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L'ADISQ, un party privé devant 15 000 personnes…

Michel Moyneur par Michel Moyneur
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Article mis en ligne le 15 novembre 2008 à 20:00
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L'ADISQ, un party privé devant 15 000 personnes…
La vue d'en haut… (Photo: Michel Moyneur)
L'ADISQ, un party privé devant 15 000 personnes…
Que faisiez-vous le soir du 2 novembre dernier? Si vous répondez que vous étiez rivé à votre téléviseur, vous étiez peut-être du groupe des 1,7 million de téléspectateurs à avoir choisi Radio-Canada et son Gala de l'ADISQ pour passer votre dimanche soir. La Revue aussi… ou presque!
L'unique différence c'est que votre humble serviteur, accompagné de son collègue Daniel Leblanc, s'est fait le devoir de parcourir les quelque 200 km qui séparent Gatineau et Montréal pour vous livrer son appréciation du Gala annuel à partir du Centre Bell.

Réglons d'abord une chose, notre premier objectif était de se faire accréditer pour la soirée comme tout bon journaliste a le privilège de le faire. Ceci nous aurait permis de réaliser des entrevues avec des artistes du coin comme Pierre Lapointe et Alexandre Désilets. Une chance aussi de questionner les gars de Gatineau sur la provenance de leur nom de groupe. Mais malheureusement pour nous… «Nos places réservées aux journalistes sont toutes comblées», nous a répondu la dame des communications de l'ADISQ, une semaine avant le jour J.

À voir Le Journal de Montréal le matin du 3 novembre, on a vite compris pourquoi. Avec une douzaine de pages réservées aux robes des artistes, on se demande toujours combien de journalistes et de photographes du quotidien de la métropole ont dû être accrédités. Distribué à 90 000 copies, La Revue, n'était peut-être pas assez "big" et trop éloignée de la capitale-de-l'information-québécoise pour qu'on nous assigne une place à l'arrière-scène avec nos confrères journalistes. La montréalisation de l'information, ça vous dit quelque chose?

Quoi qu'il en soit, nous avions la ferme intention d'assister à ce 30e Gala de l'ADISQ et la décision d'un reportage sur la soirée était coulée dans le béton depuis un bon bout de temps. C'est pourquoi nous nous sommes procuré une paire de billets à la dernière minute… dans les hauteurs de l'amphithéâtre (disons que l'embarras du choix n'était plus une option valide). La vue était pratiquement nulle. La hauteur de nos sièges, jumelée aux équipements d'éclairages en plein dans notre champ de vision, ne nous donnait d'autre choix que de suivre le Gala sur les deux écrans géants installés pour la cause. Mais nous y étions comme on le souhaitait!

En parlant de billets, vous serez peut-être surpris d'apprendre que d'assister au Gala de l'ADISQ pour les artistes et les gens de l'industrie n'est pas gratuit. Il leur en coûte entre 195$ et 320$ par siège. Un groupe de quatre musiciens ne s'en sort donc pas en bas de 800$ s'il souhaite prendre part au grand happening annuel de la musique québécoise.
Que la fête commence!
Sur le coup de 20h, l'enceinte du Canadien est plongée dans le noir le temps d'un soupir et paf… tout se rallume d'un seul trait: nous entrons en ondes avec le numéro d'ouverture. Certains l'ont peut-être trouvé excellent, d'autres moins. Plusieurs diront que le numéro composé de Karkwa, Alfa Rococo, Marie-Mai, Gatineau, Sylvain Cossette et Marjo s'est avéré un mélange des genres réussi, tandis que d'autres se demandent peut-être toujours ce qui unissait les artistes sur la scène.
Après le coup d'envoi plus ou moins réussi, voilà que les premiers applaudissements nourris des 15 000 spectateurs jaillissent à l'arrivée de l'animateur de la soirée. Une chose est sûre: les sceptiques qui pensaient encore que Louis-José Houde n'est pas l'humoriste chouchou des Québécois ont été confondus ce soir-là. Sa performance n'a fait aucun doute, du début à la fin du Gala qui s'est étiré sur plus de trois heures. Celui qui parle plus vite que son ombre s'est même permis de décocher une flèche aux employés de Montréal unilingue anglophones. «Même si j'achète Puff Daddy et Jive Bunny and the Mastermixers, tu me réponds en français», s'est-il permis de lancer à un caissier incapable de prononcer 48,42 $ en français. Pauline Marois jubilait surement dans son for intérieur, elle qui était présente, tout comme le chef de l'ADQ, Mario Dumont.

Malgré la quasi impeccable performance de l'animateur et les nombreux rires collectifs qu'il a provoqués en cette soirée de 30e anniversaire, l'atmosphère de grand party anticipée ne s'est pas beaucoup fait sentir…ce qui est plutôt rare au Centre Bell.

La remise des Félix accompagnée de remerciements à l'emporte-pièce, les courtes performances musicales et les nombreuses pauses publicitaires, ont sans aucun doute refroidi le public…tout comme pour les gens dans leur salon. Et comme pour en rajouter, certains artistes ont omis de remercier ceux qui achètent leurs disques (je rappelle que 15 000 personnes se trouvaient devant eux). À leur défense, on se doute fort bien que la nervosité et l'excitement du moment était plus que présent une fois la statuette entre leurs mains.
Une princesse honorée
Pas besoin de 15 lignes pour vous rappeler le moment fort de la soirée. Céline Dion, la petite fille de Charlemagne devenue la chanteuse la plus adulée de la planète, a reçu l'hommage auquel elle avait droit, un hommage à sa grandeur.
Il y a de ses ovations qui n'en finissent plus, ces moments que l'on se rappelle toute une vie. La star de la soirée y a eu droit, elle qui a volé le show comme on dit.

Si les applaudissements ont semblé être sans fin à la télévision, imaginez sur place. Nos mains rougies nous ont convaincus que Céline est bel et bien la plus grande de sa profession ou sinon la plus adorée. Qui d'autre qu'elle, au Québec, pourrait bien avoir le privilège de voir son travail souligné par l'Orchestre symphonique de Montréal? Poser la question c'est presque y répondre.

Seul point négatif à relever de cet hommage comme on en voit rarement: Luc Plamondon manquait visiblement d'aplomb lors de la rétrospective de la carrière de l'honorée. Son histoire de princesse et de lapin – en l'occurrence René Angélil – ne possédait pas ce petit quelque chose qui fait d'une histoire qu'elle est bonne. Mais bon, tout n'est jamais parfait…

Une fois Céline sortie de scène, l'ambiance se faisait un peu plus sentir dans la foule, mais tout comme avant le bloc huit du Gala (celui du Félix Hommage), les spectateurs semblaient encore se sentir de trop. En fait, c'est l'impression qu'on a eu durant la majeure partie de la soirée: que nous n'étions pas à notre place, que ce n'était qu'un méga party entre les artistes. Une expérience à refaire que celle d'y inviter monsieur et madame tout le monde? Peut-être que non.

Notre note globale du 30e Gala de l'ADISQ: 7/10 si on fait abstraction de l'animateur de foule médiocre que l'ADISQ nous a servi…

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