Mésentente à Papineauville
La municipalité de Papineauville et la Commission scolaire au Cœur-des-Vallées (CSCV) ne sont pas sur la même longueur d’onde concernant leurs locaux respectifs.
En effet, même si la Commission scolaire au Cœur-des-Vallées (CSCV) a adopté une nouvelle grille tarifaire concernant ses locaux et ceux de Papineauville, l’incompréhension est encore très présente entre les deux parties.
Dorénavant, pour chaque utilisation, les deux organismes exigeront les frais suivants : gymnase 15 $ de l’heure, piscine 25 $ de l’heure, centre communautaire 35 $ de l’heure et l’aréna 70 $ de l’heure. Cette décision a été prise lors du conseil des commissaires de novembre.
Rappelons que Papineauville a déchiré le protocole d’entente avec la CSCV concernant l’échange de services de différents locaux en février dernier.
À cause de cette rupture du protocole, les élèves de l’école secondaire Louis-Joseph-Papineau n’ont plus accès à la salle communautaire et à l’aréna depuis le début de l’année scolaire.
«Selon nous, l’entente était devenue désuète et ne reflétait plus la réalité», a affirmé le maire de Papineauville, André Blais, dans une tribune libre envoyée à La revue La Petite-Nation.
La goutte qui a fait déborder le vase : le cross-country provincial et régional de l’an dernier. La municipalité a envoyé une facture de 2327 $ à la CSCV pour payer l’entretien du centre communautaire. «Aucun frais supplémentaire n’a été facturé pour le nettoyage du centre à la suite de ce grand rassemblement d’étudiants jusqu’en 2007, et ce, même si le protocole nous autorisait à charger des frais supplémentaires lors d’activités spéciales», a précisé M. Blais dans sa tribune libre.
Après de longues discussions, la CSCV a payé la facture. Par contre, celle-ci affirme ne pas avoir été mise au courant de cette note avant l’événement.
Le maire de Papineauville trouve injuste que les infrastructures de la municipalité soient utilisées par tous les élèves de la Petite-Nation, et que seuls les contribuables de Papineauville en fassent les frais. «Les jeunes de l’école se servent beaucoup de nos locaux alors que les résidents de Papineauville utilisent peu le gymnase et la piscine de la CSCV», mentionne M. Blais.
«Les résidents de Papineauville payent 100 $ de l’heure pour jouer au hockey. Ils doivent aussi payer une minime somme lorsqu’ils jouent au badminton, et ce sont des contribuables. Alors, pourquoi faire un passe droit à la CSCV, surtout quand des jeunes d’ailleurs en profitent aussi ?», se questionne le directeur général de Papineauville, Jocelyn Robinson.
L’aréna et la salle communautaire sont déficitaires d’environ 175 000 $ annuellement. En louant à la CSCV, la municipalité désire seulement rembourser les frais fixes de ces deux établissements. «On veut garder un taux de taxe intéressant afin d’attirer de nouveaux citoyens dans la municipalité. L’arrivée de nouvelles familles augmenteraient les revenus de taxes à la municipalité et aussi à la CSCV», ajoute M. Robinson.
Le cas de l’école St-Pie X a aussi aidé la municipalité à prendre sa décision. «Il est anormal que les heures d’utilisation de la salle de l’école St-Pie X continuent de faire partie d’un protocole de partage des infrastructures alors que la cette salle n’est plus utilisée par la municipalité. Il en est de même pour le tennis extérieur qui n’est plus utilisé par les résidents de Papineauville, car il est impraticable depuis plusieurs années à cause du manque d’entretien de la CSCV», souligne M. Blais.
Il précise également que la municipalité fournit et entretient le stationnement de l’ancienne école Ste-Jeanne d’Arc pour les professeurs de l’école St-Pie X, et ce, sans charger de coûts à la CSCV.
D’ailleurs, la CSCV a cédé ce bâtiment à la municipalité pour 1 $ il y a quelques années. «C’était un cadeau empoisonné, car nous avons investi entre 800 000 et 900 000 $ afin de rendre l’édifice conforme, précise M. Blais. C’est la façon de procéder de la CSCV, elle ferme une école, puis se débarrasse de ce bâtiment devenu inutile.»
De son côté, la CSCV est un peu déçue de cette situation. Son président, Alexandre Iracà, pense que la municipalité devrait considérer certains aspects. «Papineauville bénéficie de la plus grosse école sur son territoire. Grâce à cet établissement, beaucoup de personnes travaillent et mangent dans la municipalité, indique-t-il. De plus, des événements comme le cross-country amènent beaucoup de gens dans la municipalité, et donc, des revenus supplémentaires pour les entreprises.»
La CSCV paie 191 456 $ de taxes pour l’école secondaire Louis-Joseph-Papineau et 7 110 $ de taxes pour l’école St-Pie X. «On recevrait ces montants même si la municipalité n’avait pas de centre communautaire ou d’aréna, souligne M. Blais. De plus, on ne reçoit pas davantage d’argent parce que les jeunes proviennent d’un peu partout.»
M. Blais a l’impression que la CSCV ne le comprend pas. «Jamais personne de la direction ne nous a téléphoné, les discussions sont restées seulement au niveau des employés», affirme le maire.
M. Iracà réfute les propos de M. Blais. «Nous sommes toujours ouverts à la discussion. De plus, Papineauville a déchiré unilatéralement le protocole d’entente.»
Fait à noter : la CSCV a donné le terrain du centre communautaire à la municipalité de Papineauville en 1986. Selon M. Blais reconstruire l’aréna et le centre communautaire aujourd’hui coûterait 8 millions $.
Petite précision
Lors du dernier cross-country en automne, il avait été mentionné dans La revue La Petite-Nation que la municipalité avait loué les barricades à l’école. «Il était faux de dire que nous avons exigé des frais de location pour les barricades, les frais demandés étaient salariaux seulement, a précisé M. Blais dans sa tribune libre.
De plus, la municipalité ne pouvait laisser le centre communautaire à la disposition de l’école, car il avait été loué depuis plus d’un an pour la tenue d’une célébration de mariage et de sa soirée.
Anita Lepage
Commentaire mis en ligne le 9 décembre 2008Je suis Daccord avec M. Dansereau, Une petition ou une nanifestation sera peut-etre utile.