Un exemple de ce qu'il ne faut pas faire au guichet: si vous ne dissimulez pas le clavier, un curieux mal intentionné pourrait noter votre NIP! (Photo: Lucien Paquette)
De l'aide et des conseils aux victimes de fraude
L'Association québécoise de défense des droits des retraités (AQDR) a décidé de passer en deuxième vitesse pour essayer d'enrayer les fraudes de toutes sortes et donner des outils aux "poissons" qui pourraient mordre à l'hameçon.
L'AQDR lance demain à Montréal le Programme de prévention contre les fraudes, une initiative de la section sherbrookoise de l'Association. Grâce à ses brillants résultats en Estrie depuis deux ans, le programme est sanctionné par l'Autorité des marchés financiers. Les régions où il sera implanté cette année sont le Centre-du-Québec, Laval, Montréal (St-Michel), Rouyn-Noranda et Sherbrooke. Le responsable national du projet, Lucien Paquette, soutient que l'Outaouais recevra également sa part dans les années à venir. Pour que la région puisse profiter rapidement de ces ateliers de formation, il faudrait que la section outaouaise s'autofinance comme celle de Laval.
En attendant, M. Paquette se fait un devoir de rappeler aux gens, surtout aux aînés, que la vigilance est de mise pour ne pas être victime de fraude. Et cela, autant au téléphone qu'en personne, au guichet automatique ou sur Internet. «La meilleure chose est de prévenir plutôt que guérir, car les gens qui se sont fait frauder et qui ont récupéré les sommes, ç'a été plutôt compliqué, indique-t-il. Donc, il faut éviter de se faire prendre.»
Les personnes âgées sont des cibles parfaites pour les fraudeurs, car elles ne sont généralement pas familières avec les nouvelles technologies ou les arnaques des criminels. Elles représentent 12% de la population québécoise, mais comptent pour près de 40% des victimes! «Y'a des situation compliquées, mais généralement, c'est pas sorcier de se protéger, estime Lucien Paquette. Il faut apprendre à reconnaître les signes de fraude: le fraudeur est un beau-parleur la plupart du temps, va mettre de la pression, va demander de prendre des décisions tout de suite (en prétextant une aubaine qui s'achève), va être trop intime et nous appeler "mon petit monsieur, ma petite madame"», énumère M. Paquette.
Si on peut éviter la majorité des fraudes, certaines sont difficiles à flairer. «Au guichet automatique, s'il y a des caméras très bien cachées, on ne peut reprocher à la personne de s'être fait avoir!», nuance le responsable. Il peut aussi y avoir des commerçants mal intentionnés qui clonent des cartes de crédit; enfin, une quarantaine de fraudes existent!
Dénoncer est la clé
Seulement 30% des fraudes font l'objet de plaintes au Québec. «Au "Phonebusters", le centre d'appel antifraudes, leur message est simple: "La fraude, identifiez-la, signalez-la et enrayez-la".» Les raisons pour se taire sont diverses. «Certains pensent qu'il n'y a pas de ressources, pour d'autres, et ça s'applique à n'importe quelle situation, trouvent honteux de dire qu'ils se sont fait rouler… Et les personnes âgées pourraient dire: "Tout d'un coup que mes proches se mettraient à douter de ma lucidité ou de ma capacité à gérer mes propres affaires?"
Pour déposer une plainte ou dénoncer auprès d'autres consommateurs:
www.phonebusters.com ou 1 888 495-8501. Si vous êtes aux prises avec des problèmes de télémarketing, sachez que vous pouvez faire rayer votre nom des listes d'appel grâce à une nouvelle loi fédérale en visitant le
www.lnnte-dncl.gc.ca. Armez-vous toutefois de patience, le service est populaire et ne répond à votre demande qu'après plusieurs semaines, semble-t-il…