Le Radiodon qui nourrit des enfants
Un montant de 170 000$ est récolté
«Quand j'étais jeune, j'avais la latitude de choisir ce que je voulais manger pour déjeuner, mais aujourd'hui, il y a des enfants qui se demandent "Est-ce je vais manger"?»
Cette déclaration fort éloquente du porte-parole outaouais du Radiodon RockDétente, Patrice Bélanger, résume l'objectif recherché par le Club des petits déjeuners du Québec. Il y a encore des enfants qui ne mangent pas à leur faim et dont le déjeuner gratuit qu'ils engloutissent grâce au Club est souvent le plus gros repas de leur journée… Le montant de 170 000$ récolté vendredi lors du 9e Radiodon permettra d'en offrir davantage!
En Outaouais, la situation des 25 clubs (en comptant ceux de la Haute-Gatineau) va passablement bien. Même celui de l'école Notre-Dame, du secteur Gatineau, qui menaçait de fermer ses portes cet été faute de bénévoles. Une nouvelle responsable et une équipe efficace de bénévoles ont permis d'éviter le pire.
«Oui, ça va bien en Outaouais, mais on est encore à la recherche de bénévoles, surtout dans le secteur de Gatineau», indique la directrice générale des Clubs en Outaouais, Marie-Josée Viau. «À Hull, on a tout notre monde, mais on en a toujours besoin quand même! À Buckingham, ça va bien, et dans le Pontiac, il y a trois écoles où on a besoin de plus de bénévoles. Le problème là-bas est que les parents partent tôt pour venir travailler à Gatineau, alors l'idéal serait d'avoir des personnes âgées, des retraités, qui ne savent pas ce qui se passe dans les écoles près de chez eux!» Un nouveau club ouvrira d'ailleurs ses portes bientôt dans une école primaire de Fort-Coulonge.
Parlant d'aînés investis totalement dans la cause, la responsable du club de l'école de la Traversée a remis un chèque de 1400$ lors du Radiodon. Ce montant s'ajoute aux 670 000$ amassés dans les trois dernières années, incluant 2008, notamment grâce aux dons corporatifs nationaux. Marie-Josée Viau admet que des partenaires de cette trempe sont rares dans la région… La récession, la multiplication des causes et des sollicitations, expliquent ce phénomène, selon elle.
Malgré cela, il n'est pas impossible de tomber en amour avec une cause en s'y impliquant, comme Patrice Bélanger pour les petits déjeuners et Marie-Josée Viau pour le cancer du sein et les petits déjeuners. «Moi, j'ai adopté deux petites Chinoises en pensant changer le monde. Je me suis rendue compte que des enfants de ma ville ne mangeaient pas. Au début, je retournais en braillant au bureau, je n'en revenais pas. Quand on ne le vit pas, on ne peut pas comprendre, mais pour certains jeunes, leur déjeuner est leur plus gros repas de la journée», lance Marie-Josée.
L'argent amassé servira donc à redonner de l'espoir à ces enfants. Et des sous, ça en prend, car faire rouler un club des petits déjeuners coûte 15 000$ par année. «Les gens pensent que c'est "big" parce qu'on a une grosse visibilité, mais ça coûte cher un club!»