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Gatineau est une ville de Smarties

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 17 novembre 2006 à 15:52
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Gatineau est une ville de Smarties
C'est bon des Smarties, autant que ça demeure des bonbons et non un phénomène démagogique! (Photo:Patrick Voyer)
Gatineau est une ville de Smarties
Selon des chiffres officiels, près de 75% de le population de Gatineau ne serait pas originaire de la place. Ce qui, mes amis, est un melting pot plus que déstabilisant, quasiment autant que le boulevard Bobino.
C'est pas que le fait que de ne pas être un Outaouais pure laine est un désavantage, au contraire, mais on ne doit pas se surprendre que la réputation de la région urbaine Gatineau-Ottawa soit spéciale. Vous savez de quoi je cause, pas besoin de m'étendre, il est trop tôt.

Vous connaissez les célèbres Smarties, ces jetons d'Othello multicolores chocolatés. Ils représentent assez fidèlement la réalité démographique actuelle. Ah, SVP, n'accusez pas les friandises de racistes, elles ne sont que des produits de l'imagination et de la machination de quelque friand. Abordons plutôt la question d'un angle pratique et logique: si Gatineau est une terre d'adoption pour les travailleurs de partout, ne nous surprenons pas que les influences et philosophies soient diverses. Allo P'tit Montréal!

Et ça ne fait que commencer. La population a augmenté de 49% depuis 30 ans et on prévoit qu'elle augmentera de 24 000 paires de fesses d'ici 2041. Surpris? Vous le serez sûrement moins en sachant que cette escalade ne sera nullement amputable à une soudaine prise de conscience des Gatinois de souche. Non, elle découlera surtout de la procréation et la venue (ce qui équivaut au même) des immigrants locaux et internationaux. Main-d'œuvre et «pas de job en région éloignée» oblige. Ça, ce sont les faits. Qu'en est-il des conséquences sur le tissu social, c'est-à-dire le croustillant de la chip?

Eh ben, la ville va continuer, à l'instar des grands centres, d'essayer de s'inventer une identité. Les nouvelles abeilles vont tenter de trouver des raisons, autres que le Parc de la Gatineau et la Maison de la culture, d'être fiers de provenir du «quartier d'Ottawa», comme disent les cyniques ayant trop consommé de Molson Canadian. Pas évident de tomber en amour avec un coin de pays au point de renier ses racines. Demandez cela à un Abitibien ou un Saguenéen voir! Vous me direz que c'est normal… et moi je vous répondrai que c'est aussi le cas pour les Gatinois, mais pas à cette échelle.

Les cerveaux sociaux et économiques de Gatineau ne pourraient dire le contraire. Ils savent que les citoyens vantent les mérites de la région lorsqu'ils repartent dans leur famille durant les longs congés, mais ils ne sont pas dupes: personne va jouer les Belinda Stronach. Les Mauriçois, Lanaudois et Beaucerons vont garder leur plan de match. Et c'est super comme ça. Reste que pour Gatineau… ça aide pas à instaurer une vision commune et globale qui nous ferait sauver du temps dans les projets cruciaux. Non, avant de se dépêtrer dans ce labyrinthe, il faut démêler les fils. Et merde qu'il y en a.

On ne peut rester de marbre glacé devant de telles infos. Elles nous font allumer sur les blessures que doivent soigner les «régions aéroport», celles d'où les gens décollent en masse. Leur verre devient à demi vide, alors que celui des patelins d'adoption est à moitié plein.

Or, les régions fournisseuses de chair conservent leur vision commune en pleurant les disparus, alors que les cellules hôtes doivent jongler avec des balles de couleurs variées. Ce n'est certes pas une sinécure, elles profitent d'une panoplie de richesses! Cependant, là où ça traîne, c'est lorsque ces influences ne circulent pas dans la même direction. C'est exactement ce que Gatineau vit en ce moment, en multipliant les cas fâcheux du «pas dans ma cour». L'ouverture et le partage sont deux concepts dont la définition doit être revue. Et, si c'est humainement possible, avant que les routes regorgent. À moins que le Rapibus vienne révolutionner les habitudes de transport!

***

Comment ne pas se réjouir d'un fin de chronique dédiée à ma cible préférée: le Tricolore?! Le soleil de la Floride semble avoir trop frappé; une victoire, une défaite sur le sol des orangeraies, après une brassée de linge sale à Toronto. Ouch, je connais malgré moi les aléas de nos Glorieux. Ça doit être parce que les supposés tronches québécoises ne parlent que de ça. On déblatère tant sur peu parfois, qu'on oublie le goût des légumes nature. Une chance que Jacques Demers se fait agacer par ses collègues une fois de temps en temps en se faisant demander quand il participera à l'émission animée par un inimitable frais chier, Des chiffres et des lettres. Ça met du piquant dans le Clamato fade… Imaginez une saison constituée seulement de «Quossé qui se passe?», «Quissé qu'on clisse dewors pour que ça marche c't'équipe là?», «Sont-tu assez bons ces mauvais-là?!»… J'ose même pas y penser, je ne serais qu'un os dont les chiens raffolent goulûment, évachés sur leur tapis en paille.

Avant de vous quitter, vous saviez que l'Institut de cardiologie de Montréal avait mis au point une nouvelle technologie, n'ayant déjà pas assez de pain sur la planche en vue du départ à la retraite de 345 milliards de Boomers? Oui, et c'est pas mal solide, comme du marbre glacé. Il s'agit d'un fusil à l'encre, sensiblement identique à celui des tatoueurs, qui permet au chirurgien d'immortaliser le logo du CH sur vos oreillettes. Si vous trouvez comme moi que ce n'est pas une gaspille et que ce n'est pas virer complètement timbré, votre rêve se matérialisera. Dorénavant, l'expression légendaire avoir le CH tatoué sur le cœur sera vraie, pas juste un mouvement de suiveux. C'est vrai, qui n'a jamais feint d'être fan de quelque chose pour pas paraître niaiseux? Regardez W Bush et la paix en Irak ainsi que les caoutchouteuses et rigolotes Têtes à claques

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