires émis par la direction générale du Gîte Ami reçoivent des compliments; on nous dit alors «Nous comprenons bien les enjeux entourant la cessation d'activités ou même la baisse potentielle pour certains organismes en lien avec un manque de financement».
Le 2 juillet 2008, le ministre responsable de l'Outaouais et la député de Hull étaient conjointement interpellés dans une lettre réitérant l'état de la situation déficitaire de l'organisme. Leurs sollicitudes à notre égard suivaient quelques semaines plus tard.