Lorsque les arbres se dénudent, les charognards n'ont plus de couvertures. Attention de vous faire foncer dessus... (Photo:Patrick Voyer)
Attention, la déprime s'en vient...
Novembre, cet ennemi invisible
Je vous en prie, essayez de ne pas sombrer dans la dépression automnale de novembre, car vous n'aurez rien inventé d'original, sinon le fait de vous parodier.
La Journée internationale du suicide n'a pas lieu le 10 septembre pour rien; on nous répète que mourir n'est pas la meilleure solution afin d'améliorer son existence. Je suis certain que plusieurs d'entre vous ne s'en rappelaient pas, obnubilés que vous êtes par le suspense qui prévaut à Loft Story. «Qui se fera saprer dehors la semaine prochaine?»
Le 10 septembre donc, une date ronde certes, mais qui se pointe surtout 51 jours avant la barrière psychologique de novembre. Y vente plus fort en novembre, y fait plus frette, y neige pas dru mais mouilleux en novembre, les bretelles ne nous pètent pas sur le corps en novembre, on n'a pas le goût de se déguiser en Galoche le Clown en novembre. Vous vous souvenez d'une chanson célèbre qui mentionne les joies de novembre? Pas moi. Et ça ne me tente pas de chercher, on est en novembre, j'ai pas juste ça à faire, je dois me garder des forces pour rager contre le dedans de mon habitacle froid jusqu'à ce que la chaufferette chauffe enfin lorsque je suis arrivé à la maison. Lâchez-moi.
Très sérieusement, ne vous balancez pas du haut du 106e. Je ne vous dirai pas d'attendre à décembre, car vous manqueriez la magie des Fêtes -malgré que celle-ci nous happe de plein de fouet au milieu novembre, capitalisme oblige. ÇA, c'est de la belle huile bien bouillie jetée sur le feu.
Ce serait trop facile de se balancer dans le vide et ainsi tout balancer. La vie vaut plus que le suicide... Bon ça y est, je prêche la bonne nouvelle... Mais vous me voyez venir, c'est-ce pas? Eh oui, je vous conseille seulement de déjouer les tendances dépressionnaires et d'imaginer un soleil dans le ciel quand la grisaille est reine. Pas compliqué ça, remplacez vos fausses joies d'amateur de sudoku par de la vraie joie bien fraîche de fanatique de sushi.
C'est la seule échappatoire à cette tempête de cochonneries qui tournoie. Novembre est un peu le mois de février de l'automne; non seulement s'en passerait-on, mais il est froid et humide. Alors, réchauffez-vous les fesses et le coeur en cultivant des valeurs qui vous feront du bien. Soyez courtois, polis, généreux, aimables... Vous avez remarqué comme les qualités se ressemblent? Pas mal plus que les défauts en tout cas. Ah, n'entrons pas là-dedans, y'a assez de novembre qui nous pend au nez. Oui, novembre peut s'égoutter aussi... Sniff.
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Je parlais de courtoisie plus haut. En novembre, essayez-la cette bonne vieille grand-maman soyeuse qu'est la courtoisie, car vous en aurez besoin pour ne pas vous arracher les yeux. Vous ne vous souvenez plus de ce qu'est la courtoisie, vous êtes trop repliés sur vous-mêmes? Facile: c'est l'art de rendre service en un tournemain. Pas besoin d'envoyer vos vieilles guenilles puant le garde-robe de cèdre en Afrique, faites juste céder le passage aux piétons ou aux autres automobilistes et on vous achalera plus. Mais faites-le au moins une fois par jour, c'est de la vitamine C. C pour courtoisie, vous avez saisi.
Car si vous agissez en couillons et couillonnes typiques de novembre, vous injecterez votre venin chez des proies faciles qui n'attendent qu'une manifestation de colère, d'égoïsme pour péter les plombs. Et là, préparez-vous à ouïre (ça existe, ça?) la maudite rengaine à propos de novembre; que s'ils poignent les nerfs, c'est à cause de ce damné mois et de ses sbires qui tombent de partout comme les feuilles rebelles qui résistaient encore au venteux envahisseur avant l'ultimatum novembrien. C'est jamais de leur faute. Enfin, dans ce cas, je dois prendre leur défense. Novembre étant ce qu'il est, pas besoin de rajouter du jalapeÑo dans les Nachos. Merci. Utilisez du Tabasco pour les faire taire. Il vont souffrir, pas en silence, mais ils ne la ramèneront plus.
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Dernier petit point pas trop important minime poche avant de vous quitter. Je me posais simplement une question l'autre jour, c'est-à-dire hier, avant-hier, avant-avant-hier et le samedi d'avant trois semaines: que deviendrait RDS sans le Canadien de Montréal? Si vous obtenez la bonne réponse, car il n'y en a qu'une seule, on ne commencera pas à débattre de l'évidence du nez dans le milieu de la face, vous gagnez... le Prix de la Logique Extrême, récompense dont le prestige est équivalent au Prix Nobel, pas de Nobel. Juste ça.
Un indice? La clé de cette énigme en trois mots débute par Pas et finit par chose. Trouvez le terme du milieu et vous obtiendrez mon respect absolu jusqu'à ce que la déprime de novembre, dont la teneur en mystère pourrait être comparée à la courtoisie d'Alex Kovalev, vienne mortellement me frapper. Si ça se produit, on s'entend.