L'achat chez-nous ! Mais... les emplois ailleurs.
C'est avec un énorme pincement au cœur que j'ai lu dans le journal La Petite-Nation, l'article du directeur général de la Chambre de commerce Vallée de la Petite-Nation, Monsieur Raymond Ménard, qui traite de l'achat chez-nous.
Comment le directeur général de la Chambre de commerce peut-il parler de développement et d'encouragement local quand lui-même, en tant que président du Centre de Santé Papineau, encourage le glissement de dizaines de milliers voire même de millions de dollars vers la grande ville ?
Il faut se rappeler que le Centre de Santé Papineau est issu de l'intégration des établissements de la Petite-Nation aux établissements de la grande ville de Gatineau et cela, malgré le désaccord unanime des gens de la Petite-Nation.
En acceptant, la disparition du siège social de nos services sociaux sanitaires de la Petite-Nation, en acceptant que la population de la MRC Papineau soit privée de son autonomie de décision, on a accepté que des fonds qui devaient servir à développer des services à notre population serviront maintenant à combler les déficits de l'hôpital. C'est toute l'économie locale qui est affectée, moins de monde dans les restaurants le midi, moins d'achats dans nos quincailleries, moins de clientèle professionnelle passagère (vérificateurs, consultants et autres) dans nos hôtels et surtout, le départ de dizaines de postes cadres et de personnel de soutien à l'administration qui ont quitté ou qui quitteront pour s'installer le plus près possible de leur travail. Il est pourtant facile de comprendre que quelque soit le domaine, si nos emplois quittent notre région, l'achat chez-nous sera de plus en plus difficile.
Je crois que la Chambre de commerce Vallée de la Petite-Nation joue très bien son rôle en faisant la promotion de l'achat chez-nous, toutefois elle doit le faire avec crédibilité et la crédibilité passe par l'exemple. Peut-on parler de l'impact de la différence de prix d'un contenant de peinture et en même temps, ne pas dénoncer et rester indifférent au phénomène qui a été le plus dommageable à l'économie locale soit, la disparition du siège social de notre CLSC-CHSLD
Du côté de l'éducation, un autre danger semble nous guetter, celui du redécoupage de la carte électorale qui prévoit enlever deux commissaires dans le secteur rural et en particulier dans le secteur est du territoire. Qu'adviendra-t-il de nos écoles de village ? Le directeur général de la Chambre de commerce qui est aussi commissaire à la Commission scolaire Au Cœur-des-Vallées va-t-il prendre position, passer de la parole aux actes comme il le dit si bien ?
Oui, la Chambre de commerce Vallée de la Petite-Nation doit s'impliquer afin de conserver et de développer notre milieu rural qui est menacé actuellement par des volontés politiques de tout centraliser dans les grandes villes. Oui, elle doit supporter et encourager nos marchands et entrepreneurs locaux. Pour cela, elle doit se doter d'outils afin que le médium utilisé soit crédible.
André Dupuis
Collectif Vigilance Petite-Nation