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Il y a de l'abus aussi en Outaouais

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 8 novembre 2008 à 7:30
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Il y a de l'abus aussi en Outaouais
La directrice de l'Association des femmes immigrantes de l'Outaouais, Claude Yvette Akoun. (Photo: Patrick Voyer)
Il y a de l'abus aussi en Outaouais
Les quelques victimes (connues) d'abus en Outaouais n'ont pas beaucoup de ressources, à part les maisons de femmes victimes de violence ou l'Association des femmes immigrantes de l'Outaouais, qui tentent d'apaiser leur détresse.
«Quand ils cognent à l'AFIO, elles sont dans une situation d'abus. Quand elles n'en peuvent plus d'essayer de s'en sortir seules, quand elles sont "sur le bord" et qu'elles ne savent pas si elles vont être déportées ou qu'elles craignent d'être ramassées par la police comme une criminelle, glisse la directrice», Claude Yvette Akoun.

L'AFIO remplit alors le même mandat que l’Association des aides familiales du Québec en accompagnant les femmes dans le dédale administratif qu'elles appréhendent avec pessimisme. «Elles ne savent pas comment le système marche, il y a beaucoup de crises, de pleurs, et quand il y a la barrière de la langue, c'est pire encore. Certaines ne savent même pas prendre l'autobus!»
De vraies histoires
Comme partout au Québec, les formes d'abus en Outaouais sont très variées. «Elles travaillent plus d'heures que sur le contrat, ne sont payées que 300$ par mois alors qu'elles devraient recevoir de 8 à 10$ de l'heure, elles ne peuvent pas aller ailleurs comme c'est écrit sur le contrat, alors l'employeur peut les manipuler et les faire chanter. Ils leur disent: "paie ça!", "tu manges trop", font du harcèlement psychologique. Certaines femmes n'ont pas d'intimité, on peut les réveiller à n'importe quelle heure, d'autres n'ont pas de samedis ni de dimanches. Des fois, ça frôle l'esclavage et ces personnes n'ont aucun recours. Il y a des employeurs qui sont corrects et eux, on n'en entend pas parler!»
Claude Yvette Akoun se rappelle d'une dame victime d'abus: «Elle approchait de son 24 mois et l'employeur a trouvé quelque chose à lui reprocher pour qu'elle ne puisse pas avoir sa demande.»

Une autre dame, censée avoir congé la fin de semaine, a été obligée le vendredi d'attendre que les invités de l'employeur partent à 2h du matin pour débarrasser la table. Un peu plus tard, à 6h, la fille de 17 ans de l'employeur l'a réveillée pour qu'elle lui prépare son déjeuner. «Il me semble qu'à 17 ans, on est capable de se faire à déjeuner!, lance Mme Akoun. Mais la femme avait peur de se plaindre, car elle disait que son employeur avait payé son billet d'avion… Ces femmes qui sont complètement abusées se sentent ingrates de se plaindre!»

Selon Mme Akoun, les femmes immigrantes ne jouissent pas d'assez de liberté. «Elles devraient avoir le droit d'aller travailler où elles veulent, car ça met des gens à la merci d'autres gens.»

La directrice de l'AFIO espère que les travailleuses immigrantes, abusées ou non, s'informeront davantage à l'avenir et poseront des questions. Ainsi, il sera plus facile pour les organismes d'aide de les diriger vers les bonnes ressources.

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