Le bédéiste et coordonnateur du 9e Rendez-vous de la BD de Gatineau, Paul Roux.
Périple à travers l’univers du bédéiste Paul Roux: le neuvième art!
Dans le cadre du 9e Rendez-vous international de la BD de Gatineau
Le monde de la bande dessinée en est un des plus imagés où, dans de petites cases, les personnages et les phylactères se partagent l'espace. À l’occasion du 9e rendez-vous international de la bande dessinée de Gatineau, La Revue vous propose une entrevue avec le bédéiste gatinois Paul Roux.
Comment réussissez-vous à vous renouveler après plus de 25 ans de métier?
La créativité, c’est comme les muscles. Plus on les travaille, plus ils sont performants. C’est bizarre parce qu’à un moment donné on a toujours peur d’être à court d’idées et finalement il y a toujours des choses autour qui viennent nous alimenter. Les idées viennent toujours parce qu’on ne peut pas arrêter notre cerveau de fonctionner, donc l’inspiration ne manque pas.
De quoi vous inspirez-vous pour créer vos histoires?
Au départ, tout ce qui m’intéresse, c’est de parler de vraies choses de la vie. Je ne veux surtout pas faire comme j’ai souvent vu dans les dessins animés à la télé où il y a le bon et le méchant qui ne font rien d’autre que se battre. Plus ça va et plus je m’inspire des choses de ma vie. C’est le vécu qui se mêle à la fiction et qui se fusionnent.
Quelles sont vos plus récentes publications ?
J’ai de la chance cet automne parce que j’ai sept titres qui paraissent et j’en ai un qui est paru au printemps: Trafic à New York, mon premier roman jeunesse que j’ai moi-même illustré.
Chez les éditions Les 400 coups, il y a Les Tours de Babel sur lequel j’ai passé beaucoup de temps, et qui va être lancé au Rendez-vous de la BD. J’ai aussi un album aux éditions Bayard Canada qui s’appelle Le poison d’avril; c’est le 10e titre d’une série qui s’appelle Ernest et Émilie. Toujours chez Bayard, j’ai Une histoire de pêche longue comme ça, un roman jeunesse que j’ai illustré en collaboration avec l’auteur très reconnu en littérature jeunesse Robert Soulières. Et j’ai trois romans jeunesse que j’ai illustré pour la collection Girouette chez Vent d’Ouest.
Quelles sont les qualités premières d’un bon bédéiste?
Il faut avoir beaucoup de rigueur et de discipline parce que ça prend 9 à 10 mois pour créer un livre. Un créateur doit sans arrêt se renouveler pour ne pas répéter les mêmes dessins jusqu’à l’infini. Il faut aussi pouvoir garder un cœur d’enfant et avoir un côté d’autodérision; c’est très important d’être capable de rire de soi-même. On doit aussi avoir un côté humble et toujours vouloir se dépasser. C’est rare qu’un bédéiste se prenne pour une vedette, même s’il est très connu. Souvent, les gens ne sont qu’heureux de faire ce qu’ils font. Quand on les rencontre, on s’aperçoit qu’ils ont cette fraîcheur et ce côté plus naïf, plus enfant, qui fait qu’on s’émerveille encore de pouvoir publier un nouveau livre même quand on en a fait 40. Je trouve ça très sain comme attitude.
Comme se porte la santé de la bande dessinée au Québec?
Elle se porte très bien depuis une dizaine d’années. Il y a eu crise dans les années 80 parce qu’il y avait tout de sortes de nouveaux médias qui arrivaient sur le marché et les gens mettaient de l’argent dans autre chose. Certaines séries et certains auteurs s’étaient un peu essoufflés, donc il y a eu un creux. Mais ç'a commencé à remonter tranquillement au début des années 90 et depuis 10 à 12 ans il se publie énormément de titres. Les albums sont de plus en plus diffusés à plein d’endroits comme en Europe. Aussi, de plus en plus d’auteurs d’ici arrivent à gagner leur vie ou une partie grâce à la BD.
Le bédéiste Paul Roux et son équipe convient les fans du monde merveilleux de la BD à prendre part au 9e Rendez-vous international de la bande dessinée de Gatineau, qui se tiendra du 23 au 26 octobre au Musée canadien des civilisations, et ce, tout à fait gratuitement.