Au moment de sa disparition brasse bien des émotions durant ses 75 minutes, dont l'amour fraternel et la recherche de liberté. (Photo: Jean-Paul Domb)
Un "road movie" théâtral au CNA
Au moment de sa disparition captive encore les jeunes spectateurs huit ans après sa création par le Théâtre Le Clou, de sorte qu'il se pointe à nouveau cette semaine au Studio du CNA!
Qualifié avant tout de théâtre pour ados, ce spectacle écrit par Jean-Frédéric Messier et mis en scène par l'imagination débordante de Benoît Vermeulen, Au moment de sa disparition mélange amour fraternel et recherche de liberté, deux thèmes chers à tous…
«C'est surtout l'histoire d'un garçon, J-F, qui est un marginal dont la vision diffère des autres, qui entreprend un voyage initiatique aux États-Unis (avec son amie Soyal) pour se rapprocher de lui-même et de sa place dans le monde. C'est son histoire que son frère Dave va nous raconter, car l'amour fraternel est très important dans la pièce. C'est lui qui va recréer les derniers moments de son frère…»
Dave utilisera son imaginaire et des vidéocassettes de son périple que J-F lui fait parvenir pour reconstruire son voyage. «Quand il est parti (J-F), il voulait changer le monde avec de petites actions. Il envoie donc des cassettes à son frère, qui sont des témoignages», précise Benoît Vermeulen.
Le grand manitou du théâtre jeunesse francophone au CNA trouvait important d'inclure ce "jeune classique" dans la première saison de l'équipe de Wajdi Mouawad. «C'est une pièce qui rejoint un public très large, car c'est très humain, ça ouvre à la différence, à la tolérance, à élargir nos perceptions par rapport à notre vision du monde. Et en même temps, c'est une histoire toute simple», avoue-t-il.
La simplicité de la production réside dans les textes et beaucoup dans les décors. Et cela même si le metteur en scène utilise les vidéos pour imager les endroits que visite J-F: Graceland, l'Arizona, les interminables routes désertiques… Ces lieux ont en fait été représentés en maquettes, qui elles, ont été filmées et projetées sur grand écran pour assurer au public une expérience introspective fameuse.
«Le vidéo n'est pas dangereux, c'est un moyen ludique pour nous raconter une histoire. Il n'y a pas de lourdeurs, c'est un support… comme l'éclairage. Et ça permet de changer de lien rapidement. Mais il faut l'utiliser avec précaution…», lance Benoît Vermeulen.
Au moment de sa disparition a remporté trois prix au défunt Gala des Masques.