Emploi en Outaouais: une entente sans précédent de 36 millions $
Le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, était à Gatineau lundi pour annoncer le déploiement du Pacte pour l’emploi en Outaouais. Se voulant une importante mobilisation entre l’État, les entreprises, les syndicats et le milieu communautaire, ce programme permettra l’investissement de 35,9 M$ sur trois ans dans le but de favoriser l’emploi et combler les besoins futurs en main d’œuvre dans la région.
De cette somme, le deux-tiers (23,9 M$) provient du gouvernement du Québec, alors que le reste a été injecté par le secteur privé (12 millions M$). Le Pacte de l’emploi vise d’abord et avant tout à aider les entreprises à combler leurs besoins plus que grandissants en terme de main d’œuvre, en plus de donner un coup de main aux gens désirant réintégrer le marché du travail en tentant d’en élargir passablement l’accès.
C’est que d’ici 2011, 31 000 postes devront être comblés en Outaouais, alors que le nombre de personnes disponibles au travail est estimé à moins de la moitié (15 000). «Il faut rendre le travail plus payant et plus attrayant», de dire Sam Hamad.
«La réussite du Pacte pour l’emploi dépendra de toutes les forces de la région. Celui-ci reflète la sensibilité et les spécificités de la région. On veut aider toute personne voulant revenir sur le marché du travail ainsi que les entreprises voulant améliorer leur productivité», de dire le ministre.
Dans la région, d’ici les trois prochaines années grâce au Pacte pour l’emploi, les signataires de l’entente ont entre autres l’intention de ramener au travail plus de 3800 prestataires des programmes d’assistance sociale et soutenir 250 entreprises additionnelles. Ils veulent également rejoindre environ 6600 travailleurs pour rehausser les qualifications de ces derniers ou reconnaître certaines de leurs compétences, en plus d’augmenter de 2400 le nombre de gens desservis par les services publics d’emploi dans leur démarche d’insertion en emploi ou de formation.
Un comité régional du Pacte pour l’emploi a été créé spécifiquement pour l’Outaouais. Celui-ci a identifié près d’une dizaine de problématiques propres à la région et compte bien toutes les passer sous la loupe afin de trouver des solutions. Parmi celles-ci, afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail, on compte hausser le nombre de personnes formées (niveau professionnel ou technique) par l’ajout de 25 formations de niveau collégial et secondaire dès cette année. Au total, il y aura ainsi 400 nouveaux diplômés. En ce qui a trait à la santé, l’un des sujets les plus chauds de la région, on désire former d’ici 2011 75 infirmières, 65 paramédics, 40 préposés aux bénéficiaires et 24 infirmières auxiliaires, en plus des cohortes régulières.
D’autre part, M. Hamad n’a pas nié que l’Outaouais, de par sa situation géographique, fait face à un défi qui la distingue des autres régions de la province. «Évidemment, la frontière avec l’Ontario a toujours été un enjeu ici», a-t-il dit, précisant que 350 travailleurs québécois de la construction oeuvrant de l’autre côté de la rivière ont été rencontrés jusqu’à présent. Le but? Les rapatrier de ce côté-ci de la rive.
Une jeune mère monoparentale, Marie-Pier Dégaré, était sur place lors de la conférence de presse pour témoigner de sa propre histoire. Celle-ci a raconté qu’après avoir pensé momentanément qu’elle ne se dénicherait plus d’emploi alors qu’elle vivait une situation difficile, elle a finalement eu de l’aide avec un programme gouvernemental et a pu se trouver du travail. «J’ai trouvé un emploi que j’adore et je suis ici pour transmettre un message d’espoir à ceux qui croient qu’ils ne peuvent se trouver un emploi. Il ne faut pas hésiter à foncer et aller cogner aux portes des différents intervenants», a-t-elle lancé.
De l’aide pour les travailleurs de Smurfit-Stone
Par ailleurs, le ministre Hamad a rencontré plus tard dans la journée les quelque 220 travailleurs de la papetière Smurfit-Stone, à Portage-du-Fort, dans le Pontiac, eux qui ont appris il y a quelques jours que l’usine fermerait définitivement ses portes le 31 octobre. Le politicien estime que tout ce qui est dans la mesure du possible sera fait, du côté de l’État, pour donner un coup de pouce à ces derniers dans leurs démarches de recherche d’un nouvel emploi.
«On ne laissera pas tomber un seul travailleur au Québec. Il y a des perspectives intéressantes pour eux, mais évidemment, quand on est âgé de 50 ans et qu’on a toujours eu le même emploi, ce n’est pas facile», de dire M. Hamad par rapport au «recyclage des emplois». Il s’agit en fait d’étudier les compétences professionnelles de tout travailleur pour ensuite le rediriger vers d’autres secteurs d’activité, avec formation si nécessaire. Cette mesure est une réalité quotidienne et est envisageable dans divers cas tel celui de la Smurfit-Stone. Par exemple, selon les prévisions, 430 opérateurs de machinerie devraient être embauchés d’ici cinq ans dans la région.