L'honnêteté sur Internet est souvent biaisée... car on a l'écran pour se protéger!
Exit les rencontres Internet et la gravure de CD!
Aurait-on perdu le goût du miel nature...?
J’adore l'expression «Tout ce qui monte finit par redescendre». Elle ne s’applique pas seulement lorsque vous consommez le fruit mûr mes amis, elle qualifiera la chute des rencontres Internet et de l’industrie de la gravure de CD. Marquez cette date dans votre agenda, l’heure des paris est ouverte!
En quoi les deux cancers (bon bon, certains ont trouvé le bonheur, convenons-en, mais diable que ce n’est pas la majorité) sont-ils semblables et énervants? Oui, ils proviennent tout deux de la Toile et s’ajoutent à la liste déjà longue de virus et de cochonneries, mais ils témoignent d’un flagrant problème moderne: la piètre qualité amenée par la facilité. Pour comprendre que cette accusation n’est pas de la frime, décortiquons les deux problèmes, voulez-vous? Vous ne voulez pas? Alors continuez de télécharger votre cœur!
1.Les rencontres Internet: la plupart des gens âgés entre 13 et 30 ans ont fait une rencontre là-dessus. Ne soyez pas hypocrites, Jean-Marc Parent nous a suffisamment cassé les oreilles avec ça: «On est tous pareils!» Les rares qui sont tombés sur le bon ou la bonne dès le premier essai, eh bien, chapeau. Bravo, bellissimo, mais regardez autour de vous: ceux qui essaient et qui essaient et qui se frappent le nez contre un mur d’apparences vous maudissent en songeant à votre truc infaillible.
Solution, chers nez déplacés? Au lieu de dire, heu d’écrire, n’importe quoi devant un écran impersonnel, essayez de blablater les mêmes trucs à des êtres de chair et de sang! Il est vrai que lorsqu’on est habitué de ne pas avoir les doigts dans sa poche devant une machine, il est ardu d’avoir la langue bien pendue devant une paire d’yeux vivants qui font miroiter leur joie devant votre regard ahuri de «chateux» qui s’est couché à 3h du mat. Pas facile de revenir de ce long voyage informatique, ce voile de fumée qui nous fait perdre le nord, nos manières et la qualité de notre langue (entk, slu sa va?)
Entre «slu sa va» écrit à un ou une inconnu(e) et «Bonjour, comment allez-vous?» prononcé à une personne se tenant devant vous, le choix n’est pas difficile à faire! Suffit de transférer l’enthousiasme et surtout l’audace employés au clavier en mots et d’utiliser son charme latent pour se découvrir des forces. Car en se fermant du monde et en se tenant à distance derrière l’écran, on crée une zone vide, sans richesse, sans saveur, plate, essoufflée. En préconisant l’approche humaine, c’est prouvé par quiconque n’a jamais tenté sa chance sur Internet et qui s’en moque parce qu’heureux, plus imposants et délicieux sont les arguments. Qui sait ce qui peut sortir de votre joli cerveau endormi?
Où est-il passé ce romantisme, ce pouvoir du sacrifice, de la patience, celui qui nous permet d’être stable en cessant de courir comme des dingues après la relation parfaite? Les célibataires amateurs d’Internet, répondez-moi. Je ne suis pas le seul qui doit être écoeuré de voir ses pairs se désintégrer les méninges et les tripes dans ce moulin à viande qu’est la mentalité accessoire technologique. Ça sectarise, ça divise, ça rend les gens insensibles et superficiels, inconscients. Comment le vérifier? Entendez-les se plaindre qu’ils sont tannés d’être seuls!
Exemple typique d’une rencontre Internet: un homme X aperçoit une femme Y sur un site de rencontre. Elle lui plaît, il aime son profil (renseignements personnels) et décide de lui envoyer un message. Ils prennent (peut-être) contact et enclenchent le processus commun du «chatage» (conversation Internet). Au fur et à mesure que les deux apprennent à se connaître, des images et des désirs se forment, les questions deviennent plus pointues et, vu que l’on n’a pas l’autre dans le visage, on s’en permet. Les débordements et manques de classe arrivent alors, effrayant un des deux. L’autre se défend en disant qu’il croyait qu’il ou elle était prêt(e) à cela et les quiproquos s’ensuivent…
Autre scénario? Les «fonctionnaires de l’amour», ceux et celles qui cherchent à tout prix l’homme ou la femme parfait(e). L’Internet est un terrain de jeu pour eux, car il leur donne la possibilité de choisir leur petite bête sur mesure. Et attention, s’ils croient l’avoir trouvée et que cette dernière s’avère un tant soit peu différente en vrai, lors de la rencontre fatidique, ça brise tout! Pourquoi? La fragilité et la distance entraînées par le «chat», ce poison qui s’infiltre et qui fait pousser des paradis de naïveté. En croisant quelqu’un en personne, si elle ou il ne vous plaît pas physiquement, au moins vous l’aurez vu dès votre rencontre initiale! Vous n’aurez pas perdu votre temps…
Tout cela n’est pas exagéré chers amis, c’est grossi à la loupe. Mais merde que c’est dérangeant de se faire déranger! Haha! Tant mieux si certains tombent de leur nuage, le taux de célibat qui frappe le Québec baissera peut-être. Quoi? Cela n’a aucun rapport avec Internet, c’est seulement la femme qui est chiante, messieurs? Ah non, mesdames? Ce sont les hommes qui sont trop mous? Je vous laisse discuter entre vous.
Les CD gravés…
Ah, vous l’attendez avec impatience ce rapprochement! Vous savez sûrement que les disques gravés sont les ennemis des musiciens. Ils leur font perdre des milliers de dollars quotidiennement, car voyez-vous, en téléchargeant gratuitement leurs albums, eh bien ça le dit, c’est gratuit. Pour nous oui, pour eux c’est une décharge électrique à chaque fois. Et de toute manière, pourquoi répéter cela, on s’en fout de faire du mal ou de voler les autres, n’est-ce pas? Tant que notre soif de consommation est rassasiée et qu’on a fait à notre tête, on s’aime! C’est pas moi qui le dit, c’est Julien Poulin, notre Bob Gratton national, qui a avoué cette semaine que la caricature du gros Bob avait été transférée entre autres au petit écran pour rire de la folie de la consommation.
Bref, un disque gravé c’est laid, plate, impersonnel, comme les relations Internet. C’est vite fait, bâclé, superficiel, à la rigueur illégal et à la grosse limite dangereuse du pied de nez au bon goût.
Rien ne vaut un disque neuf, étincelant dans sa pochette de plastique, son livret sentant le carton sorti des presses, ses images, sa richesse, ses saveurs, ses paroles, ses photos, ses remerciements qui nous rappellent qu’un artiste, ça ressent et c’est reconnaissant quand c’est encouragé. Comme un homme ou une femme en beauté, un disque neuf nous frappe par son look et sa fraîcheur.
Primo, on a un objet de qualité entre les mains, secundo, le talentueux quidam qui nous l’a procuré aura sa rétribution. Si vous êtes du genre à acheter des disques gravés dans un marché aux puces ou, pire, que vous les vendez (vous méritez une médaille en papier mâché), vous êtes probablement du genre à vous contenter d’une vie sociale et amoureuse bâclée, superficielle, vide de sens, à la limite du pied de nez au bon goût. (Remarquez que le mot nez se retrouve quatre fois dans cette chronique, comme quoi le centre de la face est important… heu… pif!)
***
Inutile de continuer à argumenter, vous êtes assez intelligents pour saisir que l’artificiel n’est pas le bienvenu dans toutes les maisons. Certes, l’originalité coûte plus cher et demande plus d’efforts, mais n’est-il pas mieux d’avoir de la gueule et ne pas suivre le troupeau, quitte à y laisser quelques plumes parce que le passage est trop étroit? Le moule se brisera-t-il, l’œuf de la technologie se cassera-t-il pour laisser l’oisillon s’envoler et faire sourire tout ce qui bouge?
Seul le temps et surtout les humains (car le Gros Bon Sens@ ne nous pleuvra pas sur la caboche quand même) le diront… et n’oubliez pas, les paris sont ouverts! Allez, mouillez-vous un peu, sortir du cocon ne fait pas de mal!