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L’apocalypse est sauvée à La Nouvelle Scène

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 15 février 2007 à 1:22
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Apocalypse à Kamloops est présenté jusqu’au 24 février à La Nouvelle Scène. ">L’apocalypse est sauvée à La Nouvelle Scène
Apocalypse à Kamloops est présenté jusqu’au 24 février à La Nouvelle Scène.
L’apocalypse est sauvée à La Nouvelle Scène
Bien que la majorité des thèmes qu’il aborde dans cette comédie post-moderne apocalyptique soient redondants ou effleurés, les propos de Stephan Cloutier n’en sont pas moins pertinents et son délire pas si schizophrène que ça dans Apocalypse à Kamloops pose de curieuses questions.
Serons-nous un jour capable d’affronter notre ombre, la fin du monde arrivera-t-elle bientôt et provoquera-t-elle un éternel recommencement? Tant de mystères que l’humain entretient depuis des lunes, ces astres même dans lesquels il roupille en attendant qu’une comète (comme dans son texte) nous tombe sur la calotte.



Apocalypse à Kamloops se situe bien évidemment en Colombie-Britannique, où l’insatisfait Jocelyn Théroux tombe sur une muse envoyée du ciel pour le sauver. Avant que l’apocalypse arrive, elle essaiera de le réconcilier avec son père et sa sœur, dont les comportements cachent quelques entourloupettes familiales.

Les lignes de Cloutier sont crachées avec talent par Pierre Simpson, Annie Lefebvre, Guy Mignault, Patricia Marceau et Lyne Barnabé, dont les rôles sont tous plus riches les uns que les autres. Chacun détonne et tire son épingle du jeu pour assaisonner ce récit pas trop subtil. L’auteur voulait justement montrer que ça prend de tout pour faire ce monde, qui tourne en rond et qui prend le mors aux dents en croyant que les fantômes s’envolent sans volonté.

Et c’est Joël Beddows qui les fait valser dans un décor splendide et ô combien hétéroclite de Glen Charles Landry. Une mise en scène pas trop osée, mais juste bien dosée, qui sert à garder les gags, autant verbaux que physiques, vivants. Beddows a bien saisi que l’auteur ne jugeait pas ses personnages, mais qu’il s’amusait avec eux, jusqu’au punch final qui nous laisse pantois, mais pas ahuri.

Et cette absence de ravissement, même pour une comédie, est la faiblesse de cette production conjointe du Théâtre la Catapulte, le Théâtre français de Toronto et du Théâtre la Seizième. Car à quoi bon rire de son reflet si on ne l’examine pas sous toutes ses coutures en s’essoufflant? On se doute bien que l’humanité ne vivra pas un million d’années encore, mais ne pouvons-nous pas l’éviter cette catastrophe? Au pire, on s’arrachant le poil des bras pour rien? Au moins ce serait ça de pris…

Stephan Cloutier n’a pas une approche didactique avec son Apocalypse à Kamloops. Il recherche plutôt l’ironie du sort, le sort qui en est jeté. Et c’est une idée que l’on doit respecter même si on n’est pas enclin à la partager.

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