Ricky Paquette est majeur et n'a pas l'intention de laisser mourir ses racines blues, même si l'appel du rock est plus fort que tout! (Photo: www.rickypaquette.com)
Ricky Paquette est majeur et «riffé»
Le guitariste gatinois frisé n'a déjà plus besoin de présentation à 18 ans et se paie tout un cadeau pour souligner sa majorité: de la liberté créative.
Ricky a décidé de changer de maison de disques en raison de visions divergentes. Dès que son contrat avec Preservation Music se terminera dans un an, il entend voler de ses propres ailes et teinter ses créations de rock. Du bon rock inspiré de canons comme Aerosmith et Led Zeppelin, auxquels se greffent des groupes plus récents comme Nine Inch Nails et Audioslave. Il ne tournera pas le dos au blues, mais il préfère répondre au persistant appel du rock qui le tenaille depuis longtemps.
«J'ai suivi ma vision, alors je ne suis pas déçu que ça prenne une autre année, confie-t-il, installé dans son sous-sol, son studio. J'ai essayé de faire des compromis pour que ça marche avec cette compagnie-là, mais finalement, ça n'a pas marché. Ils voulaient un album plus blues comme le premier. Je vais donc expérimenter dans la prochaine année et avoir assez de tounes pour un album.» Pour le moment, Ricky travaille sur quelques titres très accrocheurs, dont Satisfied et Dry Your Tears, qui témoignent de la maturité précoce du musicien.
Ricky ne cache pas que le son qu'il réussit à produire, qui ressemble étrangement à du vieux Aerosmith "boosté" aux stéroïdes, pourrait être entendu dans d'autres événements que des festivals de blues. Il veut évoluer. «Je veux aller chercher un côté plus rock. De toute façon, le show devenait de plus en plus rock et le monde avait hâte d'entendre ces tounes-là. Ils aimeraient peut-être aussi les avoir sur CD!»
Les douze prochains mois permettront à Ricky de peaufiner son style, de jouer avec le même groupe et de préparer un nouveau show. Loin de vouloir entrer dans le carcan commercial qui gagne beaucoup de jeunes artistes, le Gatinois a l'intention de graver son prochain disque sans l'aide de compagnies qui lui diraient quoi faire. Sa stratégie serait plutôt d'arriver chez les maisons de disque avec sa carte de visite. «Je pourrais faire l'album librement et magasiner ensuite. Comme ça, le monde qui va aimer ce que j'ai fait va vraiment m'aimer moi, pas juste mon talent», tranche-t-il.
Dans le fond, Ricky Paquette rêve d'une carrière où sa musique sera créée dans une ambiance sans pression. «Je trouve pas ça mal de faire des compromis pour être tourné à la radio; c'est pas stupide, à un certain niveau. Mais ceux qui se font payer pour chanter ou danser de telle façon… Oui, ça peut être bon pour certaines personnes, comme dans Star Académie, mais moi je n'irais pas là-dedans parce que c'est pas des tounes que je voudrais faire et c'est pas l'image que je voudrais avoir. J'essaie d'être libre le plus possible.»
Le jeune homme lit énormément sur l'histoire de la musique et apprécie les plus grands groupes des années 60 et 70, car le processus de création était différent. Il a été surpris d'apprendre qu'à leur début, les membres d'Harmonium ont eu la chance d'enregistrer pendant six mois dans un chalet et ont été payés à chaque jour. «Ils prenaient leur temps et étaient payés pour le faire. Aujourd'hui, les artistes doivent faire des shows pour vivre et doivent créer en tournée, entre deux shows, mais ils n'ont pas le temps!»
Vœu de jeunesse ou contrat tacite signé avec le destin, Ricky Paquette a l'intention de construire sa carrière brique par brique, riff par riff, même si ça doit le faire disparaître un ou deux ans entre les albums! L'époque des "créations de sous-sol" serait-elle de retour?
En attendant des nouvelles de Ricky, écoutez une vidéo, en primeur sur Info07.com, de la version acoustique du "slow" Dry Your Tears.