Jeff Ahonoukoun a vingt ans et travaille au Parlement!
Seulement quinze jeunes Canadiennes et Canadiens sont choisis pour exercer la fonction de page au Parlement et la Ville de Gatineau est le nid d'un d'entre eux: le sympathique Jeff K Ahonoukoun, un grand et articulé gaillard de vingt ans au sourire éclatant.
«Page est un travail qu'on donnait avant aux enfants de 12-14 ans de famille orpheline. Au Canada, ça existe depuis la création du Haut et du Bas Canada et depuis, ç'a évolué. Ils ne servent pas juste de messager qui envoie des lettres ou qui remplit des verres d'eau, ils servent le Parlement. Maintenant, on aime la formule. Et ils ne prennent que des gens de l'université», explique Jeff.
Le page peut vaquer à différentes occupations, qu'elles soient administratives, financières ou protocolaires. «On doit être polyvalent, prêt à réagir selon la situation. Comme lors des funérailles du sénateur Beaudoin, trois pages ont accompagné en tant qu'officiers de protocole. On administre le sénat quand il ne siège pas… C'est une belle école de vie et ça permet de savoir comment fonctionne la constitution canadienne!», ajoute le jeune homme.
La quinzaine a été choisie après un exhaustif processus: examens sur des connaissances présentes et historiques, entrevues… Les pages doivent aussi être bilingues. Seuls le Manitoba, la Saskatchewan, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest ne sont pas représentés par un page au Parlement.
«C'est vraiment génial, on ne se tient pas en cliques, disons, on a une bonne cohésion. Tu as les anciens, qui sont huit, et les nouveaux, qui sont sept. Dès la première journée, ils assignent un nouveau avec un ancien et dès le départ, il n'y a pas d'exclusion parce que tu es nouveau!», souligne Jeff, qui en est à quatrième année en Études internationales et langues modernes à l'Université d'Ottawa.
De grands projets
Jeff n'a que vingt ans, mais il sait depuis l'âge de 14 ans où il veut se diriger. «J'aimerais être diplomate, lance-t-il sans détour. Son père et des amis de celui-ci ont gravité autour des ambassades quand il était jeune, alors le goût des nouvelles internationales et des voyages est né tôt. «Tout ce qui est relations avec le Canada et le monde, les tensions, analyser la dynamique du Québec et du Canada…», énumère Jeff.
Bien qu'il adore son patelin, il ressent une grande attirance pour l'Amérique du Sud (Venezuela, Brésil, Argentine) et a des opinions bien assises sur la situation instable de l'Afrique. Cependant, il ne peut se prononcer quant à son allégeance politique canadienne, car un page doit demeurer discret.
Jeff apprécie toutes les facettes de son travail, mais il a un faible pour le protocole et le côté "initiatives". Après tout, un futur diplomate ou membre de l'Organisation des états américains, doit posséder plusieurs qualités! «On prend cette expérience-là et on la façonne pour atteindre des objectifs. Et on n'est pas obligé de vouloir devenir politicien, il y a un des pages qui veut devenir médecin!»