Pour Pierre Ducasse, le privé n'a pas sa place en santé
Le candidat néo-démocrate dans Hull-Aylmer, Pierre Ducasse, a profité du temps ensoleillé, lundi après-midi, pour se flanquer devant une clinique privée de résonance magnétique et parler d'un sujet fort chaud: la privatisation du système de santé. Un phénomène qu'il dénonce âprement même s'il s'agit d'un domaine de compétence provinciale.
Celui-ci dit croire fermement que les cliniques privées représentent une forme évidente de détournement de fonds publics, précisant que le tout s'effectue sournoisement. «On sait bien que les conservateurs, idéologiquement, sont favorables à plus de privatisation. Les libéraux, eux, tout en disant défendre notre système public, ont été laxistes: c'est sous leur règne que les cliniques privées ont proliféré», soutient l'homme de 36 ans.
Il a aussi décoché une flèche vers le Bloc québécois, qui, à son avis, doit arrêter de se cacher sous la question des compétences fédérales ou provinciales. «La FTQ et la CSN sont membres de la Coalition solidarité santé du Québec, et ceux-ci sont favorables au respect de la Loi canadienne sur la santé. L'enjeu ici n'est pas entre le fédéral et le provincial, mais entre le public et le privé. Au NPD, nous sommes contre la privatisation, contre les PPP, à tous les niveaux», mentionne-t-il.
«On n'ira pas dire aux provinces de quelle couleur peinturer leurs murs. C'est un enjeu provincial, oui, je respecte ça, mais je suis avant tout un social-démocrate, et l'argent public devrait aller pour les soins publics», indique-t-il.
Concédant que la santé, un sujet sur toutes les lèvres en Outaouais depuis quelques années, n'a pas énormément fait partie du débat d'idées des candidats jusqu'à présent, M. Ducasse croit qu'il faut que ça change. «Je ne suis pas partisan du statu quo, mais on doit investir dans les acquis et non ouvrir la porte au privé», lance-t-il.
Le candidat du NPD, fier que son parti soit à l'origine de la création du système d'assurance-maladie au Canada, dénonce les coûts des examens médicaux dans les cliniques privées, qui, dans certains endroits, atteignent près de 700$.
«C'est dommage que le Québec soit en avance dans la privatisation de la santé, car je ne pense pas que c'est conforme aux valeurs des Québécois», dit M. Ducasse, qui avoue avoir quelques pistes de solution liées au système de santé. La première est la formation, dans une vision à long terme, du personnel médical et la seconde, davantage de soins à domicile offerts aux personnes âgées. «Il faut plus de médecins et d'infirmières, et moins de béton», précise-t-il.
Il faudrait aussi songer sérieusement à abaisser le coût des médicaments, selon lui, et suivre l'exemple du gouvernement néo-zélandais. Ce dernier, qui avait un système semblable à celui de notre pays, a réussi à réduire de 40% sur une période de trois ans ses coûts reliés aux médicaments grâce à des achats en gros. Au Canada, ceci équivaudrait à une économie de quatre milliards $.