L'étudiante à la maîtrise et spécialiste de l'étalement urbain, Véronique Martin, et le directeur de la Coopérative de développement régional Outaouais /Laurentides, Patrick Duguay. (Photo: Patrick Voyer)
Comment harmoniser l'étalement urbain dans Papineau?
Un des phénomènes les plus difficiles à contrôler dans la circonscription de Papineau depuis quelques années est sans contredis l'étalement urbain.
Un député provincial proactif devrait en premier s'attarder à réunir les décideurs du territoire autour d'un projet de développement commun, croient le directeur de la Coopérative de développement régional Outaouais /Laurentides, Patrick Duguay, et l'étudiante à la maîtrise et spécialiste de l'étalement urbain, Véronique Martin. Semblerait-il que présentement, les 24 municipalités de Papineau ne se parlent pas assez et ne mettent pas leurs idées et réalisations en commun…
«Il faut aller chercher une cohésion, mobiliser les citoyens autour d'un projet collectif. Papineau est plein de beautés, de milieux agricoles… Il faut planifier la croissance démographique, car c'est pas vrai qu'une municipalité comme Ripon va doubler sans qu'il y ait de conséquences. Alors, il faut s'arrêter et se demander quel genre de vie on veut offrir à la population», lance Patrick Duguay, en ajoutant que la situation risque d'être pire avec le prolongement de l'autoroute 50.
Véronique Martin décrit l'étalement urbain comme une «urbanisation diffuse et discontinuée, sans cohérence ni planification, souvent associée à un développement chaotique et anarchique». Selon elle, il y a des initiatives éclatées sur le territoire qui ne servent qu'à éviter les conflits et à contenter tout le monde au lieu de les lier.
Patrick Duguay, lui, voit les choses plus platoniquement: «Moi, ma définition de l'étalement urbain, c'est un développement décidé par des promoteurs, tranche-t-il. Est-ce vraiment le visage qu'on veut se donner? Surtout que c'est tellement important dans Papineau, car les paysages de Papineau est ce qu'il y a de plus beau au Québec!»
Les effets de l'étalement, ou la mode des villégiateurs de vouloir urbaniser la campagne sur une base temporaire et permanente, sont multiples: «Ça crée de la ségrégation spatiale entre les différentes classes de la population (augmentation du prix des terrains) et ce qu'on remarque, c'est qu'il n'y a pas de pôle central en périphérie des grandes villes, pas de municipalités de plus de 5000 habitants. Ça attise la concurrence entre les municipalités.»
L'étalement entraîne aussi des demandes coûteuses au niveau des services de base. Patrick Duguay imagine un jeune retraité qui décide de s'établir au bord d'un lac en désirant la paix de la campagne et les services de la ville… «Ça manque de mixité! C'est toujours le même problème qu'on a: on veut transformer la campagne en ville et quand ça va être fait, les gens vont être déçus; ils vont dire que Thurso ressemble à Masson-Angers…»
Véronique Martin et Patrick Duguay sont donc persuadés qu'un bon député tentera d'impliquer tous les élus de Papineau dans la recherche d'une vision unique, malgré leurs couleurs particulières. «Il faut développer un leadership et développer des outils, identifier la vocation clairement; agricole, résidentielle, commerciale ou institutionnelle pour ne pas avoir d'établissement sauvage sur le territoire», conclut Véronique Martin, en songeant notamment à l'avenue Lépine dans le secteur de Buckingham.