Cent ans d’existence pour Simonne Bélisle de Papineauville
Vivre dans la joie et la musique et manger du chocolat sont les secrets pour bien vieillir de la centenaire Simonne Bélisle de Papineauville.
Le père de mademoiselle Bélisle, Émilien Bélisle, possédait le magasin général, Bélisle Frères avec son frère Niphas.
Mlle Bélisle a donc vécu son enfance dans l’une des grosses maisons rouges situées sur la rue Henri-Bourrassa.
Cette dame a toujours été célibataire. «Les hommes n’avaient pas de goût», indique-t-elle. Elle se réjouit de sa vie. Passionnée de musique et diplômée d’études supérieures en piano à Aylmer, elle recevait toujours beaucoup d’amis et de famille à sa demeure. «Je possède beaucoup de souvenirs, mais je me rappelle bien des fêtes données à la maison et de mes voyages.» Une fois, Mlle Bélisle a même reçu à son domicile, Henri Bourrassa.
Le Portugal est le dernier pays visité par Mlle Bélisle à l’âge de 85 ans. Elle garde toujours avec elle un chapelet acheté lors de ce périple dans un sac en cuir confectionné par sa sœur Laurette, aujourd’hui paralysée.
Sa vie de touriste a débuté dans l’Ouest. Ensuite, elle a visité la France et le Vatican. Puis, avec sa Pontiac, elle s’est retrouvée à Halifax et aux États-Unis.
Il faut préciser que Mme Bélisle a conduit jusqu’à l’âge de 94 ans, et jamais, elle n’a subi un accident. Elle a donné sa Pontiac 60 à la Fondation du rein.
Pour s’occuper, mademoiselle Bélisle s’est «patentée» comédienne. Avec des amis, elle présentait toujours une comédie et un drame. Elle s’est également impliquée dans les Enfants de Marie.
De plus, grâce à son cours d’infirmière, plusieurs personnes venaient cogner à sa porte pour lui demander de l’aide. «Même si je n’avais pas terminé mon cours, les gens me pensaient bonne», affirme-t-elle.
À cause d'un problème au cœur, elle avait dû arrêter ses études. «J’ai compris à ce moment que le Bon Dieu m’appelait à la maison pour aider ma mère malade», raconte-t-elle.
La mort de sa mère, Alice Martel, est d’ailleurs le souvenir le plus douloureux de Mlle Bélisle. «Je me trouvais à l’hôpital avec elle, elle me tenait la main au moment de son décès, le matin du 25 décembre.»
La religion occupait également une place importante dans la vie de la centenaire. Elle a été organiste à l’église de Papineauville pendant 20 ans.
Mme Bélisle a également attrapé la grippe espagnole.
Ses regrets: ne pas être restée jeune plus longtemps. Son dernier rêve: retourner au Vatican pour rencontrer le nouveau pape.
«J’ai donné le meilleur de moi-même tout au long de ma vie, au moment de mon décès, les gens pourront donc me donner tous les compliments qu’ils désirent.»
Une fête en son honneur
Mlle Bélisle réside au Centre d’hébergement de soins et de longue durée (CHSLD) depuis juillet 2007. Une fête a été organisée pour ses 100 ans. En tout, 107 personnes se sont déplacées. Elle a reçu un certificat du pape et de la reine Élizabeth, une carte de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, une toile de Jean-Yves Guindon et une carte des élèves de troisième et quatrième années de l’école Adrien-Guillaume de Chénéville. Son amie, Cécile Latourelle, lui a rendu un hommage en chanson.