«Ma langue, c'est la musique» - Nicola Ciccone
Il lance un cinquième album en anglais
Même s'il lance son cinquième album en anglais, Storyteller, après quatre dans la langue de Molière, Nicola Ciccone reste le même raconteur d'histoires que durant les dix dernières années.
Il y a dix ans, les gens demandaient à Nicola Ciccone pourquoi il chantait en français. Issu d'une famille italienne, le français est sa troisième langue, après l'italien et l'anglais. «Dix ans plus tard, on me demande l'inverse. Je le prends comme un compliment. Je crois que j'ai peut-être renversé un stéréotype et ça me rend fier», lance le chanteur.
Né dans une famille où le français n'était pas la première langue, il a par contre appris à peaufiner cette langue pour l'utiliser dans ses chansons. «J'aime tellement le français», ajoute-t-il.
Nicola Ciccone soutient par ailleurs que la composition de ses chansons en anglais ou en français dépend de ses personnages. «Ce sont eux qui décident. Chanson pour Marie, c'est Marie qui a décidé, tandis que Ordinary Man, ça s'imposait que ce soit en anglais», explique-t-il.
S'il a décidé de lancer un album en anglais après avoir eu un succès monstre avec ses quatre premiers albums en français, c'est qu'il accumulait de nombreuses chansons depuis plusieurs années. «Moi ma langue, c'est la musique», lance Nicola Ciccone. Il n'exclut d'ailleurs pas de lancer un album en italien un jour, comme il lancera d'autres albums en français et en anglais.
Par ailleurs, il n'a pas lancé un album dans le but de tenter sa chance au Canada anglais ou aux États-Unis. «Moi je fais de la musique pour toucher le plus de gens possible, je ne suis pas un conquérant comme Napoléon, je suis plus un messager, c'est comme ça que je vois l'aventure», explique-t-il.
Le raconteur d'histoires
Sur Storyteller, Nicola Ciccone ne change pas son style et reste un raconteur. «Je parle de choses qui me touchent. Les chansons arrivent comme des intrus chez moi et s'installent. J'ai une conversation avec eux», raconte le chanteur.
Pour ce dernier, les histoires les plus extraordinaires proviennent souvent des gens ordinaires. «Que ce soit l'histoire d'une mère monoparentale ou d'un gars de la construction qui se démène pour gagner sa vie, c'est ça des histoires fascinantes», croit-il.
Bien entendu, le chanteur d'origine italienne se dit un grand amateur de romantisme. C'est pourquoi il a composé Bambolina qui se retrouve sur son dernier album, une chanson qu'il considère comme sa plus romantique à vie. «Elle est très douce. Elle est inspirée d'une femme adulte qui m'a demandé de lui chanter une berceuse. Même si on est plus des enfants, on a encore besoin de réconfort et de se faire rassurer», explique Nicola Ciccone.
Comme le titre de son album, Nicola Ciccone se considère un peu comme un raconteur, comme l'était son père. «Quand j'étais petit, mon père, c'était lui la télé. Il nous racontait plein d'histoires et ça nous captivait. J'ai toujours voulu l'imiter», ajoute celui qui soutient que plusieurs personnes le surnomment le raconteur d'histoires. «Je trouve que c'est un beau surnom et comme titre d'album ce n'est pas compliqué et c'est un fil conducteur.» Il considère aussi chacune de ses chansons comme étant une petite histoire, une petite pièce de théâtre.
La chanson Little girl est d'ailleurs inspirée d'événement réel, tout en restant fictive. «C'est une mélodie que j'avais depuis longtemps, mais j'ai changé le texte à trois reprises. Je parle de la cicatrice de Dawson, Polytechnique, Concordia et tous les événements du genre, aux États-Unis par exemple. C'est l'histoire d'une petite fille qui vit des moments tristes. C'est un sujet d'actualité, mais on en parle pas beaucoup. Je veux lancer un message d'espoir», précise-t-il.
Nicola Ciccone s'est aussi fait un petit cadeau en ajoutant sur l'album la chanson Me and Bobby McGee qu'il chante depuis son adolescence qu'il faisait à chacune de ses tournées. «Dans mon show, je voulais aussi montrer ce côté-là de ma personnalité. Et c'est une chanson qui marche fort dans mes spectacles. Le public me la demandait», raconte-t-il.
Quant à la chanson Novembre, qui provient de son dernier album Nous serons six milliards, il a décidé de la reprendre en italien pour son album anglophone. «Les gens aiment mes chansons en italien. Je savais aussi que dans ma prochaine tournée je ne pourrais pas la faire, mais je ne voulais pas la mettre de côté. Mais en la traduisant en italien, je lui donne une autre vie, une autre dimension. C'est un cadeau à mon public et à moi aussi», précise-t-il.
Nicola Ciccone sera de passage à Gatineau, le 14 avril prochain, à la Salle Odyssée.