L'accessibilité aux études universitaires est encore attaquée!
À l'ensemble de la population de l'Outaouais,
Face au sous-financement chronique des universités québécoises, principalement des Universités du Québec, les recteurs de ces dernières ne voient qu'une seule avenue possible pour combler ce manque flagrant de financement gouvernemental : faire payer la population étudiante. Le 2 novembre dernier, lors de la réunion de l'Assemblée des gouverneurs, qui regroupe l'ensemble des recteurs des UQ, il a été résolu «D'inviter les établissements à viser, à compter de 2007-2008, une augmentation des frais généraux à 40$ par trimestre, par étudiants et l'instauration de 'frais technologiques' pour une valeur de l'ordre de 4$ par unité (crédit).»
La direction de l'Université du Québec en Outaouais n'a pas chômé pour se conformer à cette résolution, en annonçant qu'une proposition serait présentée au Conseil d'administration de l'UQO le 15 janvier prochain, qui, pour l'instant, a été remise au 22 janvier. Pour une personne inscrite à cinq cours par session, la proposition de l'UQO viendrait augmenter sa facture de 75$ par session, soit 15$ de frais généraux et 60$ de frais technologique.
Les frais afférents sont des frais qui ne sont pas réglementés par le gouvernement, contrairement aux droits de scolarité, ce qui laisse carte blanche aux directions des universités pour les augmenter quand bon leur semble et ainsi contourner le gel des frais de scolarité. De plus, les étudiant(es) les plus pauvres, qui bénéficient de l'Aide financière aux études (AFE), verront leur endettement augmenter à cause de cette hausse de 60% des frais généraux et la création d'un frais technologique de 4$ par crédit. Donc, en plus de faire régresser l'accessibilité aux études pour l'ensemble de la population étudiante de l'UQO et de l'Outaouais, la proposition de la direction vient appauvrir, à long terme, particulièrement les étudiantes et les étudiants les plus pauvres.
Les Universités du Québec ont été mises sur pied par l'État québécois depuis 1968 dans le but d'assurer une accessibilité financière et territoriale à l'éducation universitaire et ce, en respectant un principe d'inclusion de l'ensemble de la société québécoise. Je ne crois pas que les UQ respectent leur mission de base en tentant d'appauvrir, encore une fois, les étudiantes et les étudiants qui sont déjà les plus pauvres. De plus, de récentes études ont démontré qu'il y a un lien direct entre l'augmentation des frais demandés aux étudiant(es) et la baisse des inscriptions ainsi que des demandes d'admission dans les universités québécoises.
C'est pourquoi l'Association générale des étudiant(es) de l'UQO (AGE-UQO), s'est positionnée, lors de son assemblée générale spéciale du 29 novembre, contre toute augmentation des frais afférents et en faveur de l'abolition pure et simple des frais afférents existant à l'UQO. Au cours des prochaines semaines, l'AGE-UQO entreprendra une campagne d'information et de mobilisation pour contrer, par tous les moyens pacifiques possibles, la hausse des frais afférents proposée par la direction de l'UQO. Parce qu'encore une fois, comme lors de la grève étudiante de 2005, ce sont les plus pauvres de la société et leur droit fondamental d'avoir accès à l'éducation universitaire qui seront la cible des directions des universités québécoises.
Le plus honteux, c'est que cette fois, ce sont les directions elles-mêmes, par manque de courage politique devant un gouvernement qui se désengage de ses responsabilités financières, qui s'en prennent au droit à l'éducation. Ce qui d'ailleurs, va à l'encontre de la mission des Universités du Québec, mais peu de recteurs semblent s'en soucier. À tout le moins, Jean Vaillancourt, recteur de l'UQO, ne donne aucun signe qu'il s'en soucie et j'espère, ironiquement, que le Parti libéral du Québec saura lui accorder une récompense pour la «sous-traitance» qu'il tente d'effectuer.
Pour conclure, j'espère que la population sera solidaire dans cette lutte contre l'endettement étudiant et pour l'amélioration de l'accessibilité financière aux études universitaires. N'hésitez surtout pas à contacter l'AGE-UQO pour avoir de plus amples informations, il nous fera plaisir d'échanger avec vous sur ce sujet.
David Clément, vice-président
Association générale des étudiant(es) de l'UQO