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QI de .08

Stéphane Hébert par Stéphane Hébert
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Article mis en ligne le 18 décembre 2008 à 8:15
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QI de .08
Coup de fil d'une amie urgentologue hier soir qui me raconte que dans la seule nuit de samedi dernier, elle a traité cinq individus grièvement blessés, tous impliqués dans des accidents causés par... l'alcool au volant.
J’allais vous offrir ce petit menu vins du temps des Fêtes que je vous avais ludiquement concocté. Mais consterné — une fois de plus — par la bêtise humaine, je me sens dans l’obligation de consacrer ma dernière chronique de l’année 2008 à cette calamité qu’est l’ivresse au volant. Car malgré vingt-cinq années de sensibilisation bien soutenue de la part de Nez rouge et en dépit de nombreuses campagnes publicitaires SAAQ percutantes, parfois sanglantes, s’en trouve encore — alcolos ou idiots ou les deux, c’est selon — qui n’ont rien compris.

On connaît la chanson

Vendredi soir détente, 22h00. On sonne à ma porte. J'ouvre. Rencontrée par hasard quelques semaines auparavant, cette beauté divine qui a décidé de me faire cadeau d’une visite impromptue. En moins de deux, je constate qu'elle est quelque peu éméchée. Propositions indécentes langoureusement elle me lance, plutôt tentant dois-je avouer, mais compte tenu de son état, je décline. L'alcool et le cul, pas mon truc ! Devant ce cuisant revers, l'égo féminin meurtri, tout de go elle décide de quitter, clé de voiture en main. Hors de question que vous conduisiez jolie Dame ! « Chus capable de conzuire, y'en a pas de pro Hic ! blème, sus habituée tsé... z'ai zuste bu 2 ou 3 verres... ». Oui oui, on connaît la chanson. S'en suivra une argumentation interminable. Devant l’évidence, aux grands maux les grands moyens. Profitant de son étiolement psychomoteur, c'est sans difficulté que subtilement je confisquerai ses clés. Récupération de votre bagnole demain Mademoiselle. Taxi s'il vous plaît. Ciao Bella !

Il ne s’agit pas ici d’une situation survenue dans les années 70 alors que conduire avec une grosse molle entre les jambes était socialement accepté voire profondément ancré dans notre culture. Non. On parle d’octobre dernier... 2008 ! Houston, Houston, vous me recevez ?

Facile d’intervenir avec succès lorsque devant soi, bourré, beauf, cousin, sœur, voisin, collègue de travail. Mais que faire lorsque, attablé dans un resto par exemple, vous constatez que des inconnus, tantôt éméchés tantôt complètement ronds, quittent l’établissement, sautent dans leurs bagnoles et vroum, « business as usual » ?

Je me suis déjà interposé par le passé, en deux occasions. La première fois, j’ai mangé toute une raclée, la seconde, j’ai composé le 911... Messieurs les agents de police sont arrivés 90 minutes plus tard... y’avait plus urgent m’a-t-on dit (plus aisé semble-t-il d’arrêter un député pompette nouvellement élu qui aux p’tites heures du matin prend ses courriels dans sa voiture... garée. Mais ça, c’est une autre histoire...).

Vas-y, fonce mon vieux !

Pas de pitié pour ces ignares, laissons-les simplement se zigouiller au volant. Pif ! Paf ! Goodbye et bon débarras ! Mais cette espèce, loin d’être en voie d’extinction, semble trop souvent s’en tirer à bon compte, comme si ces êtres avaient une médaille de Saint-Christophe ou de Saint-Jude collée au cul... Y’a un bon Dieu même pour les cons dit-on (trouvez pas un peu louche qu’après son presque trois- millième « rebirth », le p’tit Jésus ne soit toujours pas en mesure de faire distinction entre sensés et abrutis ?... j’enquête et vous reviens là-dessus). Un problème toutefois demeure : lorsqu’un jour, ces scélérats frapperont leur Waterloo, ils causeront souvent des dommages collatéraux dont seront peut-être victimes votre époux, vos enfants, votre meilleur ami. Rien à faire, la vie, la vie...

Afin de tenter de prévenir le pire, Éduc’alcool lancait en avril dernier le « Planificateur de soirée », un outil de calcul du taux d’alcoolémie disponible sur le site Web www.educalcool.qc.ca. Vous y entrez votre genre, votre poids, le nombre et le type de consommations prévues à l’apéro, en entrée, au plat principal et au digestif, de même que le temps que vous comptez consacrer à ce joyeux festin.

Une fois les données saisies, le bidule vous indiquera votre éventuel taux d’alcoolémie et vous signalera si vous serez en mesure de conduire une fois les célébrations terminées. Sinon, ayez recours à un taxi, un conducteur désigné ou simplement à Nez rouge pour vous raccompagner.



Meilleurs vœux !

Je vous souhaite de superbes fêtes de fin d’année. Du bonheur plein les yeux, plein la gueule ! Et surtout, mangez bien, buvez bon, buvez grand ! De retour le 19 janvier prochain, à mon plus grand plaisir, que je souhaite toujours et encore partagé.
RECOMMANDATION DE LA SEMAINE
Relecture du texte ci-haut, deux fois plutôt qu’une, juste au cas où... Par la suite, ouvrez votre plus grande bouteille en cave, partagez, régalez-vous, célébrez. Et toute la soirée durant, répétez autant de fois qu’il le faut « La modération a bien meilleur goût... La modération a bien meilleur goût... La modération a bien meilleur goût... ». Vous saurez m’en remercier au réveil le lendemain. Ah oui... deux Aspirine avant l’agape et un verre d’eau pour chaque verre de vin bu. Voilà !

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