Un spectacle essoufflant de rire!
Les rires jaillissent au même rythme que la sueur des comédiens qui se trouvent sur la scène du Théâtre de l’Île ces temps-ci. C’est que dans la pièce En pleine forme, les personnages suent à grosse goutte au gym tandis que les spectateurs rient de leurs malheurs, de leurs bons coups et de leurs traits de caractères caricaturaux mais tout de même fort réalistes !
Une anorexique qui compte les calories en espérant perdre le muffin qu’elle s’est permis sur un coup de tête, un entraîneur trop sympathique au goût de son patron et une petite dame dans la cinquantaine professionnelle de piano, bingo, tricot. Tous trois se rencontrent dans une salle d’entraînement au début de la pièce.
Viendront se greffer à eux des personnages plus colorés, et énergiques, les uns que les autres. Étrangement, au grand plaisir des spectateurs toutefois, tous les comédiens, sans exception, semblent avoir le profil idéal de l’emploi. À croire que lorsque Nancy Langlois (Kim) n’est pas sur les planches, elle donne des cours d’aérobie! Et que Gaston Robitaille (Marcel) a une grande soif de sociabilité, tandis que Marc Tremblay (Gaston) est un fonctionnaire doublement blasé qui n’a simplement aucune motivation pour l’entraînement!
Des rôles calqués sur mesure ou des comédiens de grand talent qui font d’En pleine forme une pièce qu’il fait bon voir. Le propos est léger, certes, mais certaines réalités y sont tout de même dépeintes. Le personnage de Kirha Garneau, Zoé, en dira d’ailleurs long sur la situation de l’éducation au Québec. La réforme n’est certes pas la bienvenue dans la bouche de cette jeune ado gothique. On ne s’étend pas sur le sujet, mais une seule phrase bien placée suffit pour que le message face son chemin.
La mise en scène, signée Kira Ehlers, ne laisse aucun temps mort. Aussi énergiques que les gens qui fréquentent le gym, les tableaux se succèdent sans répit. Un décor soigneusement installé, alors que quelques appareils, une aire de repos et une salle de musculation se côtoient. Les appareils sont juste assez nombreux pour qu’on y croit, juste assez modéré pour que les comédiens puissent occuper pleinement la scène.
Dans cet univers où le rire est au rendez-vous et où les onze comédiens et comédiennes ont pris d’assaut leur personnage, on se sent très loin du théâtre communautaire. Et c’est tant mieux.
Jusqu’au 9 décembre prochain, au Théâtre de l’Île.