Pierre-Hugues Boisvenu veut que la mort de sa fille n'ait pas été inutile. (Photo: Marie Pier Lécuyer)
Survivre à l'innomable… pour ensuite revivre!
C'est un véritable message d'espoir que le président-fondateur de l'Association des familles des personnes assassinées et disparues (AFPAD), Pierre-Hugues Boisvenu est venu livrer à la cinquantaine de personnes qui s'étaient déplacée pour sa conférence à la Salle Desjardins, dans le secteur Buckingham.
Rappelons que Pierre-Hugues Boisvenu a perdu sa fille, Julie Boisvenu, en 2002, alors qu'elle a été assassinée par un récidiviste. Trois ans plus tard, son autre fille, Isabelle, était victime de la route. «C'est un choc et une délivrance quand la police vient te voir pour te dire qu'ils ont trouvé un corps. Il n'y a rien de pire que de ne pas avoir de réponse», lance-t-il.
Quelques temps avant la mort de Julie, M. Boisvenu commençait à penser à un projet de retraite, soit d'aller en Afrique quelques années. «Mon Afrique maintenant, c'est le Québec. Je donne un sens à la mort de ma fille», ajoute-t-il.
Pour que la mort de Julie ait servi à quelque chose, il a décidé de faire avancer la cause des familles des victimes. «Quand ma fille est morte, on a eu 600$ pour ses funérailles. Ça n'a pas de bon sens», raconte-t-il.
À l'automne 2004, l'AFPAD naît entre autres dans le but de mieux représenter les familles, de leur offrir du soutien et de promouvoir l'adoption d'une charte pour le droit des victimes. «En 30 mois, nos actions ont eu plus d'impact que ce que les politiciens ont fait en trente ans», croit par ailleurs celui qui fait le tour du Québec pour la cause.
Mais au-delà des réalisations de l'AFPAD, Pierre-Hugues Boisvenu est venu lancer un message d'espoir aux gens. «Il ne faut jamais rester une victime, parce que c'est un état de dépendance au passé. Rester victime, c'est rester soumis au pouvoir du criminel», a-t-il précisé aux gens présents.
Ses épreuves de la vie lui ont permis de découvrir trois vérités. Tout d'abord, pour le père de famille, nous avons tous ce qu'il faut en nous pour être heureux. «Nous sommes aussi tous liés les uns aux autres», ajoute-t-il en précisant que d'une certaine façon il est lié à Julie, mais aussi au criminel, qui ont changé sa vie. Finalement, il croit que nous sommes les seuls responsables de ce que nous sommes.
Et pour Pierre-Hugues Boisvenu, la guérison d'un deuil n'existe pas. Pour lui c'est plutôt une adaptation. «J'ai perdu une partie de moi, je ne guérirai jamais de la mort de mes filles, mais je les fais revivre par mes témoignages. J'ai remplacé leur présence physique par une présence spirituelle», conclut-il.