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Fêtes du 400e: Jean Charest a failli à ses responsabilités, selon l'opposition

Presse Canadienne Article mis en ligne le 8 mai 2008 à 0:00
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QUEBEC - Jean Charest se comporte comme le "cocu content" des Fêtes du 400e en s'éclipsant devant la gouverneure générale du Canada, a estimé jeudi le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont.
Piqué au vif, le premier ministre Charest a aussitôt répliqué que le chef de l'ADQ était devenu un personnage pathétique.
"Dans le fond, il fait plutôt pitié sur ces questions. A part que de nous livrer des insultes, parce que c'est tout ce qu'il lui reste de contenu politique, il ne peut pas contribuer grand-chose aux discussions sur les relations internationales au Québec", a dit M. Charest, à l'issue d'une rencontre en tête-à-tête avec le ministre-président de la Bavière, Gunther Becktein.
Pour le premier ministre, les partis d'opposition tentent de diviser les Québécois en "politisant" une grande fête populaire.
"On ne tombera pas dans ce piège", a-t-il dit.
L'Action démocratique et le Parti québécois ont condamné sans réserve jeudi la décision du premier ministre du Québec de laisser la gouverneure générale Michaëlle Jean occuper tout l'espace politique en France à l'occasion du lancement des festivités du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec.
A titre de représentant de tous les Québécois, le premier ministre Charest avait le devoir de se rendre en France pour marquer le début des célébrations, a soutenu la chef péquiste, Pauline Marois, lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.
Elle a fait valoir, en outre, que le 400e n'était pas la fête du Canada mais bien celle de la Nouvelle-France et par extension celle du Québec.
"C'est la nation québécoise et c'est la capitale de cette nation-là que l'on célèbre à l'occasion du 400e anniversaire de Québec", a-t-elle lancé un peu plus tard pendant la période de questions en Chambre.
"Sa version de l'histoire n'est pas la même que la mienne", a répondu le premier ministre, en badinant sur la question.
L'ancien premier ministre Robert Bourassa "se retournerait dans sa tombe" s'il voyait avec quelle légèreté Jean Charest aborde ce dossier, a rétorqué la leader du PQ, soulevant l'indignation dans les banquettes de la partie ministérielle.
Tant Mme Marois que M. Dumont accusent Jean Charest et les représentants fédéraux de propager un message révisionniste de l'histoire en répétant que "le Québec a fondé le Canada", sans faire une seule allusion à la conquête britannique.
"C'est un déni de l'histoire. Il y a eu la conquête entre l'arrivée de Champlain et aujourd'hui et il y a eu les Plaines d'Abraham. On ne peut pas réécrire l'histoire comme on souhaiterait qu'elle ait eu lieu", a argué la chef péquiste.
Que le gouvernement fédéral ait investi des fonds publics dans l'organisation de la fête ne lui donne pas pour autant le droit de réécrire l'histoire, a pour sa part renchéri M. Dumont devant les reporters.
Du reste, le leader adéquiste se dit convaincu que le premier ministre s'efface volontairement devant Ottawa dans les relations du Québec avec la France. Bref, à son point de vue, les relations France-Québec sont entrées dans une ère de "Canadianisation".
"Dans un ménage à trois, la ligne est bien mince entre l'amant négligé et le cocu content", a-t-il illustré.
Bloc et conservateurs
Aux Communes, la présence de la gouverneure générale en France a encore suscité des échanges houleux entre le Bloc québécois et le gouvernement conservateur.
Le Bloc accuse le fédéral de récupérer les fêtes du 400e anniversaire de Québec pour mousser l'unité canadienne et tenter de réécrire l'histoire.
"En 2008, on célèbre la fondation de la ville de Québec, berceau de la nation québécoise. Un point, c'est tout", a lâché le leader parlementaire du Bloc, Pierre Paquette, ajoutant que le gouvernement de Stephen Harper transforme les festivités en une tentative de "nation building canadien".
Ses propos n'ont pas convaincu le gouvernement, pour qui célébrer la fondation de Québec équivaut à célébrer la naissance du Canada.
"Ce n'est pas compliqué à comprendre. Champlain a été le fondateur de Québec et le précurseur du Canada", a fait valoir le ministre des Transports et lieutenant pour le Québec, Lawrence Cannon.
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