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Le monde du travail en 2008 a été marqué par deux lois invalidées

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 décembre 2008 à 1:00
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MONTREAL - Le monde du travail, en 2008, a été marqué par les pertes d'emplois qui se sont poursuivies dans les secteurs manufacturier et de la forêt, mais aussi par l'annulation de deux lois provinciales qui avaient retiré le droit de se syndiquer à certaines catégories de travailleuses.
Le 31 octobre, la Cour supérieure du Québec a ainsi déclaré nulles et inconstitutionnelles les lois 7 et 8 adoptées en décembre 2003 par le gouvernement de Jean Charest.
Ces lois avaient enlevé le droit de se syndiquer à 14 000 travailleuses dans les services de garde en milieu familial et à 11 000 travailleuses qui hébergent à domicile des personnes handicapées physiques ou intellectuelles ou des aînés en perte d'autonomie, pour le compte des services sociaux.
Ces personnes, très majoritairement des femmes, retrouvaient donc le droit de se syndiquer ainsi qu'une certaine protection sociale. Des dizaines de requêtes en accréditation couvrant plus de 2000 d'entre elles ont été déposées dès les mois de novembre et décembre.
Une réforme du régime de négociation dans le secteur public avait été annoncée par la ministre Monique Jérôme-Forget. Mais à peine amorcées avec les organisations syndicales, les discussions ont été mises sur la glace, à cause de la campagne électorale. Mécontent, le Secrétariat intersyndical des services publics, formé de cinq organisations, a quitté la table en novembre, attendant que les interlocuteurs patronaux reviennent avec des mandats plus clairs.
Aussi, lors du Sommet de la francophonie, le Québec et la France ont finalement signé une entente cadre sur la mobilité de la main-d'oeuvre. Bien qu'il reste encore du travail à peaufiner de part et d'autre en 2009, cette entente prévoira ultimement la reconnaissance réciproque des compétences des professionnels et travailleurs qualifiés.
De son côté, la Ville de Québec a vu s'éterniser son conflit avec ses fonctionnaires municipaux et ses policiers, un conflit amplifié par la personnalité flamboyante du maire de Québec, Régis Labeaume.
Tout comme les policiers de Montréal, les policiers de Québec ont adopté le port du pantalon de camouflage en signe de moyen de pression. La Ville de Québec s'est plainte en vain à la CSST. A Montréal pareillement, une plainte a été déposée au Conseil des services essentiels, qui a jugé que les policiers montréalais ne nuisaient pas ainsi à la sécurité du public.
Dans le privé
De même, le 1er mai dernier, le salaire minimum est passé de 8 $ à 8,50 $ l'heure. Environ 255 000 personnes ont pu en bénéficier.
En octobre et novembre, la Commission des relations du travail a entendu une nouvelle requête en vue d'accréditer un syndicat formé par des travailleurs agricoles mexicains occupant un emploi saisonnier dans une ferme de Mirabel.
En 2007 le même syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, affilié à la FTQ, avait perdu sa bataille dans deux autres fermes, parce que le Code du travail ne permet la syndicalisation sur une ferme que si les personnes qui y sont "ordinairement et continuellement employées sont au nombre minimal de trois".
En avril, on apprenait que le réseau Télévision Quatre-Saisons licenciait 270 employés permanents, en fermant ses salles de nouvelles à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke et Saguenay.
Contestation syndicale, arrangement avec les créanciers, audiences devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), la saga a duré des mois, mais les employés ont bel et bien perdu leur emploi. Certains ont été réembauchés par des sous-traitants.
A compter du 18 décembre et jusqu'à la fin janvier 2009, le Conseil canadien des relations industrielles entendra d'ailleurs une plainte déposée par les syndicats de TQS concernant le respect de leurs droits lors de ce licenciement.
En juillet, le long conflit au Journal de Québec a pris fin, après 14 mois. Les syndiqués ont accepté de faire passer leur semaine de travail de 32 à 37,5 heures et d'effectuer d'autres tâches - un journaliste pourra par exemple prendre des photos. En revanche, les syndiqués ont obtenu des augmentations de salaire de 2,5 pour cent par année. Le syndicat a aussi remporté une victoire en cette fin d'année devant la Commission des relations de travail, qui a conclu que l'employeur avait fait appel à des briseurs de grève pendant le conflit.
En octobre, le géant du commerce de détail Wal-Mart a annoncé qu'il fermait l'atelier automobile rattaché à son magasin de Gatineau, où les cinq employés s'étaient syndiqués et venaient d'obtenir une première convention collective.
Aussi, le 22 octobre, près de 800 syndiqués travaillant dans 13 supermarchés Maxi dans l'est du Québec ont entamé une grève.
Enfin, le 19 décembre, une entente de principe a été conclue entre Petro-Canada et le syndicat des 260 employés de sa raffinerie de l'est de Montréal en vue du renouvellement de la convention collective. L'entente, qui devait être soumise au vote des membres le 23 décembre, survient après un lock-out de plus d'un an.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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