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Les omnipraticiens commandent l'adoption d'une politique nationale sur la médecine familiale

Michel Moyneur par Michel Moyneur
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Article mis en ligne le 24 octobre 2008 à 16:53
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Les omnipraticiens commandent l'adoption d'une politique nationale sur la médecine familiale
Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Dr Louis Godin, accompagné à sa gauche du président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Outaouais, le Dr Marcel Guilbault. (Photo: Michel Moyneur)
Les omnipraticiens commandent l'adoption d'une politique nationale sur la médecine familiale
«Les omnipraticiens interpellent le gouvernement et lancent un cri de ralliement aux nombreux acteurs des facultés de médecine et du réseau de la santé autour d'un projet commun : que chaque Québécois ait accès à un médecin de famille».
Ce souhait exprimé par le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin est venu l'expliquer aux omnipraticiens de la région lors de leur assemblée générale annuelle, vendredi.

Le constat alarmiste de la situation de la médecine familiale dont fait présentement objet la province motive la FMOQ à demander une politique nationale. Selon la Fédération, l'essoufflement des médecins en place jumelé au désintéressement des étudiants envers la médecine familiale nécessite la création d'une politique qui veillerait à l'amélioration de l'accès à un médecin de famille.

«On estime qu'on aurait besoin d'au moins 760 nouveaux médecins de famille, alors qu'avec les effectifs qui nous arriveront l'an prochain on aura un ajout net d'environ 65 médecins. On demande au gouvernement du Québec de faire de la médecine familiale sa priorité», indique le Dr Godin.

En Outaouais, 16 nouveaux médecins feront leur arrivée en 2009, mais une dizaine d'autres quitteront pour la retraite, ce qui veut donc dire que la région bénéficiera de seulement six médecins supplémentaires.

C'est pourquoi la FMOQ a préparé un énoncé de principes qui selon elle doit servir de base à la mise en œuvre d'un plan d'action d'envergure nationale. Dans sa proposition, la Fédération émet une quinzaine de recommandations visant l'essor et la valorisation de la médecine familiale. Ces dernières sont groupées sous trois principaux axes: la formation, l'organisation des soins et la rémunération.

«On veut principalement que les médecins soient plus exposés aux médecins de famille en cours de formation. Cette exposition au modèle de pratique a un effet indéniable sur le choix de carrière des étudiants», soutient le Dr Godin.

«En ce qui concerne l'organisation des soins, on veut insister à faire évoluer les groupes de médecines familiales. On s'aperçoit qu'il y a un certain plafonnement dans le développement des nouveaux groupes en raison surtout de la rigidité du modèle. On veut que les règles soient assouplies», poursuit-il.

«Pour ce qui est de la rémunération, on pense que c'est un enjeu majeur dans le choix de carrière des étudiants et dans l'intérêt des médecins à maintenir leur pratique. La rémunération doit être concurrentielle. Il y aura aussi des ententes qui vont être signées ailleurs au Canada et il faut s'assurer que les ententes signées au Québec vont suivre les augmentions qui seront faites là», conclut le président de la FMOQ.
Les coopératives santés
Le phénomène des coopératives santés prend de l'expansion au Québec et Gatineau en fait partie. Une clinique médicale du boulevard Gréber, dans le secteur Gatineau, sera transformée en coopérative au début janvier.
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec estime que le gouvernement doit faire davantage pour aider financièrement les cabinets privés s'il souhaite éviter la prolifération des coopératives.

«Le phénomène des coopératives, ça illustre bien la difficulté d'installation des médecins dans différentes régions et la problématique de financement des cabinets privés», explique le Dr Godin.

«Ça devient la responsabilité de l'État à savoir que si les conditions de pratique des médecins ne sont pas adéquates pour leur permettre d'opérer leurs cabinets il va se produire deux choses: ils vont arrêter de les opérer ou ils vont devoir trouver une autre façon de les opérer», soutient-il.

«Si on a besoin de le faire pour les coopératives, on aura probablement besoin de le faire un moment donné pour les cabinets privés», explique le Dr Louis Godin concernant la contribution financière reliée à l'adhésion que demandent les coops. Mais on pense toujours qu'on doit avoir un système universel, gratuit et accessible à tout le monde.»

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