Le proprio de Cédé Troqué, François Desjardins, et une partie de la cargaison de vinyles qu'il a achetée! (Photo: Patrick Voyer)
Les vinyles sont de retour!
Les vinyles reviennent populaires après quinze ans d'absence, de quoi réjouir les disquaires, les jeunes et les amateurs de table tournante qui trouvent ça cool!
Le proprio des boutiques Cédé Troqué des secteurs Gatineau et Hull, François Desjardins, est envahi par les gros disques noirs depuis qu'il a affiché dans sa vitrine "Achetons vinyles" il y a un mois à peine. «J'ai commencé ma vie musicale avec le vinyle, confie-t-il, mais quand j'ai ouvert en 1994, je m'étais débarrassé de mes disques en les vendant 1$ et 2$ parce que le CD était à la mode. Ça m'écoeure aujourd'hui!», ajoute-t-il en riant.
Le mot se passe depuis quelque temps: les magasins à grande surface recommencent à vendre des tables tournantes (certaines à laser ou avec une prise USB) et certains groupes et artistes offrent une version vinyle de leur dernier album. Les principaux consommateurs? Non, ce ne sont pas les boomers, mais les jeunes!
«Les gens qui viennent me vendre leurs vinyles sont soit juste contents de s'en débarrasser ou sont heureux que quelqu'un d'autre les achète. Et ils sont encore plus contents quand ils savent que ce sont des jeunes, parce que ça leur permet de faire connaître ça à une autre génération. À date, parmi ceux qui m'en ont acheté, personne n'avait en haut de 40 ans. Les boomers s'en sont débarrassé, alors ils se sentiraient un peu niaiseux de les racheter», ironise le proprio.
Selon François Desjardins, le vinyle n'est jamais vraiment disparu, il a seulement quitté les projecteurs. Des DJ et des jeunes ont découvert ce support musical et ont continué de le populariser. Mais voilà qu'il redevient grand public! «Des artistes de l'heure comme Radiohead et White Stripes sortent leur album en vinyle. Et depuis la semaine passée, j'ai commencé à vendre et la demande est forte pour le "classic rock" comme Genesis et Pink Floyd, les Rolling Stones, du jazz et des artistes francophones aussi.» Il a notamment vendu rapidement des Plume Latraverse… et des disques qu'on ne retrouve plus en CD, tels que des vieux Joe Dassin ou des Elvis.
François Desjardins est bien heureux de ce nouvel engouement, même si d'après lui, rien ne prouve que le son du vinyle est meilleur. «Il y a des mythes là-dessus: certains disent que ça sonne mieux, mais ça dépend de la table que tu as, de l'aiguille, de la qualité de ton disque. Tout le monde a raison là-dedans.»
Pourquoi le vinyle?
Le groupe gatinois "J'envoie" a décidé d'utiliser le support vinyle. Et pourquoi? «Je dirais que c'est surtout pour le son, mais aussi parce que nous croyons que le CD est un format désuet. Nous ne sommes pas encore rendus au point où nous ne produisons plus de CDs, mais ça s'en vient. Si on sort un vinyle, ceux qui aiment s'assoir et écouter un album peuvent le faire et avoir un objet spécial en leur possession. Pour ceux qui veulent juste écouter l'album dans leur auto, au travail, etc., nous fournissons des mp3», répond Patrick Sénécal. Pour lui, le vinyle n'a jamais été "out", en tout cas pas chez les membres de la formation; chacun en possède et en écoute.