Quelques élèves du Conservatoire de Gatineau.
Un hommage aux conservatoires savamment orchestré!
Télé-Québec présente les 19, 20 et 22 janvier le documentaire Classes de Maîtres, un hommage du réalisateur Luc Bourdon dédié à ces hommes et femmes dont la vie a été transformée, artistiquement parlant, par les conservatoires.
Depuis la fondation du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec par Wilfrid Pelletier en 1942, des milliers d'artistes et musiciens sont sortis d'une des institutions du Réseau québécois des conservatoires de musique et d’art dramatique. Luc Bourdon a traversé sans peine la frontière psychologique posée devant ces bâtiments et est allé filmer les élèves et profs passionnés de musique des quatre coins de la province.
«J'avais le mandat de faire un portrait des conservatoires, d'illustrer ce qui s'y déroule. Et ce n'était pas un mandat facile, parce qu'il y a neuf institutions (sept de musique et deux d'arts dramatiques) dans sept villes. Mais j'ai pris le parti de les couvrir tous», explique Luc Bourdon, qui s'est donc promené à Gatineau, Val-d'Or Montréal, Trois-Rivières, Québec, Rimouski et Saguenay. La raison? Ne pas "montréaliser" le sujet!
La plupart des gens crient à l'austérité dès qu'ils entendent ce mot, «conservatoire», croit Luc Bourdon. «Notre perception est que l'institution est là depuis une éternité, probablement à cause que c'est près de la culture classique et que c'est d'influence européenne. Mais est-ce austère? Non, je n'ai pas rencontré une once d'austérité, ils sont très ouverts, accueillants, on ne se sent pas diminué du tout. Partout où on allait, c'était comme ça, ils nous ouvraient leurs portes», précise-t-il.
Une énergie unique flotte dans l'air des conservatoires et est d'ailleurs palpable dans le documentaire. «Un homme comme M. Léveillé (Yves, le chef de l'Orchestre symphonique de Gatineau et professeur de clarinette au Conservatoire de Gatineau), est extraordinaire, il n'arrête pas! C'est là qu'on peut parler de dévotion.»
Que ce soit du côté des enfants, des ados, des adultes, des aînés, des profs, les valeurs acquises et véhiculées sont des outils nécessaires au développement global des individus. Et l'avantage du Réseau est que l'enseignement de base est identique, que l'on soit n'importe où au Québec. Il y a bien des spécialités propres à chacun, mais un élève montréalais ne sera pas pénalisé par rapport à un jeune Abitibien.
«Par exemple, un maître de guitare comme Paul Roux, à Gatineau, a étudié avec un maître de Montréal et a collaboré avec le Conservatoire de Québec. Ils se connaissent ces gens-là, ils sont dans un réseau, ils se partagent les spectacles. Ils ont le partage facile, ça fait partie de leur métier, comme vivre dans leurs valises et se retourner sur un 30 sous!», lance le réalisateur.
Luc Bourdon a été frappé de constater comment les élèves étaient concentrés et matures, même en bas âge. «C'est formateur, ça les aide pour l'estime de soi. Donc, à l'adolescence, ils vivent moins cette problématique, ils sont "groundés" en bon québécois. Pour eux, c'est gratifiant de faire partie d'un orchestre, c'est un accomplissement.» Luc Bourdon a aussi remarqué que les musiciens et profs plus âgés étaient des modèles pour eux.
«J'ai pensé à mes deux enfants tout au long du tournage, car je voyais les efforts déployés par ces jeunes disciplinés. Ils doivent souvent sortir de leur cercle d'amis, se retrancher, parfois durant l'été, pour pratiquer leur instrument. C'est du sacrifice!»
Le documentaire est diffusé à Télé-Québec le lundi 19 janvier, à 21h (en rediffusion les 20 janvier à 13h et 22 janvier à minuit.)