Ah, les toilettes publiques... bien des choses s'y déroulent!
Les toilettes publiques sont fascinantes
Oui, elles le sont, et pas à peu près.
J'ai déjà partagé ici mon écoeurantite aiguë pour les hommes qui ne se lavent pas les mains après s'est vidé un réservoir. Selon une étude scientifique pancanadienne, 90% des femmes se lavent les mains, alors que ce pourcentage frôle le 50% pour les hommes. Paraît que c'est fif se laver les mains, selon des messieurs qui l'ont jamais fait. Cependant, il est prouvé que se décrotter au savon peut éviter la propagation de maladies. En Afrique, ça sauve des vies. Pas pour rien qu'on a instauré une journée mondiale de lavage des mains, en octobre justement, saison des maladies et des virus qui prennent leur bain dans notre égout corporel à ciel ouvert.
Ensuite, les WC publiques sont le théâtre urbain des mauvais comédiens de notre merveilleuse société. Ceux-là même qui ne flushent pour que les autres voient leur merde flotter, qui bourrent la toilette de papier, qui se soulagent en "callant" l'original, qui ressentent le besoin de laisser une partie d'eux –ex: un poil frisé- sur la planche… Bref, vous avez reconnu les clichés. Je vous dis, la toilette publique est comme les déchets: un laboratoire qui nous en dit long sur la personnalité des gens. Autrement dit, les citoyens qui jettent du papier dans leurs vidanges en 2008 font peut-être des siennes dans une toilette publique près de chez vous.
Et dites-vous qu'un délinquant déféquant est difficile à reconnaître: il ne porte pas nécessairement un t-shirt de Hitler en plein hiver avec des jeans noirs et des Stan Smith, il peut aussi porter un complet-cravate immaculé. Dépend de son éducation, de son savoir-vivre, de sa classe.
Il est où le pot-pourri (je ne parle pas du trou de toilette) quand on a besoin de lui? Y a-t-il quelque chose de pire que l'odeur d'une toilette publique? Non, mes chers amis, nous ne sommes pas chez le fleuriste ni dans une salle de massage, ça sent fort des humains qui baissent leur froc. Des hommes surtout, qui, comme dans toute chose, semblent vouloir remporter la palme sur les femmes. Là, les concierges insultés de ce monde chialeront en rappelant que les pastilles bleues qui sentent la boule-à-mite dans les urinoirs contribuent à assainir ce jardin. Cependant, après cinq voyages, la pastille ne dégage plus rien et vire au vert. C'est à ce moment que le party nasal décolle d'aplomb sous les néons douteux, qui nous font sentir en prison ou dans un appart miteux envahi d'insectes.
Bon, vous direz que c'est exagéré, que c'est de l'espérance de vie de clavier de gaspillée, mais il serait temps de songer à créer une loi ou un règlement sur le droit fondamental des êtres vivants à uriner dans un environnement de qualité. Comme dans les bars ou les restos respectables, qui ont compris que c'est avec de belles toilettes qu'une clientèle se sent bien, comme à la maison. Me semble que c'est peu demandé, surtout de quelqu'un qui n'est pas un malade mental de la propreté.
Ensuite, car il y en a toujours un dans les énumérations, les murs des toilettes publiques se transforment parfois en feuille de papier. Au menu des créateurs? De beaux dessins de pénis, de vagin, de bonshommes allumette qui copulent… vous avez compris le topo.
Et les Molière de notre monde de se lâcher lousse au carré: «J'aime me faire sucer, ma bite est grosse et fait jouir plein de femmes.» Mais encore: «Harper est un épais, s'il était ici, je lui ferais prendre un bain de tête bien mérité» (Je vous jure que c'est vrai). Qu'écrire de plus sinon: «Vive les hausses du gaz!» Choquant, mais réaliste. Ceux qui écrivent ça mes amis se trimbalent non seulement avec une plume aux toilettes, mais sont des quidams comme vous et moi, des Bob ou des Gino qui paient leurs impôts.
Si vous trouvez qu'on devrait censurer ces graffitis et ne pas les sortir des toilettes pour qu'ils continuent de baigner dans leur jus ou que c'est dégradant que des inconnus baisent ou se piquent dans ces cubicules pestilentiels, eh bien moi je dis qu'il faut partager ces richesses collectives. Comme un corps de femme au cinéma et les sacres. Ça fait partie de la game… même celle des autruches.
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En terminant ce vibrant commentaire sur les aléas de l'espèce humaine que nous représentons avec fierté, avouez que ça roule moins en fou depuis que le gouvernement a doublé le montant des amendes de vitesse… Quelle révolution! Sarcasme ou pas, ce constat n'a aucune valeur à côté de l'interdiction de conduire avec des pneus d'hiver ou l'obligation de parler au cellulaire. Ces deux coups fumants longuement mûris en comité du sous-comité du comité ont carrément changé notre façon de voir l'univers.
Après ça, vous viendrez dire que la neige un 28 octobre ou en Série mondiale de baseball, ça n'a pas sa place! Quoi? Qu'entends-je? Vous vous questionnez sur l'importance du baseball dans un Québec dominé par le patinage de fantaisie avec ruban sur la palette?
Vous avez raison, le baseball rejoint maintenant aux oubliettes le fluo, les cinéastes engagés, la bouffe bio, les éoliennes, le protocole de Kyoto, la courtoisie, les jujubes en forme de pied, la musique Métal –aussi connue par ceux qui connaissent pas ça comme "l'apologie de la vie de Satan", ce bougre cornu- et finalement, le théâtre où on n'est pas obligé de rire.
Bon, je vous quitte, mon clavier ne supporte plus mes empreintes digitales. En attendant, lavez-vous les mains, flushez… et n'écoutez surtout pas le baseball!