"Mauvais timing" pour flirter?
La crise économique ne draine pas seulement de mauvaises nouvelles chez les grands argentiers de ce monde, elle frappe chaque petit épargnant, chaque Nord-Américain, jusque dans ses poches… et son cœur!
Enfin, c'est ce que le réputé magazine Forbes rapporte ces jours-ci, avec des titres à l'emporte-pièce style "C'est un mauvais timing pour tomber en amour".
Tout d'abord, tomber en amour ne se commande pas, ça nous atterrit dessus, crise économique ou pas. Personne ne va s'empêcher de vivre d'amour et d'eau fraîche (ce qui est peu onéreux, vous en conviendrez) si Cupidon plante sa flèche dans votre fesse. À moins que le pré-requis pour charmer soit relié aux devises, ce qui serait évidemment possible dans certains coins de la planète (non, je pense pas à Hollywood, non, non et renon), mais pas dans votre petit monde de princesse n'est-ce pas?
Bon, j'avoue que si vous êtes déjà en amour et que vous prévoyiez vous marier avant la crise, vos plans risquent de changer un peu. Là, je parle surtout des Américains, bien que la vague déferlera chez nous un de ces 4. Imaginez le scénario: le couple s'est privé durant des années pour ramasser l'argent nécessaire à son union et a perdu des milliers de dollars instantanément; le temps que ça remonte ou qu'il arrive à se renflouer de quelque manière, la passion qui l'habitait au moment de dire "oui" se changera en déception. Oubliez la surprise ou la magie du moment, vous devrez "travailler" pour vous marier à coût exagéré. Et que vous arrivera-t-il après la cérémonie? Vous serez tellement brûlés que vous n'aurez plus assez de forces pour consommer. Haha! Alors le conseil du Dr Phil Un Mauvais Coton? C'est peut-être effectivement un mauvais timing, alors patience si vous êtes cassés ou du genre à vous gâter une fois aux dix ans!
Huit menaces
Alors là, attachez votre broche avec de la laine de tuque, ça va fesser. Après avoir décidé ensemble que l'amour n'est pas automatique et que vous devriez attendre avant de vous unir pour "le meilleur et pour le pire" (un duo hilarant, en spectacle dans un cabinet de psy près de chez vous), jetons un œil sur ce que Forbes considère dangereux pour les couples mariés. N'oublions pas que l'économie est au centre de cette réflexion extrêmement subjective…
La fortune: pfff, pas besoin d'être en crise économique pour que la tornade nommée Divorce avale la moitié du pays sur son passage. Parlez-en à ces pin-ups qui épousent des milliardaires à la veille d'expirer…
L'incompatibilité: celle-là est intéressante si on considère des arguments économiques. Forbes se base sur le classique "un des deux dépense et l'autre épargne". Vous en connaissez sûrement des couples comme ça: un gratte ses sous comme si une crise économique allait survenir du jour au lendemain et l'autre dépense sans arrêt en transformant le compte conjoint en crise économique constante. À court terme, ça peut passer, mais à la longue, ça tombe sur les nerfs. Trop c'est comme pas assez.
Le stress: "Avant d'être bien avec quelqu'un, on doit l'être avec soi". Voilà, tout est dit.
La dépréciation de votre propriété: là vous pensez sûrement: "Est-ce que mon couple sera comme ma maison: perdra-t-il de la valeur avec les années, sera-t-il frappé d'écoulements, d'inondations, de fissures, de craquements?" Peut-être. Surtout en cette période de crise. Il existe cependant un type de ciment très résistant qui vous permettra sûrement de passer l'hiver au chaud, sur l'ours étripé devant le foyer polluant.
L'absence de plan financier: cordonnier mal chaussé… Si vous avez eu la chance de prévoir vos vieux jours, la crise économique vous frappera un peu moins, même si vous risquez de perdre le nord. Et si vous êtes du genre à détester les budgets, les "plans financiers" qui sonnent bureaucratiques à vos oreilles d'humains libres, préparez-vous à pédaler.
Le manque de communication: j'veux pas en parler!
L'endroit où vous demeurez: si vous êtes un New-Yorkais habitué de mener la grosse vie et que du jour au lendemain vous devez ralentir, alors que les néons et les boutiques ne manquent pas de vous attirer, vous sacrerez sûrement. Et pas juste après votre volant, seul dans votre char, les poings serrés, votre flegme de bête urbaine happé de plein fouet. Les grandes villes ne sont pas le meilleur endroit pour vivre une crise économique, selon des informateurs cachés dans des bornes-fontaines. Alors oubliez la maxime "Plus on est de fous plus on rit"! Comme quoi, dans la vie, il y a de la désillusion à chaque coin de rue où les gens ne font pas leur Stop avant de virer à droite au feu rouge.
La dépression: véritable fléau qui nous rappelle les savants mots invoqués plus haut pour le stress.
Somme toute, ce super 8 est, non pas une salle de billard gatinoise, mais une autre occasion de relativiser les choses. Est-ce qu'amour et crise économique mélangés sont une bombe à retardement? N'y a-t-il pas moyen de faire abstraction des turbulences et se foutre du négativisme économique ambiant… même si ce dernier nous empêchera parfois de nous payer une bonne bouteille?
Oui? Merci. Allez, on noie ça. Un verre quelqu'un?