Le Boxing Day nous rend KO!
Boxez vos neurones et votre porte-feuille
Le Boxing Day revient à chaque année pour nous rappeler que le monde est gommé de consommation excessive, ce qui le transforme en fauve qui fait la file pour se procurer des produits dont il pourrait bien se passer.
Ah, et oui, le BD (pas pour bande-dessinée, vous savez, être dépensier sans s’en rendre compte n’est pas un conte de fée) revient s’échouer comme une grosse baleine ahurie sur les côtes de la souffrance humaine à chaque 26 décembre parce que la mémoire est une faculté qui est courte, mesdames et mes monsieurs. C’est pas croyable, même incroyable, que les bulletins télé déjà superficiels nous relatent ces scandales à la Une. Dans le fond, ils nous éclaboussent la tronche juste bien assez, question de nous faire oublier qu’on vient de commencer à digérer nos restants de dinde de l’an dernier.
Noël n’a pas besoin du Boxing Day comme adieux. Il est déjà assez fêté maladroitement, inutile d’apposer un point gros comme le nez à sa porte de sortie d’urgence (oui, on a tristement hâte que ça finisse!) Pas les embrassades, les retrouvailles chaleureuses qui font dessécher nos tripes de honte de ne pas avoir téléphoné plus souvent quand on en avait amplement le temps et encore plus d’occasions, les Fêtes. Un prétexte pour gâter pas mal trop ceux qu’on n’aime pas vraiment trop.
Excès de table et de confiance auprès de gens qui sont liés à nous par la force de la nature ou par choix, dans le cas des amis. Ces mêmes gens qui se sont peut-être transformés en bête de consommation enragée depuis que le glas (pas la cloche) du BD a sonné. J’espère que vous n’avez reconnu personne (surtout pas vous) aux nouvelles…
Bon, on va se calmer, ça surchauffe. Vous allez croire que je termine cette 2006 blasé, choqué par nos niaiseries de cabot qui se mord le bout de la queue. Meeeeeeeee non, loin de moi cette idée aussi grotesque que vengeresse! Je vais plutôt vous énumérer ma liste de cadeaux, tiens. C’est pas comme si j’étais différent; moi aussi, je veux le nouveau Nin-tête-d’eau, variante peu connue de la célèbre console qui a pavé la voie au plombier moustachu sans craque de fesse.
Bon. Par où commencer? Ah et puis mangez d’la tourtière tout le monde, vous ne saurez rien. Je garde jalousement cette liste qui, ne vous en déplaise ou non, est sûrement moins longue que celle de vos neveux, nièces, filles, fils, bébés gâtés. Au fait, ils et elles ne le méritent pas toujours, alors cessez de creuser le tombeau fiscal qui vous aspirera bientôt. Au fait, ils ne vous le rendront que très rarement (rapport qualité/prix), alors cessez de croire aux miracles. Au fait, je dérive.
Le Boxing Day n’est qu’un épisode parmi tant d’autres qui supposent que nous sommes parfois inconscients. J’imagine que l’équivalent pour le cœur sera inventé d’ici quelques années: le «dating day», où les célibataires crédules feront la file pour espérer s’enfiler après avoir déblatéré quelques phrases anodines, dont vous seuls posséderez le secret. Non? D’accord. Et ne vous en faites pas (je suis poli de vous prévenir sans cesse), je n’avais pas l’intention d’inclure cette proposition imbécile dans mes résolutions mondiales souhaitées pour 2007. Faut pas chârier, déjà que j’ai survécu au BD 06, une cuvée délicieuse, compte tenu que la WII, la PS3, le ESRFTGYH666 (un bidule dont vous vous foutez avec raison car il n’existe pas) sont sortis en même temps.
Dire qu’il y a des gens qui prennent cette mascarade au sérieux. Cette chronique? Mais non, le BD, voyons! Quand je vois mes pairs se ruer aux portes des magasins comme nos ancêtres défendaient leurs fragiles fortifications, je suis gêné des efforts déployés par les esprits forts de l’Histoire pour échafauder un monde libre.
Oui, libre. Pas emprisonné derrière une machine à pitonner des chiffres et son option «Retrait».