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Tu chasses!?

Maxime Pedneaud-Jobin par Maxime Pedneaud-Jobin
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Article mis en ligne le 29 octobre 2008 à 14:19
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Tu chasses!?
Chaque année, alors que novembre approche, je me prépare pour la chasse. Dans l’univers de fonctionnaires où je travaillais jadis, la chasse n’avait pas bonne réputation. «Tu chasses!?» disaient-ils, surpris, comme si je faisais quelque chose de sale. Et pourtant, la chasse nous met en communion avec la nature, elle nous sort de notre univers aseptisé et elle nous rappelle notre histoire et notre destin.

Avez-vous déjà marché dans la forêt, seul, en pleine nuit, pour aller vous embusquer dans l’attente du matin? Il faut vivre l’expérience au moins une fois. Cela réveille en nous toutes nos peurs de l’obscurité, de la forêt menaçante, de la bête tapie dans l’ombre. Cela fait naître l’exaltant sentiment, qui vient parfois après de longues heures de silence, d’avoir vaincu cette peur atavique et de se sentir chez soi, au milieu des bêtes, dans la nuit profonde. Puis de voir le soleil se lever, illuminant la proie. Bonheur.

Les lignes qui suivent sont largement inspirées d’un livre intitulé «Méditation sur la chasse» de José Ortega y Gasset, un grand philosophe espagnol. C’est l’œuvre sur la chasse la plus citée dans le monde. Louis-Gilles Francoeur, chroniqueur sur l’environnement au Devoir signe l’introduction du livre, un texte que tout opposant à la chasse devrait lire. Voici ce qu’il nous raconte.

Les chasseurs sportifs ont été les premiers écologistes, c’est-à-dire les premiers à comprendre que la nature est affaire d’équilibre et que lorsque l’équilibre est rompu, le gibier disparaît. Ils ont su les premiers que les ennemis de la nature s’appellent avant tout «consommation» et «urbanisation». Ils ont mené les premières batailles de la conservation. Comme l’écrit Francoeur : «Ceux qui perçoivent une incompatibilité fondamentale entre la chasse et l’écologie sont en retard d’une guerre, de la vraie, de celle qui menace vraiment la vie sous toutes ses formes». Car la chasse sportive n’a rien à voir avec ce qu’on appelle la chasse industrielle… pratique qui a mené à la quasi disparition des bisons, des dindons ou de la tourte. Selon le National Geographic, les espèces chassées sportivement sont, et de loin, en meilleur état que les espèces non chassées. C’est grâce aux associations de chasseurs que certaines espèces ont pu survivre aux ravages de l’urbanisation, de l’agriculture et de la déforestation. Dans les faits, les banlieusards sont beaucoup plus dangereux pour les animaux que les chasseurs!

La chasse ne menace pas la faune, elle en est un outil de gestion, un outil qui fonctionne. C’est aussi une pratique «bio». Se nourrir d’une bête récoltée en pleine nature est beaucoup plus respectueux de l’environnement que de manger une bête produite de façon industrielle. De plus, la chasse fait partie de notre héritage culturel, un héritage de connaissances et d’habiletés accumulées depuis des générations. Finalement, quand on sait que dans plusieurs régions du Québec, un quart des chevreuils sont maintenant abattus à l’arc, la chasse la plus difficile, on comprend que la motivation du chasseur n’est pas de tuer, mais de vivre une expérience profonde qui exige patience, ruse, habileté, connaissance et respect de la nature.

Si vous cherchez un cadeau de Noël pour le chasseur de la famille (le quart des chasseurs sont maintenant des chasseuses), je vous conseille d’acheter ce livre. On le lit comme on chasse, patiemment, en savourant chaque minute qui passe.

Aux 30 000 chasseurs et chasseuses de l’Outaouais, bonne chasse!

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Denis Carrier

Commentaire mis en ligne le 30 octobre 2008
Comme les perdrix qui réagissent aux bruits, ce texte lumineux fait lever des souvenirs.
Dans le coin de pays qui m'a vu naître,à Lévis sur le rive-sud de Québec, tu devenais un homme, à une certaine époque,seulement après avoir fait ton premier voyage de chasse. C'était un vrai rite d'initiation, un passage obligé.Que ton père, après les consignes de sécurité d'usage, te laisse partir seul dans le bois avec un 410 à l'épaule t'ouvrait la porte du monde des adultes.
La chasse c'était la communion avec la nature, la marche dans le bois, le respect des bêtes qu'on mangeait à l'occasion de festins familiaux et la célébration du voyage où des liens profonds se tissaient.Chaque voyage avait son histoire racontée et embellie plus de 100 fois.
Je me souviens de cette «trail» où j'avais expliqué à mon fils alors tout jeune, que j'avais marché au même endroit avec son grand-père et que ce dernier avait fait la même chose avec son père. On avait philosophé tout les deux sur la vie,la mort,les femmes et peut-être sur le sexe des anges.On avait le temps et on s'était donné du temps pour alimenter notre banque de beaux souvenirs de chasse.

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