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De la parole aux actes
Maintenant que GM et Chrysler ont obtenu l’équivalent de 25 milliards de dollars canadien (21 US et 4 Canadien) pour survivre quelques mois avant d’entamer de véritables négociations avec le nouveau président élu Barack O’Bama, il faut maintenant s’entendre avec toutes les parties prenantes dans un temps record, un énorme défi.
Le président Bush et le Premier ministre Harper ont été clairs dans leur énoncé. Les montants d’argent représentent un prêt remboursable. GM et Chrysler ont jusqu’au 31 mars 2009 pour démontrer des gestes qui prouvent leur viabilité à long terme. Il est aussi clair que tout le monde devra mettre l’épaule à la roue. En clair cela veut dire que GM qui a déjà annoncé qu’elle veut se départir de trois ou quatre divisions automobiles devra choisir qui de Buick, Cadillac, Chevrolet, GMC, Hummer, Pontiac, Saab ou Saturn va disparaître. GM possède également plus de 12 000 concessions automobiles aux Etats-Unis et un peu plus de 1 200 au Canada. Il faudra faire disparaître jusqu’à la moitié de ses concessions, une grosse commande en trois mois. Et je n’ai pas encore parlé des syndicats qui ont démontré des signes de collaboration aux Etats-Unis, mais se sont demeurés inflexibles au Canada. Le gouvernement Bush a spécifiquement demandé à ce que le salaire des travailleurs membres des UAW aux États-Unis soit à parité avec les autres travailleurs de l’industrie d’ici la fin de 2009.
Si ces objectifs ne sont pas atteints d’ici le 31 mars, les gouvernements Américains et Canadien vont simplement demander un remboursement de leur prêt et placer les compagnies sous la protection de la loi sur les faillites. Ils devront se débrouiller eux-mêmes. Bien des analystes regardent cette situation avec pessimisme. Comment GM et Chrysler qui n’ont jamais réussi à faire le ménage en plus de trente ans arriveront ont-ils à le faire en trois mois. Des chiffres récents divulgués par le Wall Street Journal démontraient que les chances de réussite en utilisant des prêtes gouvernementaux étaient de l’ordre de 25%. Par contre, en plaçant les compagnies sous la protection du chapitre 11 et en assurant un apport en capital, les chances de réussite passe è 70%. Ce prêt n’est donc pas la fin d’un cauchemar, mais le début d’un marathon de négociations qui promet d’être parsemé d’embûches.
La menace d’une faillite peut être un puissant incitatif
Même si les chances de trouver un terrain d’entente avec toutes les parties impliquées semble bien mince, le spectre de la faillite qui plane au-dessus de toutes les têtes risque d’avoir un effet positif. Les cadres et les employés DOIVENT ABSOLUMENT en venir à une entente. Dans le cas contraire, des décisions seront prises par un syndic, des créanciers et un juge et ce sans consulter qui que ce soit. Pire, une faillite ferait tout perdre. Bien sûr, il y a fort à parier que la nouvelle administration O’Bama sera plus compréhensive et révisera certainement certaines clauses de l’entente qui favorisera les syndicats ami des démocrates. Mais les grandes lignes ne changeront pas. L’argent des citoyens canadiens ou américains doit servir à faire un grand ménage.
Une dernière chance
Les syndicats ont, depuis le milieu des années 70, toujours obtenu le gros bout du bâton. La partie patronale préférant la paix sociale et des employés productif à d’éternel conflit. Trente ans plus tard, le grand patron de GM, Rick Wagoner nous promet de réinventer la compagnie, rien que ça. Il parle même de la plus belle remise sur pied dans l’histoire de l’Amérique. Monsieur Wagoner, vous avez trois mois pour passer de la parole aux actes. Plus d’excuses plus de dénie et de mauvaises habitudes.
Est-ce que l’opération va réussir, les paris sont ouverts.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2009. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedis à 11 :00 sur les ondes du 98,5 FM de Montréal et le réseau Corus Québec ou via internet au
www.985fm.ca
Michel Trahan
Commentaire mis en ligne le 6 janvier 2009Est-ce que ces milliards de dollars vont changer quelque chose? J’ai bien peur que non, le problème des 3 géants américain de l’automobile n’est pas qu’ils manquent d’argent mais plutôt qu’ils produisent des automobiles que personne ne veut acheter...