Des paiements différents par programme à l'Université ?
Les universités du Québec auraient plus d'argent si les étudiants payaient des frais selon leur programme d'étude.
C'est la proposition de l'Institut Économique de Montréal. L'organisme croit que les universités contribueraient d'une augmentation globale de 110 millions $ par année en privilégiant l'augmentation asymétrique (différentes selon les programmes). Pour l'Université du Québec en Outaouais (UQO), c'est un montant additionnel de 914 807$ qui pourraient ainsi être perçus.
Selon l'IEM, avec cette façon de fonctionner, les frais de scolarité seraient fixés en proportion des coûts de la formation. L'organisme établit à 38,1% le pourcentage de la facture qui serait chargé aux étudiants dans chaque domaine, soit le pourcentage payé l'année dernière par les étudiants en science humaine et sociale et en administration. Ainsi, les frais augmenteraient pour les étudiants en médecine, par exemple, mais diminueraient pour les étudiants en lettres.
L'Institut souligne que cette façon de fonctionner permettrait à chaque étudiant de payer le même pourcentage pour suivre ses études, ce qui serait une première au Québec. Présentement, c'est le gouvernement qui prend en charge la différence entre les coûts des différents programmes.
L'organisme ne croit pas que ces changements diminueront l'accessibilité aux études des citoyens si on associe les hausses avec le remboursement proportionnel au revenu des prêts. Ce projet permet aux étudiants de rembourser leur dette d’études une fois qu’ils ont intégré le marché du travail. La période de remboursement pourrait varier en fonction de différents facteurs: montant de la dette, revenu de l’ex-étudiant ou taux d’intérêt.
L'Association générale des étudiants de l'UQO n'embarque pas dans cette proposition qui ferait reculer le droit à l'éducation. «Ce que l’auteur de l’étude oublie, c’est qu’une dérèglementation des frais de scolarité exigés par programme est une atteinte directe au principe d’accessibilité aux études. Il s’agit de l’imposition d’une discrimination financière pour les étudiants qui font le choix d’aller dans un programme plutôt que l’autre. On va donc créer le cercle vicieux qui existe en Ontario qui amènera à une catégorisation des jeunes. Les enfants de familles riches iront étudier dans des programmes coûteux et les enfants des familles de classes moyennes et démunies seront condamnés à étudier dans les programmes à bon marché», a déclaré Patrick Robert-Meunier, président de l’AGE-UQO.