De l'argent supplémentaire en itinérance
Quatre organismes menacés de devoir fermer leurs portes dans les prochaines semaines pourront survivre grâce à du financement additionnel de l'Agence de la Santé et des Services sociaux de l'Outaouais et du gouvernement québécois.
Le Gîte Ami (105 000$), la Soupe populaire de Hull (47 000$), la Manne de l'Île (20 000) et Entraide familiale de l'Outaouais (15 000$) sont les quatre organismes communautaires dans le domaine de l'itinérance qui profiteront d'une aide additionnelle et surtout récurrente. Le Gîte Ami se verra aussi accompagné de façon particulière par l'Agence pour la prochaine année pour voir les besoins.
Ces organismes étaient en danger de devoir fermer leurs portes ou diminuer leurs services dans les prochaines semaines à cause de l'augmentation de la demande et des frais additionnels nécessaires, notamment en achat de nourriture, à cause de la baisse des dons.
En plus d'aider financièrement ces organismes, l'Agence mettra en place de nouvelles mesures dans la région pour travailler plus étroitement avec les organismes en itinérance et améliorer la situation pour les organismes et leur clientèle.
Ainsi, un professionnel sera embauché à temps plein par l'Agence pour traiter exclusivement des dossiers reliés à l'itinérance, une demande des groupes communautaires. Aussi, l'Agence participera à une étude sur la pauvreté pour connaître officiellement la situation en Outaouais. «Si ça révèle une problématique unique, comme on s'en doute, il y aura des démarches faites par les élus de l'Outaouais pour venir appuyer la région», a annoncé le ministre responsable de l'Outaouais, Benoît Pelletier.
Cette problématique particulière est due en grande partie à la proximité avec l'Ontario, où il y a un déplacement de la clientèle vulnérable. C'est pourquoi le gouvernement entend mettre sur pied une commission régionale de la lutte à l'itinérance qui aura, entre autres, à concerter ses efforts entre les organismes de la région, mais aussi avec Ottawa.
«On veut établir un lien entre les organismes en cause de façon à ce que les actions qu'on mènera soient mieux planifiées, mieux concertés, explique Benoît Pelletier. On va aussi se pencher sur la question des travailleurs de rues. Il y a des demandes des organismes pour qu'il y en ait plus.»
Bien reçu
Les organismes bénéficiaires de cette aide additionnelle ont accueilli cette annonce avec soulagement. «Je suis très content parce qu'on n'aura pas à diminuer les services et c'était ça la menace», souligne le président de la Soupe populaire de Hull, Paul Surprenant.
Pour lui, la récurrence de cette enveloppe additionnelle est une bonne base pour améliorer la situation. «Il va falloir refaire des demandes l'an prochain pour compenser l'inflation, indique-t-il. Mais c'était important que ce soit récurrent.»
Le directeur général de la Manne de l'île, Richard Denis, croit aussi qu'il s'agit d'un bon premier pas, mais des efforts additionnels seront nécessaire dans le futur. «On a réglé le problème jusqu'à la fin de l'année financière (en mars). Le problème risque d'être moins grand l'an prochain.» La volonté de s'asseoir autour d'une même table pourrait être un atout important, croit-il.
Surtout que la Manne de l'Île fait face à une croissance de 20% par année de ses demandes d'aide depuis cinq ans, un niveau qu'elle ne pourra pas maintenir longtemps. «On ne peut pas avoir toujours une augmentation pareille année après année.»
Du côté du Gîte Ami, le directeur général, Luc Villemaire, s'est dit soulagé. «Dans la situation actuelle, la somme obtenue correspond à ce qu'il nous fallait, avoue-t-il. C'est surtout rassurant d'entendre le gouvernement exprimer avec tant de clarté la volonté d'aider les problèmes en itinérance.»
Quant à l'examen pour la prochaine année par l'Agence, M. Villemaire ne s'en inquiète pas et souhaite même que les décideurs viennent sur le plancher des vaches. «Le Gîte Ami n'est pas en faiblesse administrative», a-t-il confié.