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Entretien avec un Artiste

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 17 novembre 2008 à 20:06
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Entretien avec un Artiste
Robert Charlebois est un vieux de la vieille, mais sa tête n'est pas prête d'être accrochée sur le mur! (Photo: Sylvain Dumais)
Entretien avec un Artiste
Robert Charlebois avoue n'avoir rien inventé comme artiste, mais il est fier de son parcours qui le mène en fin de semaine à la salle Odyssée avec Avril sur Mars. Bien campé dans son rôle d'un des immortels chouchous des Québécois, le grand frisé rejouera une fois de plus ses "hits" bâtis sur la fumée des boîtes à chansons et la patience, de plus en plus rare chez les jeunes artistes.
Charlebois sera accompagné par 15 musiciens et chanteurs du Mur du Son Orchestra pour faire revivre son impressionnant chapelet de succès. «Je crée de l'emploi, tout le monde est pauvre sauf mes musiciens!, ironise-t-il pour expliquer cet enchevêtrement musical. En ces temps moroses, en tout cas c'est ce que les médias essaient de nous faire croire - mais moi je suis allé à New-York et les gens sortent - ça prend de la magie, de l'énergie, des shows signifiants.» Il promet alors une soirée exceptionnello-psychédélico-nostalgique, dont il nous donne un avant-goût avec les définitions qui suivent…

Troubadour: Aussitôt qu'il entend le mot, les paroles lui reviennent. «Une chanson médiévale! Le Moyen-Âge m'a inspiré au début, dans les boîtes à chansons où j'ai barouetté ma guitare pendant 5 ou 6 ans. C'était long dans ce temps-là et c'est ce qui manque aujourd'hui; on veut que tout arrive tout de suite! Mais ça, ça ne te donne pas de bagage, ça ne t'apprend pas à dire bonsoir au monde et vivre du théâtre, parce que c'est du théâtre ce que tu fais! Dans ce temps-là, il y avait de la timidité, tout le monde se cherchait et se trouvait. Dans les années 60, il n'y avait même pas 12 auteurs-compositeurs; aujourd'hui, t'en as 1200! Et il y a trop de vedettes, mais pas assez d'artistes: tu demandes à des jeunes ce qu'ils veulent faire plus tard et ils disent qu'ils veulent devenir riche et célèbre! C'est pas un métier ça. Et pour le devenir, il faut que t'ailles quelque chose à dire, faut que t'apportes ta pierre à l'édifice, que tu ailles quelque chose de profond en toi.»

Amérique: «Un beau continent que je n'arrête pas de découvrir. Tout m'intéresse: l'Amérique Centrale, les États-Unis et les Caraïbes, autour du Tropique du Capricorne, où je me sens chez moi.»

Canada: «J'ai des ancêtres qui se sont battus pour le défendre! On a notre part de responsabilités et on a tous du sang indien sur les mains… Mais bon, c'est un pays de richesses et de bénédictions malgré la neige!»

Ange: «Un autre mot qui appartient à tout le monde. On a tous déjà rêvé de voler, c'est pour ça qu'il y a des hélicoptères et des avions, lance-t-il pour ajouter aux "ailes d'un ange". C'est un beau folklore la religion, un beau gros Walt Disney pour adultes; les gens qui ne croient pas à la poésie et à la musique, ben ils croient aux anges, au soleil, au maïs…»

Ordinaire: «Une des plus réussies sur la vie, le métier. Tellement que je ne sentais pas le besoin d'en faire une deuxième. C'est une chanson qui ne m'a pas échappé. On ne peut pas imaginer un spectacle de moi sans ça, comme Aznavour et sa Bohème

Femme: «C'est ma femme qui vient en première place quand je pense à ça! Avec le temps, elle devient ta meilleure amie, la chose la plus importante dans une vie. Notre femme est plus que la moitié de notre vie, c'est la clé; tu peux pas réussir si tu te trompes de femme!»

Bière: «Ah, j'en ai tellement bu!, laisse-t-il tomber spontanément. C'était une période de ma vie (Unibroue) assez fantastique. J'avais des partenaires d'affaires extraordinaires et moi, j'avais le beau rôle: je faisais la dégustation et je leur donnais des noms! Je crois que j'ai donné aux Québécois le goût de développer leur palais…»

Joint: «Une affaire qui est devenue tellement chimique avec l'hydroponique que je ne touche plus à ça! J'aimais les choses "naturelles" et je fais attention à mes cordes vocales et mes poumons. Quand j'ai besoin d'un "paradis artificiel", c'est encore vers l'alcool que je me tourne. Mais rien ne vaut le "vrai" bonheur!»

Montréal: «La chanson dont les gens me parlent le plus, à l'extérieur en tout cas. En Algérie, San Francisco… pour les Belges et les Suisses, je suis M. Montréal, avant "Ordinaire" et "Lindbergh". Une chanson que j'ai failli ne pas mettre sur l'album parce que la trouvais trop "crooner". Les gens l'ont aimée à long terme et c'est devenu la chanson la plus populaire. C'est une chanson dans laquelle les Québécois se reconnaissent, ça représente l'effervescence de ce temps-là.»

Parlant d'effervescence, Robert Charlebois trouve triste que la société soit rendue si tranquille… «Les gens se cherchent, sont prêts à suivre n'importe quel gourou. On dirait que les gens veulent travailler l'un contre l'autre, ils travaillent trop pour leur poche.»
Robert Charlebois à la salle Odyssée les 21 et 22 novembre, 20h. Billets: 819 243-2525 ou www.maisondelaculture.ca.

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