Les quelque 1350 élèves de l'école secondaire du Versant pourraient devoir imiter ceux de Carrefour et Érablière, dès septembre 2009, en ayant une gamme de vêtements. (Photo: Daniel LeBlanc)
Une gamme de vêtements dès 2009 à l'école secondaire du Versant?
Après les polyvalentes de l'Érablière en 2006 et Le Carrefour en 2007, c'est maintenant au tour de l'école secondaire du Versant d'entrer dans la vague des gammes de vêtements pour ses étudiants.
En fait, rien n'est encore joué, mais une décision pourrait être prise au cours des prochains mois. Tout a commencé à la fin de l'année scolaire 2007-2008, lorsque les parents siégeant au conseil d'établissement de l'institution qui compte 1346 élèves ont donné un mandat clair à la direction.
Ils lui ont demandé d'effectuer un sondage auprès des membres du personnel, des parents et des élèves quant à leur opinion sur une éventuelle mise en place d'une gamme de vêtements pour les élèves. Il y aura donc trois étapes distinctes à ce sondage, qui devrait aussi permettre de déterminer les préférences des gens, c'est-à-dire une veste accompagnée d'un polo, comme on le voit à Carrefour, ou une gamme complète de vêtements, tel qu'implanté à l'Érablière. «On part avec une expérience positive dans les deux autres écoles, alors ça aide pour notre projet», commente la directrice par intérim de l'établissement, Manon Dufour.
«Ça va prendre une majorité, c'est certain, et il est important que tout le monde soit consulté. Chose certaine, on va respecter ce qui va ressortir du sondage», affirme Mme Dufour. Celle-ci ajoute que selon ce qu'elle peut constater jusqu'à présent, les gens semblent assez favorables à l'imposition d'un tel type de règle. Si la réponse s'avère effectivement positive, le nouveau code vestimentaire devrait entrer en vigueur dès la rentrée scolaire de septembre 2009.
«Depuis un bout de temps, on voit une différence, et on voit surtout ce qui se passe ailleurs», de dire Mme Dufour, qui avoue que les décolletés et les pantalons trop bas sont une réalité quotidienne dans une école. «Ce n'est pas non plus tout le monde qui est bien nanti et peut avoir des vêtements de marques griffées», soutient-elle, précisant qu'une telle mesure contribuera aussi à améliorer le sentiment d'appartenance des élèves envers l'école. «Surtout qu'on est une école encore très jeune», dit-elle, rappelant que l'institution a ouvert ses portes en 2003.
«C'est un ensemble de facteurs et non un seul qui nous motive dans tout ça», indique la directrice par intérim, qui occupe pour le moment les fonctions de François Bérubé. Dans la lettre rédigée par la direction, on peut entre autres y lire que la mise en place d'une telle mesure aura pour effet de diminuer les inégalités sociales, le taxage, la discrimination, les troubles de comportement, l'harcèlement sexuel, l'exclusion de certains élèves, le manque de pudeur et la surconsommation. On y dit aussi que les intrus auront ainsi accès à l'école beaucoup moins facilement qu'auparavant.
Notons que les gens seront aussi consultés quant à un costume obligatoire pour les cours d'éducation physique.
Mireille Helme
Commentaire mis en ligne le 15 octobre 2008Quelle excellente d'idée d'adopter le port d'un uniforme! Cela devrait se faire à l'échelle du Québec, car c'est un fait que les jeunes étudiants s'habillent un peu n'importe comment, ont parfois des tenues carrément indécentes ou provocatrices, et le milieu scolaire n'est pas le lieu pour une parade de mode plus ou moins choquante. Par ailleurs, un uniforme gomme effectivement les inégalités, réduit les risques d'exaction et met tout le monde sur le même pied, soit celui d'un étudiant qui est là pour étudier et non pour une quelconque autre raison.