Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne
Transcontinental
Info07
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

On se croirait au printemps!

Les industries tueront-elles les compagnies de bottes d'hiver?

Patrick Voyer par Patrick Voyer
Voir tous les articles de Patrick Voyer
Article mis en ligne le 4 janvier 2007 à 11:44
Soyez le premier à commenter cet article
On se croirait au printemps!
Le printemps en janvier? Et puis quoi encore!?
On se croirait au printemps!
Les industries tueront-elles les compagnies de bottes d'hiver?
Si la tendance déréglée se maintient, il fera +12 samedi en ce 6 janvier, de quoi faire sacrer les amateurs de sports d'hiver qui aiment se gercer le trou de suce.
Janvier, mes amis, est le mois du froid qui transperce le Gore Tex (matière qui bloque le vent encore mieux que le nylon et non pas un dinosaure descendant de la famille de l'ancien presque président des États), c'est le mois de la digestion (besoin de vous expliquer?), pas du maillot de bain en polar viande à chat! Cette expression est une version moderne du plus célèbre patois de la télé québécoise. Je détiens les droits, alors évitez de marcher dans mes plates-bandes!

Il y aura des historiens spécialisés dans la classification d'archives météorologiques (espérons que je me trompe) qui diront que ces phénomènes sont courants, que la vie est un enchaînement de cycles, tant pour l'économie que pour la température. S'ils sont trouvables ou s'ils voulaient bien sortir de leur tanière sans s'enfarger dans leur barbe blanche, ils nous étaleraient des chiffres provocateurs et flamboyants sur l'hiver de 1878 ou celui de 1967, quand il faisait +76 en février et +23 entre le 12 et le 13 janvier.

Oui, ça se peut fortement et je leur lèverais mon chapeau tout de go. Cependant, en 1878, lorsque la Révolution industrielle émettait ses premiers grincements, on ne parlait pas des magnats accumulateurs de dollars qui font prendre des bains de pétrole à leurs enfants, on ne jasait pas du plus fort qui remportera la poche, la course à l'armement ou ses élections pour des raisons sentant les dollars et non l'engagement social à 100%. On prévoyait que les machines allaient nous aider à passer à travers le 20e siècle.

130 ans plus tard, on se rend compte que, en effet, on l'a usé à la corde. Comme on transforme une paire de bobettes pas sexy en une atrocité transparente. Transposez ce froc au-dessus de nos têtes dans la stratosphère et imaginez-vous en train de le porter. Oubliez le confort, vous garocherez l'épouvante dans la poubelle et irez en acheter un neuf. Le problème avec le post-21e siècle, c'est qu'il est irremplaçable, on est poigné avec. On est «pris» avec un problème de surplus de bottes d'hiver dans les magasins parce qu'on crève en hiver et encore plus en été. Quelle horreur! Des bottes Agaguk qui pourrissent sur les tablettes…

Comme j'ai dit plus haut, ce dérèglement n'est pas que de la merde; les designers de bikinis vont peut-être partir une nouvelle mode: les maillots en poil de toutou pour la femme qui a pas trop frette et qui montre ses atouts 12 mois par année. Les bottes s'avoueront vaincues, les jarretelles en vison leur feront fondre la glace sous la semelle. C'est pas drôle ce que le soleil et le gazon d'hiver peuvent engendrer comme lubies. C'est épeurant.

***

Blague à part, ceux qui profitent plus de cette température inhabituelle sont les riches, ceux qui gardent un teint hâlé à longueur d'année. Les travailleurs saisonniers y goûtent, les amants du plein air aussi, mais ceux qui s'en balancent et qui mettent ces changements radicaux sur le compte du progrès… Ceux-là, qui font des compétitions de boutons de manchette devant un Martini sur l'heure du lunch, qui injectent du blé dans une entreprise et qui regardent les résultats sur un graphique sans se soucier des sacrifices réalisés par les employés. Ceux qui polluent et qui versent de la lave sur nos popsicles.

D'accord, s'ils n'avaient pas existés, la société ne serait sans doute pas submergée de IPOD et couverte de cette si pratique toile Internet. Mais pensez-y: tout ce qui est créé depuis le début de la Révolution industrielle, encore plus depuis les premiers balbutiements de la Révolution technologique, servent à faciliter nos échanges, ce qui en bout de ligne permet de palper des billets à une vitesse effarante.

Quand cela s'arrêtera-t-il? Certains stoïques disent jamais, d'autres plus dramatiques soutiennent que la nature se vengera et les plus poétiques allèguent que les flammes de l'Enfer abuseront du buffet quand le ciel va nous tomber sur la tête. Et ça, ne vous trompez pas, ce n'est pas une paranoïa style «Bogue de l'An 2000» (quelle farce, rappelez-vous), les preuves et les constats des zexperts sont là. Pas dans l'air chaud de janvier, sur papier. Les centres de ski, les vendeurs de raquettes, Hydro Québec, s'arrachent les cheveux. Ah puis pour HQ, on peut donner un peu de corde après tout!

Vous aurez compris que la situation est moins ensoleillée qu'on pourrait le croire. On peut rêver et s'évertuer à croire que tout ça n'a pas de conséquences, qu'on devrait pas se plaindre la bouche pleine et le moral dans le tapis, mais SVP, restons sur Terre. Ce n'est pas Météo Académie ici: les étoiles ne manquent pas dans le firmament du Québec, mais elles sont trop filantes, pour ne pas dire coulantes.

Alors bon pré-printemps! Un conseil toutefois: laissez le trampoline dans le sous-sol jusqu'en avril au moins. Y'a un bout à insulter les Dieux!

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

La question du net

  • Devrait-il y avoir plus de femmes en politique?
  • Oui
  • Non

Liens