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Un conte succulent pour les babines!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 22 novembre 2008 à 22:00
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Un conte succulent pour les babines!
Fred Pellerin et Luc Picard ont pratiquement inventé un nouveau genre cinématographique québécois avec Babine, un conte filmé aux images féériques et à la morale pertinente.
Pellerin et Picard ont travaillé ensemble pendant six mois sur ce scénario, aventure durant laquelle sont nés une grande amitié et un film dépaysant. Comme on s'y attendait, l'histoire se déroule dans le village du conteur, Ste-Élie-de-Caxton, matérialisé grâce à la technologie CGI dont le rendu fait croire que le décor a été construit en maquettes. «Si tu m'avais donné un budget de 60 millions $, j'aurais construit le village dans les Alpes françaises et j'aurais tourné pendant huit mois!», ironise Luc Picard. En réalité, le réalisateur, dont le premier fait d'arme, L'Audition, avait charmé le public en 2005, est très fier du résultat de ce conte.

«Le but était d'établir les personnages avant tout. C'était vraiment Ste-Élie-de-Casting!, lance-t-il en riant. Il faut croire aux personnages et à la magie du village. Une fois que ton village existe, tu racontes ton histoire.»

Babine est l'idiot du village, un beau et innocent jeune homme qui sera accusé à tort de l'incendie de l'église et condamné à mort par un curé rétrograde. Le silence des villageois lui causera bien des soucis, mais l'intervention du propriétaire du magasin général, de sa mère la sorcière et d'une curieuse chose qu'on appelle l'amour le sauvera peut-être de son noir destin.

On peut se creuser les méninges pour extirper une morale d'un tel scénario. «Chacun peut y aller de petites morales, mais il y a une métaphore: le Curé Neuf dit essentiellement au village que la fin du monde s'en vient et dit "Je vais vous protéger si vous me donnez Babine". Babine représente l'innocence du village! C'est comme quand la vie nous dit: "Donne-moi ton innocence, sacrifie-moi tes rêves, tes ambitions, en échange de beaux habits, d'une maison…» Réfugiés dans un mutisme encouragé par la peur et le respect de l'Église, les villageois sauront-ils se réveiller à temps?
Un travail d'équipe
Le boulot abattu par le duo Pellerin-Picard aura duré près d'un an. Après avoir été recruté par Alliance pour réaliser ce projet, Luc Picard est allé visiter le vrai village de Ste-Élie-de-Caxton et s'est familiarisé avec l'univers de Fred Pellerin. Ils ont peaufiné le premier scénario du conteur durant une demi-année et le réalisateur a ainsi réussi à s'y coller pour mieux le traduire.
«C'est le monde de Fred imaginé par moi! Je devais me l'approprier pour pas me demander aux deux minutes comment Fred verrait ça. Tu dois mettre ta patte dedans. Ç'a été un beau mariage. J'avais la préoccupation de toujours le respecter. Fred avait aimé L'Audition et c'est un gars facile à vivre; il a été bien élégant de me laisser faire tous ces changements. Et moi, je suis détendu quand je tourne, je ne suis pas compliqué et j'arrive bien planifié.» Onze semaines de pré-production, plus les six mois de travail conjoint, ont été nécessaires afin de préparer les six semaines de tournage. À noter que les spectateurs reconnaîtront des influences évidentes des Américains Tim Burton et Steven Spielberg dans la façon de raconter de l'acteur-réalisateur.
Le casting
Le public reconnaîtra dans la brochette de comédiens de Babine des vieux complices de Luc Picard. Alexis Martin était son premier choix pour endosser la soutane du Curé Neuf. «Ça prenait un comédien capable d'être menaçant et ridicule en même temps; y'a juste Alexis qui peut être comme ça!, laisse-t-il tomber en riant. Il est aussi un auteur et metteur en scène, donc on a eu des discussions sur le scénario.»
Isabel Richer campe quant à elle la sorcière. «Isabel n'est pas juste ma compagne, ça devait être une femme de 40 ans, très belle parce que c'est comme ça qu'elle est décrite dans le conte, très "groundée"», précise Luc Picard, qui endosse le rôle de Toussaint, le protecteur de Babine. «On hésitait entre moi et François Papineau et finalement, c'est moi qui l'a eu.»

Pour le personnage principal, Luc Picard a dû passer des auditions parce qu'il ne connaissait pas assez les jeunes comédiens. Vincent-Guillaume Otis est ainsi ressorti du lot et livre une solide performance dans la peau du simple d'esprit.

Les autres personnages, comme Méo (René-Richard Cyr, fabuleux), le forgeron (Gildor Roy), la mère enceinte depuis vingt ans (Marie Brassard) ou la femme de Toussaint (Marie-Chantale Perron), ont tourné dans la tête de Luc Picard durant deux semaines. S'ils y étaient encore après ce laps de temps, ils avaient la job!
Le film sort en salles le 28 novembre.

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Céline Larouche

Commentaire mis en ligne le 4 décembre 2008
Mon conjoint et moi arrivons de voir le film Babine. Quelle superbe production! Un film qui nous transporte bien loin, hors de la morosité politique qui règne en ce moment. Les images sont magnifiques, le montage absolument fantastique. Quelle lumière émane de ce film québécois que je recommande à tous. Bravo à Fred et à Luc Picard. Une réussite!

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