Quand les secrets se dévoilent…
Une chose est certaine, nul ne peut sortir indifférent de la pièce Vincent River, présentée jusqu’au 10 février à La Nouvelle Scène. D’abord, parce que les thèmes qui y sont abordés sont multiples. Ensuite, parce que la prestation des acteurs est à couper le souffle.
Vincent River, c’est l’homme disparu, l’homosexuel de 35 ans assassiné dans une toilette ferroviaire. Tandis que sa mère, 53 ans, vit son deuil, un jeune homme de 17 ans se présente à elle en disant avoir besoin de savoir. Deux générations liées par un même homme, mais dont le lien s’éclaircira au fil de la pièce.
La maladie, le racisme, la misère des HLM, les relations mère-enfant, la violence, à la fois conjugale et entre jeunes, la consommation de drogues, tous ces thèmes sont touchés de près ou de loin. Mais c’est l’homosexualité, et surtout son acception et ses tabous, qui demeure au centre de cette pièce écrite par le Britannique Philip Ridley.
On peut d’ailleurs reprocher à la version française d’avoir conservé les références géographiques qui font de Londres les lieux de l’histoire. Entremêlés des sacres bien québécois conjugués à toutes les sauces, les «morning lane» et autres rues londoniennes trouvent difficilement leur place.
Les références géographiques sont toutefois le seul hic de cette pièce, qui met en relief le travail exceptionnel de Danielle Proulx et Renaud Lacelle-Bourdon. La performance de ce dernier s’intensifie au fil des tableaux, jusqu’à devenir remarquablement physique.
Les deux acteurs rendent bien le texte, empli d’humour noir et morbide qui donne une certaine légèreté, bien appréciée, à cette histoire à la fois difficile, mais dont le simple fait d’en parler demeure, encore aujourd’hui, nécessaire.