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La renaissance d’un classique, cuisson maximum…

Première de «Silence en coulisses» à la Nouvelle Scène

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 8 novembre 2006 à 1:02
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La renaissance d’un classique, cuisson maximum…
Chanda Legroulx, Nathaly Charrette et Benjamin Gaillard en pleine action...
La renaissance d’un classique, cuisson maximum…
Première de «Silence en coulisses» à la Nouvelle Scène
Jouée mille fois à travers le monde depuis sa ponte par Michael Frayn en 1982, même au cinéma en 1992, Silence en coulisses est la preuve que le ridicule peut tuer… mais aussi ressusciter.
Ce festival de cabotinage et de gags à la Blake Edwards fait un arrêt à la Nouvelle Scène, qui, pour l’occasion, se métamorphose en un cirque fort coloré. Rafraîchissant et bon choix de la directrice artistique du Trillium! C’est justement elle, Sylvie Dufour, qui a chaussé les souliers du maître d’orchestre pour aligner huit comédiens et les rendre désopilants.

Bien que le scénario tripartite ne soit qu’un épais voile de fumée pour absorber les contagieux rires, il fait bon se laisser fondre dans ce volcan. Et les éruptions soudaines sont monnaie courante, ne détournez pas le cil d’un poil…

L’équipe se meut à un rythme suant dans un décor splendide digne des comédies de situation.

Silence en coulisses est un «show de portes» placardé de voyeurisme et de folie furieuse. On assiste en premier acte à la «générale» décousue d’une pièce, en deuxième aux réalités parfois grossières et embêtantes des coulisses et au final, à la somme cacophonique et désordonnée des deux crimes précédents!

Pas trop de répit ici, ne mâchez pas de gomme, vous allez vous fracasser les gencives. La traduction très libre et très comique de Josée La Bossière est longue, très longue, de sorte que l’acte initial est quelque peu bizarre; on a l’impression que la troupe cherche son chemin en jetant d’hilarants bouts de pain ça et là.

C’est lorsque les deux par quatre opèrent une rotation et que l’œil avide du public traverse l’interdit pour se glisser en coulisses, que la fausse impression déjà citée se révèle. Coup de théâtre!, diront les incrédules.

Et c’est à la fin que l’on comprend deux choses: que l’auteur Michael Frayn était sans doute un petit peu maboul et que le bande de Sylvie Dufour a dû se fendre en quatre pour rendre justice à ce bric-à-brac, cet enchevêtrement de cascades, de clichés pardonnés, de répliques mariant habilement le français et le Québécois (attention, la grosse différence…), cet enchaînement infernal de claquements de porte et de plats de sardines…

Comme un capharnaüm rigolo injecte de l’adrénaline au spectateur, on oublie que l’inégalité des rôles est chose normale et qu’il est impossible d’être aussi dingue que le créateur l’était, assis dans son sofa à rire d’avance des perroquets.

Chapeau à Richard Bénard, Nathaly Charrette, Benjamin Gaillard, Stéphane Guertin, Geneviève Lefebvre, Chanda Legroulx, Stéphanie Kym Tougas, Marc Marans et Gilles Provost, qui sont tous mémorables dans leur enveloppe possédée par le démon du rire. Leur nuque détrempée témoigne de ce que peut être le théâtre quand il est poussé à l’extrême.

Gageons qu’un petit coup de ciseau dans la feuille de route leur aurait épargné dix minutes de séchage de chemise après la représentation…
À ne pas manquer à la Nouvelle Scène jusqu’au 18 novembre.

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